Keanu Reeves



Keanu Reeves Nationalité : canadienne
Naissance : 02 septembre 1964 à Beyrouth, Liban
Age : 45 ans
Métier : Acteur
Je suis comme Mickey Mouse. Personne ne sait ce qu'il y a sous le costume.
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Adulé par le passé mais encore un peu mésestimé, Keanu Reeves compte parmi les plus grands acteurs américains de son époque. Il n'a pas d'équivalent, aucun modèle contemporain, ni un ancêtre avec qui le comparer. C'est un météore, un extra-terrestre, un mutant, un étrange animal d'une race moins perdue qu'inconnue. Difficile de dire qui il est, il semble insaisissable, une énigme, à la fois transparent et opaque, illisible, indéchiffrable. Un homme mystérieux, discret, pudique, préservant sa vie privée, loin des tabloïds et autres rubriques people. Il a quelque chose de félin, d'impossible à apprivoiser. D'une beauté insolente, il ne fait pourtant jamais commerce de son physique, enchaînant les rôles et les films avec la même élégance, une grâce qui doit autant à sa rigueur professionnelle qu'à son talent. Toujours un peu absent, déconnecté, il maintient ses distances, un pied à Hollywood et un autre ailleurs, sur les routes, à moto, pour traverser l'Amérique ou la France. Il a une classe naturelle, un regard éveillé et un brin candide, c'est un bloc de sincérité, de sensibilité, et pourtant chez lui tout se refuse à l'incarnation, au relief. Un homme qui a soif d'espace, de liberté, de lectures en se nourrissant des grands classiques ; un éternel curieux qu'on dirait aussi marqueé par la vie. Grand pessimiste, ses yeux semblent cacher une mélancolie profonde, une tristesse inconsolable et cryptée qu'il compense par sa générosité. Jamais rien d'hypocrite, de faux, d'intéressé, de malhonnête chez Keanu Reeves, un homme droit, franc, simple, préserverant sans cesse sa complexité, ses tourments, derrière un corps dont il a fait son costume, parfois jusqu'à la désincarnation totale. Un être tout en surface apparente et qui pourtant demeure un étrange modèle romantique, tragique. On voudrait aimer avec lui, se consoler dans ses bras, regarder l'océan, loin vers l'horizon, écouter sa voix si singulière, plonger dans son regard, y exister. Il est l'homme sans âge, ni vraiment adolescent, ni jamais complètement adulte. Son sourire est un secret et une offrande, son corps une courbe fuyante en apesanteur, il restera à jamais l'une des plus belles étoiles d'Hollywood.

Youngblood


Son histoire commence en 1964 à Beyrouth, au Liban, où il naît. Sa mère est costumière et son père géologue. De celui-ci il hérite de ses racines hawaïennes et chinoises qui lui donneront ce visage si singulier, exotique, aux contours des yeux un peu tirés, ainsi que son prénom, qui signifie « la douce brise par-dessus les montagnes ». Après le divorce de ses parents, survenu alors qu'il est âgé de deux ans, Reeves et sa sœur, Kim, partent vivre avec leur mère. D'abord l'Australie, puis New-York et enfin Toronto. Une vie un peu tumultueuse, partagée entre les déménagements et les différentes relations de sa mère. Atteint de dyslexie, il change régulièrement d'établissement scolaire et se découvre une passion pour le hockey sur glace, le sport national canadien. Si pendant un temps il envisage une carrière de sportif professionnel, rapidement, adolescent, il se découvre un autre centre d'intérêt, les arts dramatiques. Ainsi après des débuts sur scène dans des théâtres amateurs, Reeves abandonne l'école à 17 ans pour se consacrer à la comédie et décroche son premier rôle dans la sitcom Hangin'In. Il fait sa première apparition au cinéma en jeune à la dérive dans One Step Away (Robert Fortier, 1985), puis en petit ami sympathique dans Flying (Paul Lynch, 1986). La même année, il est au casting de son premier film américain, Youngblood (Peter Markie, Id), avec Patrick Swayze et Rob Lowe. Une histoire sur fond de hockey sur glace où l'acteur peut mettre ses talents sportifs à contribution. Cette dernière expérience le convainc de se lancer à Hollywood, où il part avec son baluchon et 3000 dollars en poche. Il est déjà ce solitaire, cœur noble au visage d'ange rongé par les démons du réel.

