Chef opérateur de génie connu pour ses jeux d'éclairages et ses trucages optiques sophistiqués, Mario Bava est surtout l'auteur des plus grands films d'horreur transalpin. Bien avant
Dario Argento (qui n'est que son disciple), c'est lui qui a popularisé le Giallo avec des films tels que
La fille qui en savait trop (1963) ou
Six femmes pour l'assassin (1964). On lui doit plusieurs chefs-d'œuvre comme
Le masque du démon (1960),
Le Corps et le fouet (1963),
La planète des vampires (1965),
Une hache pour la lune de miel (1970),
La baie sanglante (1971) et
Lisa et le diable (1973). Auteur également d'un grand film pop (
Danger Diabolik, 1968), son œuvre a combiné avec une extrême élégance l'érotisme à l'horreur. S'il a visité également d'autres genres comme le péplum, c'est dans l'épouvante que son esthétique a su s'affirmer avec le plus de soin et de méticulosité, atteignant des cimes de perversion macabre et de sensualité morbide, de recherches complexes sur la lumière, la couleur, l'espace ou les matières. Grand orfèvre capable de transformer n'importe quel scénario en mine d'or visuelle, Bava a laissé derrière lui une dizaine de films qui resteront comme les plus beaux joyaux du genre italien sinon mondial. Esthète obsessionnel fasciné par la mort, ses films sont de véritables opéras nécrophiles à la beauté troublante. Il sera l'une des influences majeures de
Tim Burton pour
Sleepy Hollow.