John Landis



John Landis Nationalité : américaine
Naissance : 03 August 1950 à Chicago, USA
Age : 59 ans
Métiers : Réalisateur, Producteur de cinéma, Scénariste de cinéma
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The Blues Brothers, Un Fauteuil pour deux, Un prince...
John Landis a connu son heure de gloire dans les années 80 en signant des comédies cultes comme American College, The Blues Brothers ou Un Fauteuil pour deux, dans lesquelles son sens de la satire, son goût de la parodie, sa maîtrise du rythme et une caméra aussi limpide que discrète font merveille. Fortement influencé par le film d'aventures Le Septième voyage de Simbad (Nathan Hertz, 1958) qui à l'âge de sept ans marque le début de sa dévorante cinéphilie, il se fait engager dix ans plus tard comme coursier à la 20th Century-Fox. Volontaire et enthousiasme, il apprend le métier sur le tas en Europe, notamment en Angleterre et en Italie, où il travaille en tant qu'assistant de production, répétiteur, cascadeur ou comédien, sur une quarantaine de films dont Il était une fois dans l'Ouest (1968) de Sergio Leone ou Kelly's Heroes (Brian G. Hutton, 1970) avec Clint Eastwood. En 1971, de retour aux Etats-Unis, il écrit et réalise son premier film, Schlock, un pastiche de film de monstre entièrement auto-financé dans lequel il interprète le rôle principal. Quatre ans plus tard, c'est le carton avec le film à sketches délirant Hamburger film sandwich (1977), qu'il co-signe avec le trio Zucker-Abraham-Zucker (Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, Top secret !, etc), et dont les influences se situent aussi bien du côté des Monty Python, du National Lampoon Radio Hour que du Saturday Night Live. Entre parodies d'émissions télé, pastiches de films (une mémorable version revisitée d'Opération Dragon), fausses bandes-annonce et fausses publicités, le film fera rire sur plusieurs générations.

Blues Brothers et Loup-garou


L'énorme succès du film le conduit l'année suivante à réaliser pour Universal American College (1978), écrit et interprété par certains protagonistes acteurs du National Lampoon, à savoir Harold Ramis et John Belushi. Cette comédie de campus débridée enthousiasme toute une génération d'adolescents qui en fait rapidement un de ses films cultes (aujourd'hui encore il demeure une référence pour la génération des nouvelles stars de la comédie américaine comme Judd Apatow). Propulsé nouveau prodige des année 80, Landis se lance alors dans l'écriture, en compagnie de l'acteur Dan Aykroyd, d'une des comédies emblématiques de cette époque, The Blues Brothers (1980), sur laquelle Landis confie l'autre rôle d'homme en noir à son ami Belushi. Devenu un classique du musical par ses numéros d'anthologie, son ton désinvolte et sa poursuite mémorable, Blues Brothers explose le box-office et fait définitivement grimper la côte de son réalisateur. En 1981, revenant à ses premiers amours, il signe alors son film le plus personnel, un projet qu'il porte depuis ses vingt ans, Le Loup-Garou de Londres. Landis laisse ici pleinement s'exprimer son amour pour la parodie et l'horreur (dont il respecte fidèlement les codes), citant aussi bien La Féline (Jacques Tourneur) que Terence Fisher ou la Hammer en général, célèbre studio britannique connu pour ses films d'épouvante. Le mélange des genres créent alors une tonalité atypique, propice à suggérer tout autant l'émotion que l'effroi : la célèbre scène de transformation, impressionnante encore aujourd'hui, sans renoncer à poser avec intelligence et ironie un regard sur l'entrée dans l'âge adulte. Avec un sens de l'économie et de la transparence digne des grands classiques américains, Landis signe un film étonnant qui restera un fleuron du genre avec celui de Joe Dante (Hurlements), cinéaste de sa génération biberonné comme lui à la série B et autres serial Universal.

King of comedy


Tandis que son clip pour Michael Jackson, Thriller (1983), impressionne et terrifie des millions de spectateurs, tout en faisant date par les moyens techniques mis en œuvre, sa durée et son incroyable succès populaire, la brillante comédie Un Fauteuil pour deux (1983), avec Eddie Murphy et son vieux complice Dan Aykroyd, prouve que le réalisateur sait alterner les registres horrifiques et comiques avec tout autant de réussite. Si sa contribution à l'adaptation collective de La quatrième dimension (id), aux côtés de Joe Dante, George Miller et Steven Spielberg, ne restera pas par contre dans les annales, il en sera autrement de Série noire pour une nuit blanche avec Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer et l'inévitable Dan Aykroyd. Un thriller bancal, où Landis tente à nouveau d'intégrer parfois la comédie au forceps, mais ponctué d'une belle ambiance, filmé comme une dérive noctambule, proche parfois du rêve éveillé, avec des trouées plongeant dans un état hypnotique qu'on partage avec le héros. Le film sera récompensé au Festival du film policier de Cognac et restera parmi les oeuvres phares de Landis. Viendront ensuite Drôles d'espions (1985) avec Aykroyd et Chevy Chase, autre comédien star de la génération du Saturday Night et du National Lampoon. Le film s'amuse alors de la guerre froide et de la peur du nucléaire mais sans grand génie. Landis renoue avec son amour de la parodie et laisse ses acteurs prendre du plaisir à faire les bouffons. Il enchaîne sur Trois Amigos (1986) réunissant trois ténors de la comédie américaine de l'époque : Chevy Chase, Martin Short et le génial Steve Martin, co-auteur du scénario. Le film imagine les aventures improbables de trois acteurs au chômage engagés malgré eux comme tueurs au Mexique. L'histoire se déroule au temps du muet ; Landis tente d'y insuffler un souffle comique délirant qui repose d'abord sur ses trois comédiens en pleine performance. Considéré par certains comme un classique et d'autres un film surestimé, Trois Amigos reflète surtout une certaine tendance propre à la comédie américaine de l'époque : son goût du second degré et de la parodie, son affection pour les références cinéphiles (on pense beaucoup au Sept Mercenaires de Sturges dont l'intrigue est une relecture) et surtout des influences venues de la télévsion avec trois acteurs qui y ont fait leurs débuts.