Bill & Ted


Débarqué à Los Angeles, Reeves se dégotte un agent par l'intermédiaire d'une relation personnelle. Ainsi, guidé par Erwin Stoff qui le prend sous son aile et produira la plupart de ses films tout au long de sa carrière, Reeves décroche ses premiers rôles à Hollywood dans différents téléfilms, avant de se faire remarquer en 1986 au cinéma dans le film indépendant Le Fleuve de la mort (Tim Hunter). Il y interprète le meilleur ami d'un jeune ayant sauvagement assassinée sa petite copine. Après d'autres apparitions oubliées pour la télévision, et un premier rôle dans la comédie inédite The Night Before (Thom Eberhardt, 1988), il est au générique d'A la vie à la mort (Marisa Silver, Id), jouant l'ami d'un étudiant suicidé, puis du Prince de Pennsylvanie (Ron Nyswaner, Id) dans lequel il kidnappe son père, ou encore des LLiaisons dangereuses de Stephen Frears (Id) héritant du Chevalier Raphael Danceny. En 1989, Reeves devient avec Alex Winter le héros de Bill & Ted's Excellent Adventure (Stephen Herek), une comédie sur deux teenagers voyageant dans le temps et l'Histoire. Ce film à petit budget, distribué deux ans après sa réalisation, deviendra culte, Reeves jouant à merveille le jeune crétin décérébré. Il reprendra ainsi son rôle en 1991 dans une suite, Les Folles aventures de Bill et Ted (Peter Hewitt, 1991), ainsi que pour un épisode de la série télé dérivée des films. On le voit également à la fin des années 80 dans Portait craché d'une famille modèle de Ron Howard (1989), puis dans Je t'aime à te tuer (Lawrence Kasdan, 1990), une comédie avec Kevin Kline, ou encore dans Tante Julia et le scribouillard (Jon Amiel, 1990) dans le rôle d'un animateur radio dont l'histoire d'amour inspire un scénariste joué par Peter Falk.

My Own Private Point Break


Après différents personnages de post teenager ou diverses comédies, Reeves s'impose dans l'un de ses rôles les plus célèbres, ou au moins celui qui le fera découvrir au grand public : l'agent du FBI infiltré dans une bande de surfeurs/braqueurs menés par Patrick Swayze dans Point Break de Kathryn Bigelow (1991). Petit succès à son époque, le film deviendra culte. Un bon cocktail d'action et de glamour, dopé à l'adrénaline et aux sports extrêmes, avec en background les réminiscences d'un western et son utopie libertaire. Reeves y vole la vedette à Swayze, il illumine son personnage de sa présence discrète et contrariée, d'homme happé et fasciné par un monde et un personnage troublant ses convictions. L'acteur prouve aussi qu'il est à l'aise dans l'action, son corps se déplaçant avec une aisance parfaite où l'émotion ne s'efface jamais. Le film l'aidera à confortablement lancer sa carrière à Hollywood. Mais parallèlement, la même année, Reeves et River Phoenix deviennent les héros de My Own Private Idaho de Gus Van Sant, une relecture d'Henry IV de William Shakespeare. Avec cette production indépendante présentée à Venise et Deauville, l'acteur dévoile alors une facette inconnue de son talent. Il est sublime dans le rôle d'un jeune prostitué toxicomane dont River Phoenix est amoureux, pour beaucoup sa performance restera l'une des plus fortes de sa carrière. De plus en plus populaire, Francis Ford Coppola le sélectionne pour en faire le héros romantique de son Dracula (1992), un hommage au cinéma d'horreur classique se voulant fidèle au roman de Bram Stoker. Il trimballe dans chaque plan son inquiétude et ses tourments, pris au piège d'un monde qui le dépasse et où Gary Oldman, en prince des vampires, tente de lui voler sa bien aimée.

