L'oeuvre d'art possède un impact sur le monde d'aujourd'hui. ”
Jean-Pierre, l’aîné est né le 21 avril 1951 à Engis, en Belgique. Luc vient agrandir la famille trois ans plus tard. Adolescents, ils traînent leurs baskets et leurs patins à roulettes (on disait comme ça dans les années 60) à Seraing, banlieue industrielle quelque peu déprimante de Liège. Le climat si particulier les inspire tout au long de leu carrière. Ils y tourneront la plupart de leurs films. Jean-Pierre étudie l’art dramatique à l'Institut des arts de diffusion de Bruxelles. Son frère Luc étudie la philosophie avant de le rejoindre en tant qu’assistant du professeur d’art dramatique de ce dernier. Leurs destins sont déjà plus que liés. C’est sous cette tutelle qu’ils commencent à tourner des vidéos militantes dans différentes cités ouvrières de Wallonie, dans lesquelles ils dénoncent la condition des habitants. En 1975, ils créent leur propre maison de production Dérives. Ils ont la volonté de s’exprimer librement sur les ruptures sociales de leur pays et pour cela, ne doivent pas avoir de comptes pécuniaires à rendre. Ils commencent par des documentaires (une cinquantaine en tout) puis produiront, par la suite, des films. En 1978, ils débutent le tournage d’une série documentaire sur la résistance anti-fasciste ou la mémoire ouvrière en Belgique. En 1987, il changent de registre et tournent leur premier long-métrage. Ils rédigent le scénario de
Falsch avec Jean Gruault, le scénariste de Truffaut. Le film trace le portrait d’un survivant des camps d’extermination. Après
Je pense à vous, qui fait une sortie discrète, ils commencent à se faire remarquer des cinéphiles avec
La Promesse, en 1996. Le film retrace le quotidien sordide de l'immigration illégale, avec en filigrane, celle, plus intime d’un fils entre rébellion et soumission. La réalisation méticuleuse, proche du documentaire, met en exergue l’intensité des émotions. Les frères Dardenne sont couverts d’une pluie de récompenses, qui ne sauront égaler la reconnaissance suprême qui ne tardera pas à arriver. En 1999, ils décrochent la Palme d’Or avec
Rosetta, film sans compromis, qui dépeint l’acharnement d’une jeune ouvrière en face de l’effrayante perspective du chômage. Caméra à l’épaule, les réalisateurs suivent
Emilie Dequenne, dans un combat dont on ne sait plus s’il est réel ou fictif. Elle obtiendra pour ce rôle le prix d’interprétation féminine. En 2002, ils réalisent
Le Fils, qui vaut à
Olivier Gourmet le prix d’interprétation masculine. Ils produisent
Le Couperet de
Costa-Gavras, en 2005. Ils n’abandonnent pas pour autant leur sacerdoce, le réalisation. Ils mettent de nouveau en scène
Jérémie Renier, en jeune père lâche, dans
L'enfant, qui reçoit la Palme d'Or au Festival de Cannes 2005.