Mark Ruffalo, une figure encore peu connue du cinéma hollywoodien, et pourtant un acteur qui a déjà su témoigner de tout son charisme, sa présence virile et curieusement juvénile, son charme discret mais certain, sa voix douce et délicieusement nimbée d'un accent aux intonations ravageuses. Né dans le Wisconsin au sein d'une famille nombreuse aux racines italiennes et franco-canadiennes, Mark passe une enfance heureuse à Virginia Beach, en Virginie. Après le lycée, il part à Los Angeles où il s'inscrit aux cours de Stella Adler, puis participe à la création de la Orpheus Theatre Company, où il écrit, dirige et joue dans plusieurs pièces tout en travaillant comme barman. Il fait ses débuts au cinéma en 1992 dans
Rough Trade (Christopher Speidel), puis enchaîne les petits rôles durant les années 90 :
Un cadeau du ciel (Jack Lucarelli, 1994),
The Dentist (Brian Yuzna, 1996),
Casses en tous genres (John Hamburg, 1998),
Studio 54 (Mark Christopher, Id),
Chevauchée avec le diable (
Ang Lee, 1999). En 2000 le multi primé
Tu peux compter sur moi (2000) de Kenneth Lonergan, avec qui il a participé à écrire plusieurs pièces, le fait connaître du grand public tout en lui apportant enfin une certaine consécration. La critique encense sa performance, certains iront jusqu'à le comparer à un nouvel
Marlon Brando, sans doute pour son héritage italien et sa voix mélodieuse sinon hypnotique.
Le succès du film lui permet d'obtenir enfin des rôles plus importants. Après
Le Dernier Château (Rod Lurie, 2001) aux côtés de
Robert Redford, il devient le héros d'un triangle amoureux,
XX/XY (Austin Chick, 2002), puis rejoint le casting du film de guerre
Windtalkers, les messagers du vent (Id) de
John Woo. Solitaire amoureux de
Sarah Polley dans
Ma vie sans moi (Isabel Coixtet, 2003), il passe ensuite par la comédie romantique
Hôtesse à tout prix (Bruno Barretto, Id) et devient l'amant flic torturé de
Meg Ryan dans le prétentieux et clinquant
In the Cut de
Jane Campion (Id). Son charme et son physique lui permettent de vite devenir le héros et le lover idéal pour diverses intrigues amoureuses et romantiques :
We Don't Live Here Anymore (John Curran, 2004),
30 ans sinon rien (
Gary Winick, Id),
Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004),
Et si c'était vrai (Mark Waters, 2005),
La Rumeur court (
Rob Reiner, Id). Parallèlement il sait aussi s'imposer dans des personnages autrement plus troubles, violents, inquiets, où l'imper de flic lui va à merveille, comme en témoignent ses deux chefs d'œuvre,
Collateral (
Michael Mann, 2005) et surtout
Zodiac de
David Fincher (2007), dans lequel il impressionne par sa détermination et son sens moral au devant d'une enquête qui ne cesse de lui échapper.
Après le très dispensable thriller
Reservation Road (Terry George, Id) dont il se sort de justesse, il est le mari de
Julianne Moore dans
L'Aveuglement (
Blindness), fable fantastique du brésilien
Fernando Meirelles présentée à Cannes en 2008. Désormais acteur de premier plan et plébiscité par les studios, Mark Ruffalo est également à l'affiche de
Brothers Bloom (Rian Johnson, Id), où il devient maître de l'arnaque avec
Adrien Brody ; de
Margaret (Kenneth Lonergan, 2009) avec
Anna Paquin et
Matt Damon, sur l'histoire d'une jeune fille témoin d'un accident à New York dont elle cherchera à déterminer les causes ; de
Real Man Cry (Brian Goodman, Id) avec
Ethan Hawke, à propos de deux frères de Boston sombrant dans la criminalité ; et enfin de
Shutter Island (Id), le nouveau thriller de
Martin Scorsese avec
Leonardo DiCaprio et
Ben Kingsley. L'éternel amant qui fait palpiter très fort le cœur des filles semble enfin s'éloigner des films de midinettes, nul doute qu'il est promis à devenir l'un des plus grands acteurs américains de sa génération.