On en est au stade de la compréhension et du pardon. Je lui en ai beaucoup voulu mais, à l’arrivée, j’ai choisi de lui pardonner et de le supporter jusqu’à la fin.
(sur son travail avec Wong Kar-Wai, Les Inrokuptibles)
”
Partie vivre en Angleterre avec sa famille quand elle avait 8 ans, Maggie Cheung retourne à Hong Kong après le lycée et fait ses armes dans le mannequinat. Elle obtient des petits rôles pour la télé, mais décroche très vite le jackpot en tournant dans l’énorme succès commercial de
Jackie Chan,
Police story. Elle enchaîne alors les comédies burlesque ou romantiques, cadre duquel
Wong Kar-Wai l’aide à sortir en l’enrôlant dans son premier film,
As Tears Go By (1988). Les meilleurs auteurs de Hong Kong la convoitent alors, et elle accumule les récompenses en Asie. Elle obtient aussi le Prix d’interprétation féminine au festival de Berlin en 1992 pour son rôle dans
Center Stage, de Stanley Kwan. Elle alterne comédies à succès et films d’auteur à un rythme effréné, allant parfois jusqu’à travailler sur cinq films à la fois, jusqu’au milieu des années 1990. Proche de la rupture, elle décide alors de ralentir le tempo et songe même à mettre fin à sa carrière. Mais c’est un petit Français qui la fait changer d’avis. En 1995,
Olivier Assayas (qu’elle épousera puis dont elle divorcera par la suite) lui propose en effet de jouer son propre rôle dans
Irma Vep et l’initie à une carrière internationale. Restée fidèle à
Wong Kar-Wai, elle est dans presque tous ses films, dont le très esthétique
In the Mood for Love, qui grave dans l’esprit de nombre de spectateurs cette image retenue et sensuelle qui, de ses dires, ne lui ressemble pourtant pas.