J’aime les monstres. ”
Née le 21 janvier 1962, Marie Trintignant était une enfant du cinéma. Fille de l’acteur Jean-Louis et de la cinéaste Nadine Trintignant, elle grandit entre les caméras, sur les plateaux de tournage. A l’âge de 4 ans, elle apparaît aux cotes de son père dans
Mon amour, mon amour. Elle se rêve pourtant vétérinaire. En 1978, elle débute une carrière d’actrice. Fini veaux, vaches, cochons. Elle tourne dans
Une Nuit d’été en ville de Michel Deville et dans
Série Noire d’
Alain Corneau. Mais dotée d’une timidité maladive, elle continue de prendre des cours de théâtre pour dépasser ses angoisses.
Claude Chabrol, qui l’a connue enfant, est fasciné par la voix étonnante de la femme qu’elle est devenue. En 1988, il lui confie un rôle dans
Une affaire de Femmes, puis, en 1992, elle sera Betty, dans le film éponyme. Marie Trintignant devient alors une habituée des rôles marginaux. Dans les années 1990, elle en incarne plusieurs dans des comédies, comme Cible émouvante ou encore ...Comme elle respire, deux films de
Pierre Salvadori où elle donne la réplique à
Guillaume Depardieu, ou encore,
Les Marmottes, d’
Elie Chouraqui. Elle sait se diversifier et devient une actrice difficile à ranger dans un registre précis. Elle joue dans
Les démons de Jésus, comédie cynique de Bernie Bonvoisin (1997), dans
Promenons nous dans les Bois, film d’horreur de Lionel Delplanque (2000), dans
Le Prince du Pacifique, film d’aventure d’
Alain Corneau (2000). Elle sera nominée 5 fois aux Césars. En outre, elle prête son timbre de voix si particulier au personnage de la Comtesse Seminova dans le long-métrage d'animation
Corto Maltese, la cour secrète des arcanes. Féministe convaincue, elle avait joué en 2000, sous la direction de Nadine Trintignant, le rôle d'une militante du droit à l'avortement dans le téléfilm
Victoire ou la douleur des femmes. Cynique ironie du destin, elle mourra en femme battue.
Bertrand Cantat, chanteur de
Noir Désir et compagnon de Marie, vient la rejoindre sur le tournage du film
Colette, à Vilnius en Lituanie. Au cours d’une dispute, il la frappe à mort. Rapatriée à Paris, elle est décédée le 1er août 2003, des suites d’un oedéme cérébral. Elle était mère de quatre enfants : Roman, qu’elle avait eu avec le batteur du groupe
Téléphone, Richard Kolinka, Paul, fils de l'acteur
François Cluzet, Léon fils de Mathias Othnin-Girard et Jules, fils du réalisateur metteur en scène
Samuel Benchetrit.