Speed et imprévisible Keanu Reeves


Bad guy pour Kenneth Branagh dans son adaptation de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien (1993), il retrouve Gus Van Sant dans son plus grand bide, Even Cow Girls Get the Blues (Id), avant de tourner pour Bernardo Bertolucci dans Little Buddha (Id), dans lequel il n'est rien de moins que la réincarnation de Buddha. Un rôle difficile où le réalisateur cherche à jouer du physique du comédien et de sa présence énigmatique, un peu mystique : ce sera un échec artistique. Mais en 1994, un autre film restera dans la légende et forgera l'image de Reeves dans l'inconscient du grand public : Speed de Jan de Bont. Film d'action pur jus, long ride à cent à l'heure où l'acteur fait équipe avec Sandra Bullock, Speed est un carton. L'acteur se révèle décidément à l'aise dans ce genre de production, et le film fait de lui le nouveau sex symbol d'Hollywood. Sa belle gueule fait des ravages et tout le monde l'attend alors dans des rôles similaires. Mais c'est mal le connaître, Reeves fait ce qu'il veut, il ne se fige nulle part, ni dans une image et encore moins un personnage. Il est imprévisible. Non seulement il refusera de tourner Speed 2 pour jouer Hamlet au Canada, mais voilà qu'il multiplie les films aux genres variés et pas nécessairement des blockbusters. On le retrouve ainsi dans une adaptation ratée de William Gibson, Johnny Mnemonic (Robert Longo, 1995), ses premiers pas dans la SF ; dans un thriller bas de gamme avec Morgan Freeman, Poursuite (Andrew Davis, 1996) ; dans une comédie romantique indie avec Cameron Diaz, Feeling Minnesota (Steven Baigelman, Id) ; dans l'inédit Suicide Club (Stephe T. Kay), ou encore dans le boursouflé et surestimé L'Associé du diable (Taylord Hackford, 1997) avec Al Pacino, multi rediffusé sur les chaînes câblées.

Neo Vertigo


Sa carrière semble alors en baisse à la fin des années 90. De 1997 à 1999, aucune nouvelle de lui au cinéma. Reeves préférant se consacrer à son groupe de rock alternatif, Dogstar. Il faut ainsi attendre la sortie de Matrix des frères Wachowski pour enfin le voir revenir sur le devant de la scène. Le film, et ses suites, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions (2003) connaissent le succès que l'on connaît. Dans le rôle de Neo, informaticien voué à devenir l'élu nous libérant du règne des machines par l'entremise d'une expérience mystique sur la nature de la réalité, Reeves se révèle à nouveau hors du commun. Les frères Wachowski ont su saisir avec une science exacte la nature de son physique, d'homme décalé, en dehors des choses et du monde, pour mieux l'éclairer, le regarder avec la distance du sage. Reeves s'est aussi formé pour le rôle aux arts martiaux, déployant une énergie athlétique mêlée d'une assurance dont aucun acteur américain n'a jamais su faire preuve. Décidément imprévisible, lucide et peu avare, il distribuera 50 millions de dollars de son cachet reçu sur Matrix à chaque membre des différents départements d'effets spéciaux et aux costumiers, qu'ils considèrent comme les véritables stars des films, et achètera à chaque cascadeur une Harley Davidson. Un acteur généreux, conscient, qui ne court pas après l'argent. Cet acte déstabilise alors un peu Hollywood, l'acteur bouleversant les conventions en vigueur, toujours avec une éternelle modestie, sans vouloir faire parler de lui, comme si la chose s'imposait d'elle-même.

Tragédie


Mais en 1999, en plein succès de Matrix, Reeves est frappé par une première tragédie personnelle dont les médias se feront l'écho, la mort prématurée de sa fille, décédée à la naissance. Sa petite amie de l'époque, l'actrice Jennifer Syrne, vit alors très mal cette triste expérience. Hélas, deux ans plus tard, deuxième tragédie : après leur séparation, celle-ci meurt dans un accident de voiture. Reeves ne commentera jamais ces moments difficiles, il est beaucoup trop pudique et conscient des médias pour s'adonner à d'abjectes confessions intimes dont le public est friand. Il n'avait jamais souhaité parler de sa sœur atteinte d'une leucémie, il ne dira jamais rien sur la perte de sa fille et sa femme. Mais s'il a su se préserver avec une élégance et une décence digne des êtres les plus nobles, on ne peut ne pas penser que de cette double tragédie est née aussi son regard pessimiste sur les choses et la vie. Sans tirer de conclusions, Reeves semble alors se jeter dans le travail en enchaînant les films : la comédie sportive The Replacements (Howard Deutch, 2000), sur laquelle il demande qu'on baisse son salaire pour jouer avec Gene Hackman ; The Watcher (Joe Charbanic, Id), un thriller avec James Spader pour lequel il devient un tueur en série ; Intuitions de Sam Raimi (Id), un second rôle peu aimable de mari violent dans ce drame fantastique où Cate Blanchett a des visions ; Sweet november (Pat O'Connor, 2001), une comédie romantique dans laquelle il interprète un businessman ambitieux tombant amoureux de Charlize Theron ; Hard Ball (Brian Robbins, Id), autre film sportif où il tient le rôle d'un coach.

