Karim Dridi, né à Tunis, se passionne pour le cinéma dès son enfance. A douze ans il a déjà réalisé son premier film amateur en super 8. Plus tard il tente d'intégrer l'IDHEC (nouvellement fémis), mais échoue au concours d'entrée. Sa détermination n'est pourtant pas échaudée. Il travaille, réalise divers courts métrages et films d'entreprise. Entre son premier court officiel et son premier long, Karim Dridi pose les bases à venir de son cinéma : archéologie d'un lieu, topographie des habitudes de ceux qui les habitent, étude minutieuse du quotidien et des gens ordinaires, expertise des inégalités sociales. Après deux courts remarqués,
Dans le sac (1987) et
Zoé la boxeuse (1992), il passe au long en 1994 avec
Pigalle. Une exploration des bas fonds de Paris, de ses clubs de striptease où l'on survit selon des codes que la société civile ne connaît pas. Le film se fait repérer, Dridi est nominé aux Césars du premier film. L'année suivante il part pour Marseille et tourne
Bye Bye (1995), l'histoire de deux enfants immigrés confrontés aux problèmes d'intégration, la drogue et leur famille. Le film atterrît en compétition à Cannes dans la section Un certain regard. Il réalise ensuite un documentaire sur
Ken Loach pour la série Cinéma de notre temps,
Citizen Ken Loach (1997), puis fait parler de lui avec
Hors jeu (1998), un film autour du cinéma où il demande à
Miou-miou,
Arielle Dombasle,
Clotilde Courau,
Michel Galabru et
Patrick Bruel d'interpréter leur propre rôle. Suivront
Cuba Feliz (2000), un documentaire sur des musiciens cubains, puis retour à Paris avec
Fureur (2003), un Rocky du pauvre mais sympathique où il traite des relations intercommunautaires dans le XIIIème arrondissement, le quartier chinois. Après cinq ans d'absence Dridi réalise enfin
Khamsa (2008), portrait magnifique et juste d'un jeune gitan vivant dans un camp en bord d'autoroute à Marseille. Le film reçoit un accueil dithyrambique par la presse.