De l'anti-héros névrosé (
Darkman), en passant par les figures héroïques et historiques (
La Liste de Schindler,
Michael Collins), ou la comédie romantique (
Love Actually), Liam Neeson a su s'imposer dans la diversité. Irlandais d'origine, il se lance dans la boxe à neuf ans (il en gardera le souvenir d'un nez cassé) avant de se découvrir une passion pour la scène en jouant dans une pièce à l'école. Il passe alors d'une pièce à l'autre durant ses études au collège et au lycée, pour ensuite se révéler en tant que footballeur à l'Université. Ne réussissant pas à épouser une carrière sportive professionnelle, il navigue d'un petit boulot à l'autre (chauffeur, conducteur de chariot chez Guinness, enseignant, assistant architecte) avant de passer une audition à la Lyric Players' Theatre company de Belfast. Engagé, celle-ci lui permet de faire ses premiers pas professionnels sur scène en 1976 dans
The Risen People. Deux ans passent, et Neeson part pour Dublin afin de rejoindre l'Abbey Theatre, pour qui il joue en 1980 dans une adaptation de Steinbeck,
Des souris et des hommes. Si Neeson a alors fait quelques brèves apparitions au cinéma, notamment dans
Piligrim's Progress et
Christiana (Ken Anderson, 1979), dans la salle, le réalisateur Johnn Boorman le repère et lui confie le rôle de Gawain dans
Excalibur (1980). Le premier film important de Liam Neeson et une œuvre qui fera date dans l'histoire du cinéma.
Liam Neeson s'envole ensuite pour Londres pour continuer sa carrière au théâtre tout en acceptant quelques rôles au cinéma, entre autres dans le film d'heroic fantasy
Krull de Peter Yates (1983). Après avoir décroché un rôle aux côtés de
Mel Gibson et Anthony Hokins dans
Le Bounty (Roger Donaldson, 1984), il apparaît dans quelques films à petit budget et diverses séries télé avant de jouer chez
Roland Joffe dans
Mission (1986) avec
Jeremy Irons. En 1987, après quelques expériences américaines dont la série
Ellis Island les portes de l'espoir (1984) et
Miami Vice (1986), Neeson part pour Hollywood afin de donner un coup de nerf à sa carrière. Il y retrouve plusieurs réalisateurs britanniques en exil momentané, Mike Hodges pour
A Prayer for the Dying (1987) avec
Mickey Rourke en terroriste de l'IRA, Peter Yates pour son thriller
Suspect dangereux (Id) avec
Cher et
Dennis Quaid. Il ne tarde alors pas à dérocher des rôles et à enchaîner les films : réalisateur dont le scénario devient réalité pour
Clint Eastwood dans
L'inspecteur Harry est la dernière cible (Buddy Von Horn, 1988) ; compagnon de
Diane Keaton dans
The Good Mother (
Leonard Nimoy, Id) ; frère de
Patrick Swayze dans
Un flic à Chicago (John Irvin, 1989). En 1990 il décroche son premier rôle en tête d'affiche,
Darkman de
Sam Raimi. Le film est un succès d'estime, mais l'acteur s'impose avec un réel sens de la tragédie moderne : scientifique défiguré et vengeur embarqué dans un bel hommage au classique de la science fiction et du cinéma d'horreur, il donne à son personnage une profondeur dramatique tortueuse et pourtant limpide.
La Liste de Schindler et autres figures
Suivront quelques thriller en tous genres :
Faute de preuve (Simon Moore, 1991),
Une lueur dans la nuit (David Seltzer, Id), pour une version plus romantique. En 1992 il rejoint le casting de
Maris et femmes de
Woody Allen, puis passe par Broadway où il joue dans
Anna Christie. Son interprétation tape dans l'œil de
Steven Spielberg qui lui offre le rôle d'Oskar Schindler dans
La Liste de Schindler (1993), personnage inspiré de faits réels et ayant sauvé la vie d'un millier de juifs durant la seconde guerre mondiale. Pourtant profondément discutable, le film est considéré comme un chef d'œuvre et l'acteur est nominé aux Oscars. Sa performance, toute en nuances et d'un humanisme plus vraisemblable que symbolique ou démagogique, donne au personnage une réelle crédibilité. Neeson devient alors un acteur de premier plan. Il est docteur dans
Nell (Michael Apted, 1994) daux côtés de Jodie Foster qui a vécu coupée du monde ; légende de l'Histoire écossaise dans
Rob Roy (Michael Caton Jones, 1995) ; père de famille dissimulant le meurtre de son fils dans
Before and After de
Barbet Schroeder (1996) ; chef de file de la révolution irlandaise pour Neil Jordan dans
Michael Collins (Id) ; ou encore Jean Valjean dans
Les Misérables de Bill August (1998). Après un retour sur scène en 1998 pour jouer Oscar Wilde dans
The Judas Kiss, Neeson est appelé par
George Lucas qui lui confie le rôle du Jedi Qui-Gon Jinn dans le premier chapitre de sa nouvelle trilogie Star Wars,
La Menace fantôme (1999). Malgré la platitude des dialogues et le fait de jouer devant des fonds vert, l'acteur prend son rôle au sérieux et laissera sa marque dans la saga.
Comme son personnage de Jedi meurt à la fin de l'épisode, Neeson est libre de voguer vers d'autres expériences. En 2000 il passe ainsi par la comédie romantique avec
Gun Shy (Eric Blakeney), puis devient capitaine de sous marin soviétique face à Harrison Ford dans
K-19: le piège des profondeurs (Kathryn Bigelown 2002), avant d'intégrer le casting du très attendu
Gangs Of New York de
Martin Scorsese (Id), dans lequel il joue, au début du film, le père de Leonardo Di Caprio et leader des Dead Rabbits. L'année suivante, veuf tentant d'approfondir ses relations avec son fils, il repasse par la comédie romantique (britannique et chorale) avec
Love Actually (Richard Curtis, 2003), puis incarne le sexologue Alfred Kinsey dans le biopic de
Bill Condon,
Dr Kinsey (2004).
Ridley Scott l'embarque ensuite dans sa fresque historique au temps des croisades,
Kingdom of Heaven (2005), tandis que
Christopher Nolan le transforme en mentor et ennemi de
Christian Bale dans
Batman Begins (Id). Après avoir retrouvé Neil Jordan sur
Breakfast of Pluto (Id), Neeson se plante avec
Pierce Brosnan dans
Seraphim Falls (David Von Ancken, 2006), film inédit en salles. Il ne reviendra alors que deux ans plus tard dans le thriller produit par
Luc Besson,
Taken (
Pierre Morel, 2008). Il est enfin attendu dans
The Other Man (Richard Eyre, Id),
Five Minutes of Heaven (Oliver Hirschbiegel (Id),
After Life (Agnieszka Wojtowicz-Vosloo, 2009) et surtout
Lincoln, le biopic d'Abraham Lincoln par
Steven Spielberg.