Entre deux rives, Keanu my love


En 2003, sortant de Matrix Revolutions, Reeves change de style et d'univers pour devenir un docteur éveillant des pensées coquines à Diane Keaton dans Tout peut arriver (Nancy Meyers) au grand désarroi de Jack Nicholson. Deux ans plus tard, il enchaîne sur Age Difficile Obscur (Mike Mills, 2005), puis devient le héros de l'adaptation du comics Constantine (Francis Lawrence, Id). L'acteur joue un détective chasseur de démons usé, fatigué, dépressif, accro à la clope. Un rôle à la fois viril, capiteux, abîmé et romantique qu'il sublime de sa présence à la beauté obscure, malade et curieusement saine de par sa plastique qui ne semble pas subir les contraintes de l'âge. En 2006, il réapparait dans le projet concept de Richard Linklater adapté de Philip K. Dick, A Scanner Darkly. Ses traits sont alors retravaillés par un procédé d'animation qui n'enlève pourtant rien à sa présence énigmatique et féline. La même année, il retrouve sa camarade de Speed, Sandra Bullock, pour un mélo fantastique mésestimé, Entre deux rives (Alejandro Agresti, Id), remake américain d'un film coréen Il Mare. Une belle romance sur fond d'échange épistolaire dans le temps et l'espace. On se souviendra longtemps de cette longue scène de baiser au cœur du film, peut-être l'une des plus belles de l'histoire du cinéma, certainement la plus pure.

Reeves the cat


Après deux nouvelles années de silence, Reeves revient enfin en 2008 avec un polar scénarisé par James Ellroy, Au bout de la nuit (David Ayer). Il interprète un inspecteur de Los Angeles aux méthodes peu orthodoxe pris dans un engrenage de flics corrompus. Reeves n'a rien perdu de sa grâce ; au contraire, il dégage un désespoir palpable, physique, parfaitement maintenu par une certaine retenue légèrement désaxée. Son corps joue des contraires, à la fois machine, il avance comme mécaniquement, et trahit par les stigmates d'une pesanteur soudaine, il est alourdi par une force souterraine lui donnant du poids. Il devient ensuite le héros du remake du Jour où la terre s'arrêta (Scott Derrickson, Id), film de science-fiction dans lequel il joue un extra-terrestre dont dépend l'avenir de notre planète. On l'attend également dans The Privates Lives of Pippa Lee (Rebecca Miller, 2009), aux côtés de Monica Belluci, Wynona Ryder et Julianne Moore. De films en films, en près de vingt-cinq ans de carrière, Reeves reste un acteur insituable et fascinant. Tel le chat du Cheshire, il disparaît en laissant le souvenir d'un sourire qui nous hante étrangement jusqu'à sa nouvelle réapparition. Car impossible d'oublier Keanu Reeves, du jeune corps lisse et athlétique des débuts, jusqu'à celui d'aujourd'hui, habité par une douleur lointaine et intime, sourde, dont nous ne saurons jamais rien, mais qui a l'écran transparaît avec une fragilité indescriptible. Acteur silencieux, minimaliste, aux gestes précis et dispensés avec économie, il se dégage de lui une forme de pureté, d'innocence survivant derrière le poids cruel de la réalité. Insomniaque chronique, Reeves compte parmi ces acteurs errant à la lisière du monde et d'Hollywood. Aucune image, aucun cliché, rien ne peut le définir définitivement, le ranger dans une boîte. Il est bien une énigme, la nôtre.

JD

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Les sites consacrés à Keanu Reeves

Keanu Reeves sur Fluctuat

Keanu Reeves : vos commentaires

eegnas   13 Avril 2009 à 19:32   

Très bel article... ;)

eegnas   13 Avril 2009 à 19:31   

Très bel article... ;)

eegnas   13 Avril 2009 à 19:31   

Très bel article... ;)

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