Judith Godrèche est née dans une famille aux vocations médicales : sa mère est psychomotricienne, son père psychanalyste. Une voie qu'elle ne suivra pas, en manifestant très jeune son goût pour la comédie. A huit ans, elle interprète devant ses camarades d'école le conte musical de Philippe Chatel,
Emilie Jolie ; à treize ans, elle fait ses débuts au cinéma aux côtés de
Philippe Noiret et
Claudia Cardinale dans
L'Eté prochain (Nadine Trintignant, 1985). Sa carrière s'amorce véritablement à l'orée de ses seize ans : son caractère fort et sa beauté lumineuse interpellent
Jean-Pierre Mocky (
Les saisons du plaisir, 1988),
Benoît Jacquot (
Les Mendiants, id) et le réalisateur suisse Jean-François Amiguet (
La Méridienne, id).
Jacques Doillon lui donne alors sa chance en lui proposant le rôle principal de sa comédie dramatique
La Fille de 15 ans (1989) où elle prouve qu'elle sait déjà parfaitement jouer de ses charmes ingénus face à Melville Poupaud et le cinéaste lui-même. L'année suivante, elle est nominée au César du meilleur espoir féminin pour son interprétation de Beth, la jeune fille butée et passionnée de
La désenchantée (1990) pour laquelle elle retrouve
Benoît Jacquot. Le mélange d'innocence et de gravité qui émane de son visage confirme alors ses talents dramatiques, qu'il s'agisse de
Ferdydurke (1991) de
Jerzy Skolimowski d'après le roman éponyme de
Witold Gombrowicz,
Paris s'éveille (id) et
Une nouvelle vie (1993) d'
Olivier Assayas ou
Grande Petite, le premier long-métrage de Sophie Fillière (1994).
Actrice fidèle, elle met un point d'honneur à travailler avec des réalisateurs en qui a elle une absolue confiance, ceux qui la connaissent véritablement, à l'image de
Benoît Jacquot (
Emma Zunz, TV, 1992),
Patrice Leconte (
Tango, 1993 ;
Ridicule, 1996) ou
Sophie Marceau (
L'Aube à l'envers, 1995 ;
Parlez-moi d'amour, 2002). Mais à partir de 1996, elle abandonne progressivement le cinéma d'auteur, celui qui l'avait révélé, au profit de films davantage populaires, tous genres et nationalités confondus : le biopic d'époque
Beaumarchais, l'insolent (
Edouard Molinaro, 1996), la comédie vulgaire
Bimboland (Ariel Zeitoun, 1998) sur laquelle elle rencontre son futur époux
Dany Boon, les aventures de cape et d'épée de
L'Homme au masque de fer (Randall Wallace, 1999), le thriller
Entropy (
Phil Joanou, id) ou la romance dramatique
South Kensington (Carlo Vanzina, 2001).
Continuant désormais de surfer sur cette vague comique, quitte à passer désormais pour une blonde stéréotypée limite ahurie, elle participe à
L'Auberge espagnole (Cedric Klaspisch, 2002) pour lequel son rôle de bourgeoise gourde lui vaut une nouvelle nomination aux Césars. Puis, elle enchaîne
France boutique (
Tonie Marshall, 2003),
Tu vas rire mais je te quitte (Philippe Harrel, 2005),
Tout pour plaire (Cécile Telerman, id) et
J'veux pas que tu t'en ailles (Bernard Jeanjean, 2007) qui ne sont franchement pas des fleurons de la comédie française. Petite exception, son apparition dans le road movie intimiste de son nouvel époux,
Maurice Barthélémy,
Papa (2005).
A l'affiche en 2008 de nouvelles comédies
Home Sweet Home (Didier Le Pêcheur, 2008), et
Pink Panther 2 (Harald Zwart), espérons que
Schweitzer (Gavin Millar, 2009), un biopic du célèbre médecin, sera l'occasion pour Judith Godrèche de renouer avec le talent dramatique qui était jadis le sien.