Kate Beckinsale est née dans une famille d'acteurs. Son père, décédé prématurément en 1979, a contribué au succès de shows télévisuels comiques comme The Lovers (1970) ou Porridge (1974) tandis que sa mère, sous le nom de Judy Loe, continue de participer régulièrement à un grand nombre de dramas made in England. Kate passe son enfance et son adolescence dans sa ville natale de Londres et suit toute sa scolarité dans une école privée, stricte et non mixte, la Goldophin and Latymer School. Ses excellents résultats scolaires et des aptitudes précoces pour l'écriture lui permettent de s'inscrire en 1991 au New College de la prestigieuse université d'Oxford. Même si son désir de jouer la comédie remonte à son adolescence, Kate préfère opter pour des cours de littérature française et russe au lieu de ceux d'art dramatique, avec l'idée de faire de son bagage académique un atout pour ses futurs rôles.
Actrice étudiante
C'est durant ses années universitaires que la jeune femme fait ses débuts d'actrice: d'abord à la télévision, avec une série de trois téléfilms entre 1991 et 1993, puis au cinéma avec l'adaptation shakesparienne
Beaucoup de bruit pour rien (
Kenneth Branagh, 1993). Son interprétation remarquée de la naïve et amoureuse Hero lui permet alors d'obtenir le rôle principal du thriller
Qui a tué le chevalier ? (Jim McBride, 1994) et de participer au drame médiéval
Le Prince de Jutland (Gabriel Axel, id) au casting so british composé de
Gabriel Byrne,
Helen Mirren et
Christian Bale. Entre temps, suite à un séjour parisien prolongé dans le cadre d'un programme d'échange avec sa faculté, Kate décide de quitter Oxford afin de se concentrer sur sa carrière naissante d'actrice.
En 1995, elle s'essaie à la comédie satirique avec
Cold Comfort Farm (TV), un téléfilm produit par la BBC au succès fulgurant, aussi bien en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis. Constatant qu'une réelle formation scénique lui fait défaut, Kate fait alors le choix de partir en tournée avec The Thelma Holts Theatre Compagny et sa production du classique de Tchekhov,
La Mouette. A son retour, elle met son apprentissage de la langue française à l'épreuve en acceptant de faire son Américaine à Paris dans
Marie-Louise ou la permission (Manuel Flèche, 1995), puis change radicalement de registre avec le thriller
Haunted (Lewis Gilbert, id), l'adaptation austinienne
Emma (TV, 1996) et la comédie romantique
Shooting Fish (Stefan Schwartz, 1997).
Hollywood en ligne de mire
Son avenir lui semblant plus radieux de l'autre côté de l'Atlantique, elle part s'installer à Los Angeles en 1998 et ne tarde pas à tourner son premier film américain:
Les derniers jours du disco (Whit Stillman, 1998) aux côtés de l'icône indé
Chloë Sévigny. Sa fraîcheur et son physique irréprochable plaisent aux producteurs hollywoodiens : elle est choisie pour faire face à
Claire Danes dans le drame
Bangkok aller simple (Jonathan Kaplan, 1999) et incarner la délicate Maggie dans l'Angleterre post-victorienne de
La Coupe d'or (James Ivory, 2000). Puis en 2001, elle fait son entrée dans le monde impitoyable des blockbusters avec le boursouflé
Pearl Harbor (
Michael Bay) où elle hésite entre
Ben Affleck et Josh Harnett. Elle s'accorde alors un petit répit avec
Un amour à New York (
Peter Chelsom, 2001) et
Laurel Canyon (Lisa Cholodenko, 2002), deux histoires d'amour contrariées, avant de retourner affronter un déluge d'effets spéciaux dans
Underworld (
Len Wiseman, 2003) où en guerrière vampire elle craque encore pour le mauvais gars : un loup-garou. Le film, au demeurant mauvais, fait d'elle une star de tout premier plan en mettant particulièrement en valeur ses qualités athlétiques. Qualités qui seront de nouveau exploitées dans l'étrange bouillie visuelle qu'est
Van Helsing (
Stephen Sommers, 2004), proposant une énième relecture du mythe du chasseur de vampire, et dans
Underworld 2 : Evolution (2006) avec toujours le tâcheron Wiseman aux commandes dont elle est devenue l'épouse.
Des choix discutables
Ses autres films ne sont guère plus avenants, ou intéressants : une comédie romantique fadasse (
Tiny Tiptoes, Matthew Bright, 2003), un biopic emphatique sur Howard Hugues (
Aviator, Martin Scorsese, 2004) dans lequel elle joue une
Ava Gardner de pacotille, et un
Adam Sandler movie raté (
Click : télécommandez votre vie, Frank Coraci, 2006). Seules exceptions : l'inédit
Snow Angels (2007), un drame intimiste du talentueux
David Gordon Green, et l'éprouvante série B
Motel (Nimrod Antal, id) à l'admirable rigueur formelle. A l'avenir, l'actrice est désormais attendue dans
Winged Creatures (Rowan Woods, 2008),
Witheout (Dominic Sena, id),
Nothing But the Truth (Rod Lurie, id) et
Everybody's Fine (Kirk Jones, 2009).