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Nationalité : japonaise Naissance : 16 mai 1898 à Tokyo (Japon) Mort le : 24 août 1956 Métier : Réalisateur |
Aux côtés de Kurosawa et Ozu, Kenji Mizoguchi fait partie des cinéastes japonais les plus populaires à l’étranger, surtout en France où il fût surnommé « Dieu » par les critiques de la Nouvelle vague. Issu de la classe ouvrière, il déménage à l’âge de six ans dans le quartier pauvre d’Asakusa (Tokyo) où il fréquente assidûment théâtres et cinémas. Alors qu’elle a 14 ans, son père vend sa sœur à une maison de Geisha. De ce drame familial, Mizoguchi reste profondément marqué au point que son cinéma ne cessera d’être hanté par la condition des femmes et plus particulièrement des prostituées. Peu intéressé par l’école, il devient apprenti peintre sur tissus puis obtient un diplôme dans une académie de peinture. Travaillant ensuite comme dessinateur publicitaire et dans un journal à Kobe, il participe en 1918 à de violentes émeutes révolutionnaires et perd son emploi. Il se tourne alors vers le cinéma et intègre la Nikkatsu en 1920 où après avoir été assistant réalisateur, il réalise son premier film Le jour où l’amour revit (1922).
Mizoguchi réalisa plus de quatre-vingt-cinq films. Parmi eux, un nombre si important porte sur les femmes que les Japonais le considère comme « féministe », davantage un amateur qu’un militant, même si son cinéma est emprunt d’une forte conscience sociale. En effet, très influencé par le marxisme, il s’est vite tourné vers un cinéma au style réaliste, comme en témoigne la quantité de muets qu’il tourne (la plupart ont disparu) jusqu’au début des années trente. Mais c’est surtout à partir du parlant que son réalisme et son art du plan séquence, de la distance ou ses portraits de femme, se distinguent, notamment avec L’élégie d’Osaka (1936) et Les sœurs de Gion (1936), puis Contes de chrysanthèmes tardifs (1939) et La vie d’un acteur (1941), deux biographies d’acteurs de théâtre tournées en plein regain de nationalisme. Après la guerre, Mizoguchi tourne plusieurs vrais plaidoyers féministes comme La victoire des femmes (1946) ou Femmes de nuit (1948), considéré comme un de ses films les plus noirs sur la prostitution, tout en continuant à explorer le monde de l’art et des acteurs avec Cinq femmes autour d’Utamaro (1946).
Après ses peintures de femmes meurtries par la guerre ou la misère, Mizoguchi adapte un classique de la littérature japonaise, La vie d’une femme libertine, qui devient La vie d’Oharu, femme galante (1952), un de ses chefs-d’œuvre. Le film obtient le Lion d’argent à Venise, lançant du coup la carrière du cinéaste à l’étranger. Dès 1953, signant pour la Daei, Mizoguchi tourne coup sur coup Les musiciens du Gion, où il retrouve le monde des Geishas, et surtout Les Contes de la lune vague après la pluie, son œuvre la plus célèbre qui obtient également le Lion d’argent. Grâce à son succès et au prestige international, il continue son analyse de la société japonaise avec L’intendant Sansho et Les Amants crucifiés (1954). Après deux films historiques en couleur, les seuls de sa carrière, L’impératrice Yang Kwei Fei (1955) et Le héros sacrilège (1955), il termine malgré la maladie son dernier film, La rue de la honte (1956), où il retrouve le sort des femmes dans la prostitution.
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