Avant d'être un physique et une voix éternellement associés au cinéma de
John Carpenter, Kurt Russell débute grâce à son père, l'acteur Bing Russell, comme enfant star dès ses neuf ans dans un nombre important de séries télé qu'il enchaînera sans discontinuer jusqu'à la fin des années 70. Alors qu'il a déjà fait une apparition au cinéma aux côtés de
Charles Bronson dans
Le Californien (Boris Sagal, 1964), il est rapidement pris sous contrat chez Disney, pour qui il fera véritablement ses débuts au cinéma dans divers films pour enfants ou des comédies familiales telles que
Suivez-moi les gars (Norman Tokar, 1966),
Le Cheval aux sabots d'or (Id, Id),
Guns in the Heather (Robert Butler, 1969),
Charley and the Angler (Vincent McEveety, 1973),
Superdad (Id, Id) et
The Stongest Man in the World (Id, 1975). En plus d'une dizaine d'années, il deviendra l'acteur favori du studio et une figure célèbre et connue du grand public. Comme son père avant lui, il se lance parallèlement dans une carrière de joueur de baseball. Malheureusement une blessure à l'épaule l'oblige à abandonner, lui laissant tout le champ libre pour se concentrer sur sa carrière d'acteur. Après divers téléfilms dans des genres bien différents à ses projets Disney, comme le thriller
The Deadly Tower (Jerry Jameson, Id), film inspiré de faits réels dans lequel il joue Charles Joseph Whitman, qui après avoir massacré sa famille, se mis à jouer au sniper du toit d'un immeuble, Russel fait enfin la rencontre de
John Carpenter sur le téléfilm
Le Roman d'Elvis (1979), pour lequel il est nominé au Golden Globes. C'est alors l'heure d'un nouveau départ.
L'acteur et le jeune réalisateur, qui sort du succès d'
Halloween peu de temps avant, s'entendent à merveille. Ensemble ils enchaînent sur le premier véritable grand rôle de Russell au cinéma, celui pour lequel il devient et restera célèbre, Snake dans
New York 1997 (1981). Le film fera l'objet d'un culte, tout comme son personnage dont l'auteur de jeux vidéo Hideo Kojima s'inspirera pour créer le héros de la célèbre série
Metal Gear. Il ira même jusqu'à s'inspirer du titre original du film d'animation Disney
Rox et Rouky (
The Fox and the Hound, Id) auquel Russell a prêté sa voix. La composition de ce personnage de mercenaire marginal et insoumis, vieux cow-boy ironique, anar et hawksien défiant toujours l'autorité, l'acteur l'interprète à merveille, de tout son charisme, son magnétisme, sa virilité, son charme insolent et surtout sa voix. Si
Carpenter lui fera réendosser endosser sa panoplie de Snake en 1996 dans une suite inégale,
Los Angeles 2013, entretemps les deux hommes signent un génial et radical remake du film de science fiction de
Hawks,
The Thing (1982), puis font un bel hommage avant-gardiste au cinéma de Hong Kong avec
Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986), qui malheureusement fera un bide.
A côté il montre ses talents pour le thriller dans
Le Mystère Silkwood (
Mike Nichols, 1983) et
Un Eté pourri (Philip Borsos, 1985), rencontre
Goldie Hawn, sa future compagne, sur le tournage de
Swing Shift (Jonathan Demme, 1984), qu'il retrouve pour la comédie romantique
Un couple à la mer (Gary Marshall). Il s'essaie aussi à la comédie sportive aux côtés de
Robin Williams dans
La dernière passe (Roger Spottiswoode, 1986), puis décidément à sa place dans le thriller, il joue un flic en quête de promotion face à
Mel Gibson en dealer dans
Tequila Sunrise (Robert Towne, 1988), beau film noir sur fond d'amitié et de triangle amoureux. Il enchaîne ensuite avec
Stallone sur le sympathique
Tango et Cash (Andrei Konchalovsky, 1989). Aussi à l'aise en gunner cynique qu'en lover charismatique, il manie aussi très bien la lance à incendie pour
Ron Howard dans
Backdraft (1991). Mari de Madeleine Stowe dans le thriller
Obsession fatale (Jonathan Kaplan, 1992), il se fait piéger par
Ray Liotta en flic psychopathe avant de passer par le western et d'incarner le légendaire Wyatt Earp dans
Tombstone (George P. Cosmatos, 1993). Portant très bien l'uniforme et décidément les flingues, il devient colonel dans le tristement inoubliable
Stargate (
Roland Emmerich, 1994), puis il s'égare sans conviction dans
Ultime décision (Stuart Baird, 1996), où il éclipse rapidement
Steven Seagal. Après l'échec de
Los Angeles 2013, on le retrouve avec plaisir en mari aux abois dans
Breakdown (1997) du jeune et doué
Jonathan Mostow, un thriller nerveux et éprouvant sur les traces de
Duel de Spielberg.
Après le film d'action SF foiré
Soldier (Paul W.S Anderson, 1998) qui fait un beau bide au box office, Kurt fait une pause, puis revient sur les écrans en 2001 pour
Destination : Graceland (Demian Lichtenstein), où il fait équipe avec
Kevin Costner afin de braquer un casino durant une convention de fans d'Elvis, personnage qu'il retrouve décidément souvent (c'était lui aussi dans
Forrest Gump de
Zemeckis). La même année on le croise chez Cameron Crowe dans le dispensable
Vanilla Sky, la suivante retour au thriller sous pression avec
Dark Blue (Ron Shelton, 2002), adapté de
James Ellroy. Suivront comme un invraisemblable retour au source quelques films familiaux inédits en France :
Miracle (Gavin O'Connor, 2004),
L'Ecole fantastique (Mike Mitchell, 2005),
Dreamer: Inspired by a True Story (John Gatins, Id), puis un film catastrophe à mi-chemin entre le jeu vidéo et le 09/11,
Poséidon (Wolfgang Petersen, 2006). Kurt Russell retrouve enfin un rôle à sa mesure grâce à
Quentin Tarantino, qui le transforme en gadget sexuel détraqué et psychopathe au volant d'un bolide mortel dans
Grindhouse : Death Proof (
Boulevard de la mort). Son meilleur rôle depuis longtemps. A noter enfin qu'il apparaît dans
Cutlass (Id), le premier court-métrage de sa belle fille, l'actrice
Kate Hudson, fille de
Goldie Hawn, où jouent également
Virginia Madsen et la jeune surdouée Dakota Fanning.