Mark Hamill demeurera à jamais Luke Skywalker, le jeune et valeureux Jedi de la saga intergalactique
Star Wars, épisodes 4, 5 et 6. Un rôle qui changea définitivement sa carrière d'acteur en lui apportant une gloire sans précédent, mais qui de manière simultanée la stoppa dans son élan. Pourtant ses débuts s'annonçaient prometteurs, et à l'image d'Harrison Ford, les films de George Lucas devaient être pour lui une promesse d'avenir radieux. Il n'en fut rien tant Hamill souffra de l'aura de son alter ego fictionnel dont l'ombre le figea dans une éternelle jeunesse.
Elevé au sein d'une famille de sept enfants dont il est l'aîné, il passe son enfance en Californie et au Japon en raison de la profession de son père, capitaine dans l'US Navy. Diplômé en art dramatique du Los Angeles City College, il obtient rapidement, dès 1970, ses premiers rôles à la télévision, dans les séries populaires de l'époque comme
The Bill Cosby Show (1970),
The Partridge Family (1971) ou
General Hospital (1972-1973), et dans quelques téléfilms. En 1977, après avoir participé à deux épisodes du show policier
Les Rues de San Francisco,
George Lucas le choisit pour interpréter l'un des rôles principaux de son grand projet de space opera
Star Wars : Episode 4 - Un Nouvel espoir (id). Tourné dans des conditions difficiles et sans réel entrain de la part de l'équipe technique et des acteurs, le film connaît lors de sa sortie un succès phénoménal, propulsant Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford au premier plan. La mythologie Star Wars fonctionne à plein régime, si bien que le film devient rapidement l'objet d'un culte sans précédent.
La gloire...
Sa carrière lancée, Hamill poursuit avec la comédie teenage
Corvette Summer (Matthew Robbins, 1978), mêlant carrosseries rutilantes et belles poupées. Grâce à la popularité de l'acteur, le film fait un carton en salles. En 1980, il retrouve le réalisateur barbu, cette fois en tant que producteur, pour un nouvel épisode de sa saga, assurément le meilleur en termes d'enjeux dramatiques,
Star Wars : Episode 5 - L'Empire contre-attaque (Irvin Kershner). Le public est une nouvelle fois au rendez-vous, attestant de la place unique qu'est en train de prendre l'œuvre de Lucas dans l'histoire du cinéma américain. La même année, l'acteur prend le risque de participer à l'impressionnant film de guerre de
Samuel Fuller,
Au-delà de la gloire, dans lequel il incarne avec conviction un jeune soldat d'infanterie sous les ordres de Lee Marvin. Un changement de registre salutaire, prouvant qu'Hamill peut exister en dehors de l'univers Star Wars, mais qui restera pour ainsi dire, au fil des années, lettre morte.
... et ses revers
En effet, à partir de
Star Wars : Episode 6 - Le Retour du Jedi (Richard Marquand, 1983), dernier volet provisoire de la série, Hamill, à l'inverse de son collègue
Harrison Ford, ne croule pas sous les propositions. Il faut dire qu'il ne possède ni le charisme ravageur ni la palette de jeu de ce dernier. Les années 80 vont donc s'avérer délicates pour l'acteur, oscillant entre d'obscures séries B, quelques épisodes de séries télé et le doublage d'animés japonais comme
Nausicaä, la vallée du vent (1984) et
Le Château dans le ciel (1986) de
Hayao Miyazaki. Essayant de trouver un second souffle au théâtre, il enchaîne à cette période de nombreuses représentations à Broadway, comme celles d'
Amadeus de Peter Shaffer, une biographie romancée de Mozart. Un répit de courte durée avant de retourner à ses habitudes télévisuelles et à ses nanars (
Mutronics, Steve Wang, 1991), seul
John Carpenter semblant se souvenir de lui pour le film collectif
Petits cauchemars entre amis (TV, 1993) et le remake du
Village des damnés (1995) de Wolf Rilla.
Reconversion
De plus en plus handicapé par sa paralysie faciale, en raison d'un accident survenu peu de temps avant le tournage de
Star Wars : Episode 5 - L'Empire contre-attaque, Hamill se tourne alors vers le doublage, qu'il s'agisse de séries animées (
Red Planet, 1994 ;
Metalocalypse, 2006-2008) ou de jeux vidéo (
Wing Commander III, 1994 ;
X2- Wolverine's Revenge, 2003). Une activité qui va lui réussir puisqu'il est dsormais, depuis les années 90, un doubleur réputé et demandé, notamment pour les adaptations TV de comics, sa voix étant devenue pour des millions de fans celle du Joker dans les différentes versions des aventures de Batman. Ce qui ne l'empêche pas de revenir de temps à autre au cinéma, à l'image de son apparition dans
Jay et Bob contre-attaquent (
Kevin Smith, 2001). Histoire de se rappeler qu'il y a très longtemps, dans une galaxie très lointaine, il connut une gloire bien éphémère...