Lech Kowalski, cinéaste documentariste indépendant d'origine polonaise, a grandi aux Etats-Unis, au gré des déménagements familiaux. A l'université, il fait une rencontre décisive en la personne de
Shirley Clarke, l'une des figures de proue du cinéma vérité américain, dont l'influence sera majeure pour son œuvre à venir. D'abord cadreur sur diverses productions pornographiques, il ne tarde pas à mettre à profit cette expérience par l'écriture et la mise en scène de
Sex Stars (1977) et
Walter and Cutie (1978), ses deux premiers films.
Après
Smuggles (1979) qui révèle définitivement son attachement envers les populations marginales et son sens de l'expérimentation visuelle, Kowalski réalise
D.O.A, A Right of Passage (1981) sur le groupe punk des
Sex Pistols. Intitulé d'après le slogan-phare de cette génération no future,
Death On Arrival, portrait fiévreux tourné durant l'unique tournée américaine du groupe en 1978, devient rapidement culte aux States et en Angleterre.
Témoin de son temps, qu'il s'agisse de la scène punk new-yorkaise ou du quotidien des habitants de son quartier du Lower East Side, le cinéaste s'intéresse à la vérité de la rue, qu'elle se manifeste chez un junkie (
Gringo, 1984), dans la street culture via l'émergence de la breakdance (
Breakdance Test, id) ou par l'entremise de projet solidaire, à l'image de la cantine tenue par les sans abris de
Rock Soup (1991).
Chico and the People (id), qu'il structure autour d'une improvisation du grand saxophoniste Chico Freeman, et
Under Underground (1997) lui permettent par la suite de renouer avec sa passion musicale avant la mise en chantier de trois grands films.
Punk, Rap, Grunge : a Serie of Shorts for the Rock and Roll of Fame ;
Born to Loose : The Last Rock and Roll Movie (2001), consacré au pionnier du mouvement punk,
Johnny Thunders, le leader emblématique des
New York Dolls et Heartbreakers ;
Hey Is Dee Dee Home (2003), interview - portrait de
Dee Dee Ramone, l'une des figures emblématiques de la scène punk new-yorkaise.
En parallèle, Kowalski, de retour en Europe, se lance dans les deux premiers volets d'une trilogie qu'il nomme
The Fabulous Art of Surviving, par laquelle il tente de poser son regard sur la Pologne contemporaine. Alors que
The Boot Factory (2000) se présente comme une chronique sociale autour de jeunes punks qui ont fondé une fabrique de chaussures à Cracovie,
On Hitler's Highway (2002) est un road movie, empreint de douleur et de poésie, que viennent ponctuer les rencontres avec les usagers de cette route construite dans la souffrance par les prisonniers de guerre.
Cinéaste prolifique, Kowalski est aussi l'auteur de
Camera Gun (2003) et
Charlie Chaplin in Kaboul (2003), tous deux marqués du sceau des événements du 11/09 ;
Journal d'un homme marié (2005) où il aborde de front tabous sexuels, puritanisme et solitude ;
East of Paradise (2005), le dernier volet de sa trilogie polonaise ; et récemment
Winners and Losers (2007), qui, dans un registre plus léger, se penche sur les supporters de la Coupe du Monde 2006.