Jon Voight, l'inoubliable Macadam Cow-boy de John Schlesinger, se découvre dès ses études secondaires une passion pour le théâtre. En 1956, son diplôme secondaire en poche, il intègre The Catholic University of America, située à Washington, afin de suivre un cursus artistique, notamment des cours de décoration scénique. Finalement tenté par une carrière d'acteur, il décide de s'installer à New York et commence dès 1965 à apparaître dans diverses productions off Broadway comme
Vu du pont d'
Arthur Miller. Son ascension est fulgurante : moins de deux ans après ses débuts sur les planches new-yorkaises, il décroche le Theatre World Award du meilleur comédien.
En parallèle de ses activités scéniques, Voight multiplie dès 1963 les petits rôles télévisuels, notamment dans les séries
NYPD (1967) ou
Gunsmoke (1966-1969). En 1967, il fait ses débuts cinématographiques sous la direction de Philip Kaufman qui lui offre le rôle-titre de son second long-métrage
Fearless Frank. Révélé au grand public, dans le fameux et sulfureux
Macadam Cowboy (John Schlesinger, 1969) ou les tribulations tragi-comiques de deux amis dans la jeune new-yorkaise, l'un fringant prostitué, l'autre escroc tuberculeux (
Dustin Hoffman), Voight connaît le même succès qu'à Broadway. De nombreux prix viennent récompenser la qualité de son interprétation ainsi que l'audace de ce grand classique des 70's, notamment un très controversé Oscar du meilleur film.
En 1972, l'équipée cauchemardesque de
Délivrance (John Boorman) le remet en selle après une courte période de flottement. Alors qu'il s'attaque, avec une égale constance, aux drames
The All-American Boy (Charles Eastman, 1973) et
Conrak (Martin Ritt, 1974), tout en tenant la tête d'affiche du mésestimé thriller
Le Dossier Odessa (Ronald Neame, id), l'acteur prouve une nouvelle fois l'étendu de son talent dans le mélo de Hal Ashby,
Retour (1978), où il incarne un vétéran du Vietnam tétraplégique, follement amoureux de
Jane Fonda. Consacré par une pluie de récompenses (Oscar, Golden Globes, Prix d'interprétation cannois), Voight décide pourtant de se faire plus rare, en particulier après le semi échec du
Champion (Franco Zeffireli, 1979), larmoyante destinée d'un boxeur déchu.
Collaborant une seconde fois avec Hal Ashby, pour lequel il signe le scénario et assure le rôle principal de la comédie
Lookin' to Get Out (1982), il n'accepte par la suite que peu de projets, à l'image du film d'action
Runaway Train (Andrei Konchalovsky, 1985) et du drame
Eternity (Steven Paul, 1989) que viennent seconder quelques téléfilms. Il faudra, de fait, attendre le milieu des années 90 pour le voir réapparaître sur les écrans de cinéma.
Michael Mann (
Heat, 1995),
Brian De Palma (
Mission : Impossible, 1996),
Oliver Stone (
U-Turn, ici commence l'enfer, 1997) et
Francis Ford Coppola (
L'Idéaliste, id) lui donnent ainsi l'occasion de prouver qu'il demeure un grand acteur de composition.
Si ses retrouvailles avec John Boorman (
Le général, 1998) s'avèrent réjouissantes, il en sera tout autre d'un grand nombre de ses prochains films comme peuvent en témoigner
Pearl Harbor (
Michael Bay, 2001) ;
Lara Croft Tomb Raider : le berceau de la vie (Jan DeBont, id) où il tient compagnie à sa fille,
Angelina Jolie ;
Benjamin Gates et le trésor des Templiers (Jon Turtletaub, 2004) ou
Transformers (
Michael Bay, 2007). Exceptions notables : le magnifique
Ali de
Michael Mann (2001) et le jouissif
Zoolander (
Ben Stiller, id). Continuant de jouer, non sans plaisir, les seconds couteaux, Voight sera prochainement aux côtés de
Colin Farrell et Edward Noton dans
Pride and Glory (
Joe Carnahan, 2008).