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Depuis près de 20 ans, Johnny Depp et Tim Burton sont inséparables aux yeux du public. Incarnation suprême de l’esthétique gothique et de la liberté artistique, le duo revient cette semaine avec Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, leur sixième collaboration. Mais il souffle sur ce film comme un vent nouveau : Johnny Depp quitte les personnages de doux innocents pour s’enticher de violence et de vengeance. Et tout ça en chansons s’il vous plaît.
Votre première rencontre :
- Tim Burton: Dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il était parfait pour le rôle d’Edward aux mains d'argent, c’était un sentiment très fort. Je ne pensais pas au futur, je ne pensais qu’au film du moment. Je me suis dit qu’il était Edward à 100%, c’est à ça qu’on pense sur le coup, on ne se projette pas 20 ans en avant. -
- Johnny Depp : La première rencontre avec Tim a été naturelle et le contact fut immédiat. Mais à cette époque, je pensais pas qu’il ne me prendrait jamais dans le film. Mais 18 ans après, on est encore là. - Tim Burton : Un journaliste a dit qu’on pourrait encore travailler ensemble pendant 10 décennies, ça fait 100 ans ça !
Pourquoi reprendre cette comédie musicale ?
- Tim Burton : J’adorais cette comédie musicale quand j’étais étudiant, et même si je ne suis pas un immense fan de musique, j’aimais cette émotion et la belle opposition entre la musique et la cruauté de l’imagerie. C’était un mélange que je n’avais jamais vu auparavant. C’est ça qui m’a donné envie de faire le film.
Johnny, comment avez-vous préparé les scènes de chant ?
- Johnny Depp : J’aurais probablement dû prendre des cours de chant, mais je ne l’ai pas fait. Je ne voulais pas appréhender le rôle comme un chanteur, je voulais l’appréhender comme un acteur. Je l’ai préparé comme un acteur examinant les possibilités de chanter. C’était un peu comme plonger dans une eau glacée : les gens peuvent penser que l’eau est très froide, mais ça n’a aucun effet sur toi avant que tu ne sois réellement dedans. J’ai aimé cette expérience, il m’a fallu du temps pour m’habituer à entendre ma voix, mais j’ai vraiment apprécié.
- Tim Burton : Quand je l’ai entendu chanter pour la première fois la chanson « My friends », je me suis dit qu’il s’était approprié cette musique vieille de 30 ans, et qu’il en avait fait quelque chose de moderne, en amenant ses propres références. Certains ont dit qu’il chantait comme David Bowie ou comme Iggy Pop ; et je pense que s’il y a des petits bouts venus d’ailleurs, au final c’est juste Johnny et c’est unique, ça donne plusieurs dimensions à la musique.
Que dire de la relation Tim-Johnny ?
- Johnny Depp : Notre relation est construite sur la confiance. C’est la chose la plus importante dans la relation entre un acteur et un réalisateur. Ce que je partage avec Tim et ce qui m’inspire en le regardant travailler, c’est le niveau d’enthousiasme, la passion. Je le regarde expérimenter et travailler, et après toutes ces années, si Hollywood a tenté de le maîtriser et de le contrôler, il n’a jamais fait de compromis. Pour moi, ce qui fait l’identité d’un film de Tim Burton, c’est juste Tim Burton. Quel que soit le casting, la signature de Tim est partout.
Propos recueillis par Damien Leblanc et Marc Petit lors d'une conférence de presse à Paris
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