Jonathan Mostow, artisan efficace de séries B catapulté aux manettes du troisième épisode des aventures temporelles du Terminator, fait ses débuts cinématographiques durant ses études à la prestigieuse Havard University. Assurant la production, l'écriture et la mise en scène de ses films, il s'essaye à tous les formats et les genres, du court-métrage au documentaire en passant par le film à sketches, comme en témoignent le segment horrifique
Dr. Dobermind de
Fright Show (1985) et la comédie SF
Beverly Hills Bodysnatchers (1989).
En 1991, la chaîne câblée Showtime lui achète le scénario de
Black Angel (TV), un thriller militaire autour d'un pilote criminel de l'US Air Force qui menace de lâcher une bombe atomique sur Las Vegas. Nommé réalisateur, Mostow connaît alors un certain succès d'audience lors de la diffusion du téléfilm, ses nombreuses séquences de duels aériens faisant leurs effets. Pour autant sa carrière est loin d'être lancée, il devra en effet attendre six ans avant de parvenir à vendre un nouveau script.
Ce sera
Breakdown (1997), un second thriller que le mythique producteur italien Dino de Laurentiis accepte de financer. A la manière de
Duel de
Steven Spielberg (1973), Mostow livre un film tendu et haletant, à la mécanique bien huilée, dans lequel
Kurt Russell, suite au kidnapping de sa femme, part à la chasse aux rednecks. Volontiers attiré par les ambiances éprouvantes, il fait le choix d'assurer en parallèle la production exécutive du troisième et mésestimé long-métrage de
David Fincher,
The Game (1997). Puis, enchaînant pour la première fois trois projets en l'espace de deux ans, il réalise le dernier épisode de la série multi primée sur le programme spatial Apollo,
From the Earth to the Moon (1998), produite entre autres par
Ron Howard et
Tom Hanks, dans le prolongement de leur film
Apollo 13 (1995).
Dès lors, satisfait de la réception critique et publique de
Breakdown, De Laurentiis décide de poursuivre sa collaboration avec Mostow sur son prochain film,
U-571 (2000). Fortement inspiré par
Le Bateau de Wolfgang Petersen (1981), ce récit de guerre subaquatique ne révolutionne certes pas par le genre mais se montre assez captivant dans sa gestion temporelle et spatiale, où la maîtrise du suspens répond à la montée en puissance d'un climat particulièrement anxiogène. Servi par un casting viril (
Harvey Keitel,
Bill Paxton,
Matthew McConaughey),
U-571 repose pour beaucoup sur le savoir-faire old school de Mostow, notamment dans les scènes d'action pure, même si ce dernier semble davantage intéressé par l'exploration des dynamiques humaines.
Un parti pris qu'il prolongera de manière radicale dans
Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines (2003). Suite à l'abandon de
James Cameron et à l'enthousiasme qu'a provoqué
U-571, Mostow se voit proposer la réalisation de ce troisième opus. Or, en cherchant à appliquer les mêmes recettes que pour ses films précédents mais à l'échelle du blockbuster, le réalisateur va clairement révéler ses limites. Souffrant d'une mise en scène souvent approximative, le film ne parvient pas à assumer sa modestie dans sa recherche du spectaculaire. Et ce même en dépit de questionnements pertinents, à l'image du devenir humain de la machine (le visage vieillissant du Terminator interprété par
Arnold Schwarzenegger). Œuvre fondamentalement déceptive,
Le Soulèvement des Machines ne va pas combler les attentes du public, contraignant ainsi Mostow à retourner travailler pour le petit écran (
Them, TV, 2007), dans l'attente d'une seconde collaboration avec les scénaristes de Terminator 3 pour un nouveau thriller futuriste, The Surrogates (
Clones en VF) (2009).