Marc Forster est devenu célèbre pour avoir offert l'Oscar de la meilleure actrice à
Halle Berry avec
A l'ombre de la haine. D'origine allemande mais de nationalité suisse, il grandit à Davos. Son père est alors médecin et sa mère architecte, ils ont dû fuir l'Allemagne de l'ouest après avoir été blacklistés par le Baader-Meinhoff, faction germanique de l'Armée rouge (RAF). A douze ans, Marc Forster va pour la première fois au cinéma, il découvre
Apocalypse Now (
Francis Ford Coppola, 1979). Il en ressort profondément marqué et se décide à faire carrière dans le cinéma. En 1990 il s'envole pour New York où il étudie pendant trois ans à la Tisch Shcool of the Arts. Il y réalise alors différents documentaires pour des chaines de télévision européennes :
Silent Window, sur le suicide chez les adolescents, et
Our Story à propos des enfants brûlés. Il s'exile ensuite pour Los Angeles en 1995, tournant pour 10 000$
Loungers, lauréat du prix du public au Slamdance Film Festival. Cinq ans plus tard, Forster se fait repérer à Sundance où il présente son second long métrage,
Everything Put Together (2000), un drame familial et psychologique avec
Radha Mitchell. Il réalise dans la foulée
A l'ombre de la haine (2001), qui lui apporte la consécration par l'intermédiaire de son actrice,
Halle Berry, qui remporte l'Oscar pour son interprétation d'épouse d'un condamné à mort. Malgré sa lourdeur et son hypocrisie, cette histoire de rédemption est un succès.
Désormais dans le giron des auteurs convoités, Marc Forster n'a pas de mal à faire sa place à Hollywood. Il revient ainsi en 2004 avec le remarqué
Neverland dans lequel
Johnny Depp interprète l'auteur de Peter Pan. Malgré son manque d'imagination, d'humour, de grâce, cette gentille fable proprette et sans risque recueille les faveurs du public tout en laissant une partie de la critique bien dubitative. L'année suivante Forster enchaîne sur
Stay (2005), un psychothriller avec
Ewan McGregor. Incompréhensible et bourré d'invraisemblances, banal et inutilement sophistiqué, le film est un échec. L'auteur poursuit alors avec
L'Incroyable destin de Harold Crick (2006), où
Will Ferrell, qui pour une fois ne fait pas le bouffon, entend la voix d'une romancière commentant sa vie. Présenté comme une comédie, le film manque sérieusement d'humour, un comble. Toutefois les acteurs se révèlent plutôt convaincants et sauve un pitch original mais mal digéré. Forster passe ensuite aux
Cerfs-volants de Kaboul (2007), l'histoire vraie d'un jeune Afghan ayant fui son pays dans les années 70. Si le film a le mérite de jeter un éclairage humaniste sur les musulmans pour un public américain supposé bourré de préjugés, le film n'en demeure pas moins grossier et entièrement soumis à une vision biaisée et manichéenne de l'Histoire et la réalité. Le style de Forster n'est pas connu pour faire dans la nuance. On a ainsi de bonnes raisons de se méfier quand on apprend qu'il succède à
Martin Campbell pour les nouvelles aventures de James Bond,
Quantum of Solace (2008).