Déclin


Comédies toujours, Landis participe ensuite au film à sketchs Cheeseburger Film Sandwich (1987) - titre français surfant sur le succès d'Hamburger film sandwich alors qu'il n'a en commun que d'être une succession de parodies dans la même veine. On y retrouve entre autres Joe Dante au casting et le succès n'est guère au rendez-vous. Landis enchaîne alors sur le sympathique et relativement consensuel Un prince à New York (1988), avec un Eddie Murphy au sommet de sa gloire - le film est d'abord un véhicule pour l'acteur, Landis se laissant modestement mené par un scénario conçu comme une gentille satire ponctuée de moments parodiques, quand il ne déborde pas vers la comédie romantique. Trois ans plus tard, il tente de prouver que Sylvester Stallone, alors en pleine crise d'identité, n'a pas tort de se tourner vers la comédie avec L'Embrouille est dans le sac (1991). Adapté d'Oscar, la pièce jouée par Louis De Funès au cinéma, le film s'avère un vaudeville bien tenu par un Landis qui fait confiance à son acteur en pleine reconversion provisoire. Energique, drôle, le plaisir est constant en dépit d'un succès mineur en salles. En 1991, le clip qu'il réalise de nouveau pour Michael Jackson, Black or White, reposant sur la toute neuve technologie du morphing, lui permet néanmoins de se remettre vaguement en selle. Il revient ainsi à l'horreur marié à la comédie avec Innocent Blood (1992), mais c'est un nouvel échec. Il hérite ensuite du Flic de Beverly Hills 3 (1994), qui malgré un succès relatif de par le nom de sa licence peine à convaincre. Après quelques années d'errance durant lesquelles il participe à la géniale série Dream On (où le héros vit sa vie avec des flashs récurrents des films qui ont marqué son enfance, soit la synthèse et représentation de cette génération de cinéastes), Landis tente de ressusciter en vain son film culte avec Blues Brothers 2000 (1998). La même année, nouvel échec avec Susan a un plan (Id), peut-être son film le moins connu : visiblement l'auteur n'y croit plus, les gags pressés s'enchaînent sans conviction. Ces multiples ratés confirment que sa carrière est désormais au plus mal, voire malheureusement au point mort, puisqu'il cessera alors de tourner pour le cinéma. Il faudra attendre la série télé Masters of Horror (2005-2006) pour reprendre de ses nouvelles, sans grande flamboyance en dépit d'un premier essai sympathique.

Timide retour d'un modeste génie


Souvent acteur à ses heures perdues, en particulier chez ses amis Steven Spielberg (1941, 1979), Sam Raimi (Darkman, 1990 ; Spider-Man 2, 2004) ou Costa- Gavras (Mad City, 1997 ; Le Couperet, 2005), John Landis revient discrètement à la réalisation par le petit écran. On l'a ainsi vu aux commandes de plusieurs épisodes d'Enquêteur malgré lui (2007/2008). Après plus de dix années de silence, loin des plateaux de cinéma, il travaille enfin à un nouveau projet promis à sortir dans les salles, Burke and Hare (2010), une comédie produite par nos amis anglais. On annonce également dans le même registre Epic Proportions, sans plus de précisions. Mais hélas, malgré ce timide retour, sa carrière et son heure de gloire semble loin. Pourtant, cousin d'un Joe Dante et autres réalisateurs de la même génération, John Landis compte parmi ces cinéastes américains de la fin des années soixante-dix qui nourrit au cinéma n'ont cessé de produire des films joyeux et intelligents, modestes et discrets. Il est de ces auteurs qui ne soulignent par leurs images par leur arrogance ou leur prétention à faire oeuvre, mais dont le regard n'en demeure pas moins constant. Ses comédies des années 80 ont fait rêver des milliers de kids usant leurs pantalons dans les vidéo clubs. A la fois post-moderne par son goût des mélanges et classique par son obsession de la transparence, il a construit une œuvre dont l'apparente simplicité n'est que le gageur de son élégance et de son intelligence. Et puis un homme pour qui le rire demeure la grande obsession ne peut que recevoir notre plus grande estime, sinon notre plus sincère amitié.

 

JD & FL

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John Landis : dossiers et critiques

Thriller (1983)

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Collaborations Michael Jackson, Steven Spielberg, Eddie Murphy, Jeff Goldblum, Sam Raimi, Michelle Pfeiffer, Chevy Chase, Dan Aykroyd, Joe Dante, Costa-Gavras, George Miller, Frank Oz, Steve Martin, Harold Ramis

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