Depuis une petite dizaine d'années et sans qu'on sache trop expliquer pourquoi sinon que le comique au féminin est plus rare, Marina Foïs est devenue l'une des actrices les plus populaires du cinéma français. Populaire au moins pour les réalisateurs, le public c'est peut-être une autre histoire, car pas sûr que ses films soient un carton systématique au box-office. Quoiqu'il en soit, Marina Foïs a flashé sur le théâtre à son adolescence. Elle commence donc en solo en jouant dans quelques pièces, puis rejoint la troupe
The Royal Imperial Green Rabitt Compagny, bientôt appelée et plus connue sous le nom des
Robins des bois, dont la pièce
Robin des bois d'à peu près Alexandre Dumas connaît un certain succès.
Dominique Farrugia, ancien compagnon des Nuls,
Orson Welles de la comédie potache, promu directeur producteur et tout ce que vous voudrez sur la chaîne Comédie s'intéresse alors à ces gais lurons pratiquant l'humour lo-fi comme personne. Leur mélange de loose totale, d'improvisation je m'enfoutiste, de dérision et d'énième degré trouve alors sa place dans
La grosse émission où la petite bande enchaîne les sketchs entre 1997 et 1999.
Comme tout ce qui marche sur les chaînes du groupe Canal + finit toujours chez Canal +,
Les Robins des bois rejoignent
Nulle part ailleurs pour amuser la galerie. Immédiatement, triomphe, le public adhère. Pour Marina Foïs, tout ceci lui sert à jouer des rôles caricaturaux du niveau d'un sketch joué en classe verte à l'école primaire. Mais soit, c'est l'état d'esprit, profondément régressif, limite un peu débile, de leur humour, et puis ça marche d'autant plus que l'actrice a du charme, ce qui n'est pas sans contraste. Parallèlement, Marina fait du cinéma, où elle a commencé bien avant la télévision. On la retrouve notamment dans ces chefs d'œuvre que sont
Casque bleu (1994) de
Gérard Jugnot et
Serial lover (1998) de James Huth. A partir de la fin des années 1990, par son succès à la télévision, l'actrice commence à enchaîner les rôles au cinéma.
Farrugia la prend pour son navet
Trafic d'influence (1999), elle obtient un rôle dans
Mille bornes (1999) d'Alain Beigel puis dans
La Tour Montparnasse Infernale (2001) aux côtés d'
Eric et Ramzy.
Après son apparition dans A
stérix et Obélix Mission Cléopâtre (2002), Marina multiplie les rôles, le cinéma français prenant conscience qu'il se passe un truc avec elle. L'actrice devient ainsi une spécialiste des comédies pas toujours du meilleur goût ni forcément à hurler de rire. On la retrouve alors dans
Le Raid (2002) de Djamel Bensalah, comédie nulle vendue très chère sur un gros malentendu qui ne réveillera jamais son réalisateur dont la fortune personnelle lui permet toutes les excentricités. Elle croise par deux fois la route de Claude Duty pour des rôles plus étoffés où elle ne fait plus seulement l'idiote :
Filles perdus cheveux gras (2002) et
Bienvenue au gîte (2003). Elle tourne également pour, ou, avec les potes, ainsi du pas drôle du tout
RRRrrrr !!! (2004) d'
Alain Chabat (autre beau plantage commercial, plus drôle que le film en soi), de
Mais qui a tué Pamela Rose (2003) de
Kad et Olivier (ex de Comédie), ou encore
Casablanca driver (2004) de
Maurice Barthélémy et
Essaye moi (2006) de Pierre-François Martin Leval, tous deux anciens des
Robins des bois. Notons encore
Un ticket pour l'espace (2006), réalisé par son époux,
Eric Lartigau. Enfin, plus récemment Marina s'est essayée au contre-emploi (ça arrive) dans le pénible
Darling (2007) de
Christine Carrière.