| 1 | This Is It |
| 2 | Le Petit Nicolas |
| 3 | Micmacs à tire-larigot |
| 4 | Lucky Luke |
| 5 | Clones |
| 6 | G-Force |
| 7 | Tempête de boulettes géantes |
| 8 | Cinéman |
| 9 | Le Ruban blanc |
| 10 | Jennifer's Body |
| . | Entretien avec Jean-Pierre Jeunet |
| . | Entretien avec Vincent Patar et Stéphane Aubier |
| . | Entretien avec Katsuni |
| . | Entretien avec Simone Bitton |
| . | Entretien avec Sebastián Silva |
| . | Les interviews Cinéma |
| . | The Box |
| . | Les Herbes folles |
| . | Visage |
| . | Le Concert |
| . | Away We Go |
| . | Clones |
| . | Irène |
| . | Panique au village |
| . | Les critiques Cinéma |
|
Nationalité : française Naissance : 14 octobre 1937 à Paris Age : 72 ans Métiers : Acteur, Réalisateur, Producteur de cinéma, Scénariste de cinéma |
Si Luc Moullet a tiré le portrait de Jean-Luc Godard dans son film Jean-Luc par Luc (2006), c'est qu'il existe entre eux bien plus qu'un prénom commun. Moullet pourrait en effet être considéré comme le versant comique de Godard. Il intègre les Cahiers du cinéma peu de temps après le Suisse. Il a dix-huit ans alors, et curieusement c'est bien lui le plus « jeune loup du cinéma français », Rivette, Truffaut and co. ayant déjà la trentaine. Plus jeune donc, mais aussi plus provincial puisqu'il vient des Alpes, et qu'il y tient. Alors que les petits-bourgeois de la Nouvelle Vague passent tous à la mise en scène avec succès, Moullet s'invente un parcours à l'image de ses paysages fétiches : sinueux, rocailleux, insaisissable. Mais avant tout : hilarant.
Luc Moullet-critique aime les acteurs (il écrit une Politique des acteurs), les cinéastes qui voyagent (Bunuel, Lang) et les grandes fresques (King Vidor compte parmi ses cinéastes de chevet). Luc Moullet-cinéaste fauché s'essaie à tous les genres, tourne beaucoup dans sa région, et développe un regard mi-critique mi-amusé sur notre société. Annulant les frontières entre documentaire et fiction, Luc Moullet invente un genre de documenteur burlesque, avec le génial Terres Noires (1961), qui dresse la comparaison de deux minuscules villages perdus, le premier dans les Alpes et le second dans les Pyrénées. Il fera de son premier long-métrage de fiction, Brigitte et Brigitte (1966) une sorte d'extension de ce film, les deux héroïnes sortant directement de ces deux villages paumés. Un geste révélateur de son univers.
Avec le mythique Une Aventure de Billy le Kid (1971), il emploie l'acteur fétiche de la Nouvelle Vague, Jean-Pierre Léaud, pour un western burlesque filmé dans les roubines, ces paysages alpins incroyables qui inspirent le cinéaste, et où il réside la plupart du temps. Ce film totalement délirant reste pourtant une exception puisque Moullet tourne tous ses films avec une équipe réduite d'habitués, pas de stars, et des budgets dérisoires. Utilisant d'une façon exceptionnelle les particularités géographiques et géologiques des espaces qu'il choisit, le cinéaste renvoie souvent ses personnages à leur petitesse physique, face à la grandeur d'une nature pas totalement maîtrisée : l'hommage aux terrils du nord rendu dans La Cabale des oursins (1991), les Alpes dans Le Système Zsygmondy (2000) ou Les Naufragés de la D17 (2002).
Cinéaste alpiniste et marcheur, Moullet pose aussi son regard, avec distance et ironie, sur les évolutions de notre société moderne : Le Ventre de l'Amérique (1996), Barres (1984) où il explique démonstration à l'appui comment frauder pour entrer dans le métro, Aérroporrrr d'Orrrrrly (1990), l'Empire de Médor (1986) où comment les chiens deviennent des individus de substitution.... Mais aussi Foix (1994), où comment se moquer d'une ville où rien ne semble fonctionner, tout en semblant faire un documentaire promotionnel... L'ironie du cinéaste touche juste, va très loin, par le biais de sa voix et de son phrasé au rythme lent et appliqué, avec un art consommé du commentaire gaguesque.
Mais s'il se délecte et souligne avec brio les petites invraisemblances du quotidien, Moullet se moque aussi de lui-même, dans une série de films faussement autobiographiques, où Moullet acteur devient l'alternative la plus évidente à Buster Keaton. Essai d'Ouverture (1988), son film le plus « culte », le montre ainsi aux prises avec une bouteille de Coca en verre, qu'il mettra à peu près toute sa vie à tenter d'ouvrir de toutes les manières possibles, avant d'y arriver parfaitement au jour de sa mort. Avec Ma Première Brasse (1981), sans doute un de ses films les plus hilarants, il apprend bien tardivement à nager. Et dans Anatomie d'un Rapport (1975), ce n'est rien moins que sa vie sexuelle qu'il met en scène, avec sa propre femme comme actrice, et un regard amusé sur la sexualité post 68.
Avec pas moins de 38 films, essentiellement des court métrages, Luc Moullet a construit une œuvre qui n'a rien à envier aux autres « grands » de la Nouvelle Vague. Il est donc temps de le redécouvrir, vite, maintenant, et de saluer comme il se doit son génial sens burlesque et la finesse de ses observations. Pour laisser le mot de la fin à son ami Louis Skorecki : « On va rire à Moullet... jusqu'à en crever ».
| Personnalités Similaires | Jean-Luc Godard, François Truffaut, Alain Fleischer, Jacques Rivette |
| Collaborations | Jean-Pierre Léaud |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z