Son père, d'origine yougoslave et patron de bar, décède quand elle est encore adolescente. Josiane Balaskovic, de son vrai nom, est alors élevée par sa mère et sa grand-mère. Elle se destine rapidement à une carrière artistique : après s'être essayée au dessin et à l'écriture, elle se dirige vers la comédie et suit les cours de théâtre de Tania Balochova. Au milieu des années 70, elle intègre la troupe du Splendid, qui fera sa gloire. Parallèlement elle montre ses propres spectacles et joue dans
Ginette Lacaze (1972), une pièce mise en scène par
Coluche. Grâce à la troupe du Splendid, elle commence à apparaître au cinéma, parfois aux côtés de ses complices :
L'an 01 (
Jacques Doillon, 1973),
L'Animal (
Claude Zidi, 1977),
Nous irons tous au paradis (
Yves Robert, Id),
Pauline et l'ordinateur (Francis Fehr, 1978) dont elle écrit les dialogues,
Petits câlins (Jean-Marie Poiré, 1978), son premier rôle important. Que des comédies, naturellement. En 1978 sa carrière et sa notoriété font un bond vertigineux avec
Les Bronzés (
Patrice Leconte), et sa suite,
Les Bronzés font du ski (Id). Grâce à ces comédies sur la beaufitude et avec ses camarades -
Gérard Jugnot,
Christian Clavier,
Thierry Lhermitte,
Michel Blanc,
Marie-Anne Chazel,
Martin Lamotte-, elle devient la coqueluche des Français.
La troupe remet le couvert dans l'adaptation cinématographique de leur pièce à succès,
Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré, 1982), où elle joue l'horripilante Mme Musquin restée coincée dans l'ascenseur. La bande se sépare ensuite, pour se retrouver sporadiquement ou éparpillée (
Papy fait de la résistance, Jean-Marie Poiré, 1983), et finir par se réunir en 2006 dans le dispensable et bling-bling
Les Bronzés 3 amis pour la vie (
Patrice Leconte). Véritable tue glamour au franc parler, Balasko joue de son physique ordinaire et enveloppé avec auto dérision (
Les Hommes préfèrent les grosses, Jean Marie Poiré, 1981) et trouve vite sa place dans un cinéma français qui lui ouvre les bras, aussi bien du côté de
Claude Berri dans son mauvais Coluche Movie,
Le Maître d'école (Id), que chez
Téchiné dans
Hôtel des Amériques (Id) où on lui découvre un autre potentiel que comique. Preuve qu'elle nourrit aussi d'autres ambitions que ses comédies bas de plafonds qui auront fait les tristes heures des années 80 :
La Smala (Jean-Louis Hubert, 1984),
La Vengeance du serpent à plumes (
Gérard Oury, Id),
Tranches de vie (François Leterrier, 1985),
Nuit d'ivresse (Bernard Nauer, 1986),
Les Frères pétards (Hervé Palud, Id),
Sans peur et sans reproche (
Gérard Jugnot, 1988). Josiane Balasko se lance dans la réalisation en 1985 avec
Sac de noeuds, rapidement suivi de
Les Keufs (1987). Malheureusement, les films ne sont que des satires ratées, des comédies poids lourds du même niveau que celles qu'elle interprète pour les autres.
Actrice et réalisatrice
Au moment où son personnage commence sérieusement à devenir une caricature et que son humour ne brille décidément pas par sa finesse d'esprit, mais plutôt par sa lourdeur, l'actrice surprend avec
Trop belle pour toi (1989), où Bertrand Blier renverse les lois habituelles du désir et des conventions en lui jetant dans les bras un
Gérard Depardieu qui la préfère à
Carole Bouquet. Elle revient ensuite à la comédie devant ou derrière la caméra :
Ma vie est un enfer (Josiane Balasko, 1991),
Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communistes (Jean-Jacques Zilbermann, 1993). En 1995 elle fait un carton avec
Gazon Maudit, son quatrième long métrage où elle s'amuse des préjugés sur l'homosexualité féminine. Le film est salué par le public et la critique est emballée. Son film suivant,
Un Grand cri d'amour (1998) avec
Richard Berry ne remportera pas le même succès. On la voit ensuite chez Gérard Lauzier dans un de ses nanars,
Le fils du Français (1999), chez Gabriel Aghion dans
Le Libertin (2000) et
Absolument fabuleux (2001), chez Jean Becker aux côtés de
Jacques Villeret dans
Un crime au paradis (Id), remake d'un film de
Sacha Guitry.
En 2003, elle étonne dans un personnage d'une noirceur inhabituel :
Cette femme-là, polar moite et dépressif de
Guillaume Nicloux.
L'ex-femme de ma vie (2004), son sixième film, se révèle être une adaptation en carton d'une pièce qu'elle avait montée en 1988. Le film sera vite oublié. L'année suivante elle joue
Marguerite Duras dans
J'ai vu tuer Ben Barka (Serge Le Péron, 2005), un thriller politique réussi et bien senti largement encensé par la critique. Pour ne pas en rester là et revenir à ses bases, elle enchaîne sur le navet
La Vie est à nous ! de
Gérard Krawczyk (Id), qu'elle retrouve dans le braillard, facile, vulgaire et pathétique
L'Auberge Rouge (2007). La même année elle joue dans
Rudy Blue (Jan Dunn, 2007), un film britannique inédit, et
La Clef, autre thriller de
Guillaume Nicloux. Elle est enfin aux casting all stars de
Bancs publics (Versailles rive droite) de
Bruno Podalydès (2008) et
Musée haut, musée bas de
Jean-Michel Ribes (Id). Et joue dans son dernier film,
Cliente (Id), aux côtés de
Nathalie Baye et
Isabelle Carré.