Jon Avnet débute sa carrière professionnelle au milieu des années 70. Après avoir officié comme producteur pour des pièces Off Broadway à New York, il rejoint le milieu du cinéma en devenant lecteur pour la United Artist et co-directeur de l'American Film Institute. Dès le début des années 80, il se lance dans la production. En tant que producteur, exécutif ou non, son nom est attaché à plus d'une cinquantaine de longs métrages, téléfilms ou séries télé. Hélas, on ne peut pas dire qu'il soit un producteur très avisé. Sa carrière est davantage jalonnée de succès modestes, d'échecs, ou de projets peu mémorables. On lui doit néanmoins quelques réussites au box office comme
Risky Business (Paul Brickman, 1983) qui lança
Tom Cruise ; une intéressante adaptation de
Bret Easton Ellis, trop mésestimée,
Neige sur Beverly Hills (
Less Than Zero, Marek Kanievska, 1987), avec le jeune et beau
Robert Downey Jr ; une version belles gueules des
Trois mousquetaires (Stephen Herek, 1993) avec
Charlie Sheen et
Kiefer Sutherland ; les trois
Petits champion (s (1992/1996), comédie sportive et familiale avec
Emilio Estevez ;
Inspecteur Gadget (David Kellogg, 1999) avec
Matthew Broderick ; la série, assez ratée,
Boomtown (2002/2003) ; ou enfin et non des moindres, l'étrange mais passionnant
Capitaine Sky et le monde de demain (Kerry Conran, 2004).
Jon Avnet se lance dans la réalisation en 1986 avec le téléfilm
Rivales par alliance, l'histoire d'une mère et sa belle fille, interprétée par Farah Fawcett sur un scénario qu'il a coécrit. Cinq ans plus tard, il passe enfin au long métrage de cinéma avec
Beignets de tomates vertes (1991), adapté d'un roman de Fannie Flagg avec Kathy Bates et Mary Stuart Masterson. Cette comédie dramatique culinaire remporte alors un joli petit succès en salles et auprès de la critique et du public. Le film est nominé par deux fois aux Oscars et remporte six autres prix. Sa carrière de réalisateur est désormais lancée et rapidement Avnet sait s'entourer de quelques grands noms d'Hollywood. Suivront ainsi
A chacun sa guerre (1994) avec le jeune
Elijah Wood et
Kevin Costner, une chronique nostalgique autour d'un ancien vétéran du vietnam confronté à son fils ;
Personnel et confidentiel (1996), une romance épaisse avec
Robert Redford et
Michelle Pfeiffer ;
Red Corner (1997), thriller pamphlétaire anti chinois et pro tibétain pour son plus grand défenseur à Hollywood, ici en tête d'affiche,
Richard Gere.
Après l'échec cuisant de
Red Corner, aussi bien auprès de la critique que du public, Avnet se contente de travailler pour la télévision : quelques téléfilms comme
1943 l'ultime révolte (2001, TV) avec
Jon Voight et Donald Sutherland, plusieurs épisodes de
Boomtown. Puis, après dix d'absence en salles, il fait enfin son retour au cinéma avec
88 Minutes (2007), polar chronométré mais mou où
Al Pacino cabotine comme un pacha. Le style Avnet, qui n'en a pas, sinon un vague décalque télévisuel de ce qui se fait de pire, ou presque, a alors bien du mal à s'imposer dans le cadre du genre. Malgré tout il récidive dans la foulée avec le thriller
La Loi et l'ordre (2008), un autre nanar pour stars sur le déclin où il réunit pour la deuxième fois dans l'histoire
Robert De Niro et
Al Pacino, malheureusement pour le pire rôle de leurs carrières. Le film réussira difficilement à se maintenir dans le top 10 du box office américain. Pourtant ces échecs ne calment pas la volonté d'Avnet, qui a déjà deux projets sous le coude, à nouveau des thriller :
Second World et
I Kill, une coproduction italienne. On peut dire enfin que le cinéma d'Avnet se limite à beaucoup de casting et très peu de de talent.