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Mathieu Kassovitz


Mathieu Kassovitz Nationalité : française
Naissance : 03 avril 1967
Age : 41 ans
Métiers : Acteur, Réalisateur
Dans mes rêves les plus fous, j'adorerais diriger Edward Norton, Robert De Niro ou Marlon Brando dans un film.

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Biographie de Mathieu Kassovitz

Mathieu Kassovitz c'est un peu le symbole d'une génération dans laquelle plus personne ne se reconnaît vraiment, celle des années 90 et sa prise de conscience politique tardive et confuse, celle qui se bat contre l'injustice sociale avec une volonté noble mais des moyens discutables. C'est cette culpabilité de petit-bourgeois simpliste criant au loup devant le FN, cette jeunesse prise de sempiternelles crises d'urticaire comme un réflexe pavlovien dès que le racisme pointe le bout de son nez. Un peu caricaturales et manichéennes, les œuvres de jeunesse de Mathieu Kassovitz ont ce souci de bien faire et de créer une réaction mais sans intelligence. Elles souffrent de cette absence de nuances, de savoir, d'un manque certain de culture et de connaissances. Elles ont néanmoins le souffle des causes perdues, cet élan juvénile et enthousiaste voulant nous ouvrir les yeux sur différents aspects à problème de la société. C'est pour cette raison que malgré leurs faiblesses, ces défauts qui font qu'ils ne rentreront probablement jamais dans l'Histoire, les films de Mathieu Kassovitz, ces films de jeunesse, Fierrot le pou (1990, CM), Métisse (1993), La Haine (1995), Assassin(s) (1997), ont au moins pour eux l'impulsion de l'instant, la force du geste, rappeler qu'on est là, qu'une flamme contestataire continue de vibrer dans ce pays. On les oubliera vite, d'ailleurs plus personne ne les regarde et n'oserait les défendre avec aplomb, mais avec un brin de rétrospection elles ont ce charme des années rebelles que l'on pardonne comme on donne l'absolution à nos erreurs d'adolescent.

Au fond Mathieu Kassovitz n'a été au commencement qu'une victime des idéaux socialistes des années Mitterand, son archétype cinématographique qui veut vraiment en découdre avec les skinhead, qu'il a raison d'haïr, lui le juif fils du réalisateur Peter Kassovitz. Si on osait une comparaison un peu hâtive, sa carrière ressemble de loin à celle de Spike Lee, cinéaste à sujet pour droits civiques, défenseur de la cause afro américaine et à la fois formaliste de talent lorsqu'il abandonne toutes velléités politiques aux couleurs Benetton. Si on osait encore, on pourrait par exemple faire une vague comparaison entre Do the Right Thing (ou Jungle fever) et Métisse, pour ses mélopées urbaines, son rap en background, son allergie au racisme et sa quête de mixité sociale que le jeune Kasso transbahute alors dans les rues de Paris, non sans humour, un talent pour la comédie qu'on cherchera dans ses films suivants et qu'on retrouvera dans La Haine. Ce film pseudo coup de poing qui faisait marrer les mecs de banlieue qui ne s'y retrouvaient pas, mais qui faisait frémir les bourgeois croyant à une chronique réaliste. Car si La Haine n'avait pas grande valeur d'un point de vue sociologique et politique (contrairement aux films de Richet, le rouge, vrai prolétaire de banlieue), il avait au moins pour lui un certain talent d'écriture pour les dialogues et une réelle ambition dans sa mise en scène. Kasso n'a jamais renié son goût pour la sophistication, les images léchées (le beau noir et blanc de La Haine), les mouvements d'appareil séducteurs à la Cohen Brothers auxquels il vouait alors une admiration sans bornes -il reprendra même leur musicien fétiche, Carter Burwell, pour Assassin(s).

Adieu rebelle


Fatalement le rebelle qui n'aimait pas les caméras et qui jouait à ses débuts l'homme invisible par pseudo souci d'intégrité, ne s'est pas fait que des amis lorsque le très démago et maladroit Assassin(s) sort en salles. Ce gros pamphlet contre la violence et la télévision, balancé comme un lyrics d'Assassin, le groupe du frère de son pote Vincent Cassel, en a fait hurlé de rire certains par sa naïveté et son style emphatique. Pourtant il faut lui reconnaître, encore, un savant calcul des effets qu'on préfère à un propos hélas bien peu dérangeant tant l'auteur se perd sans maîtriser son sujet. Le candide n'est en effet jamais meilleur que lorsque il prête le flanc à son amour pour la forme et qu'il met de côté ses ambitions d'auteur qui passe son temps à enfiler les clichés. Assassin(s), qui fût un four à sa sortie, sombra si bien dans le ridicule et le manque de nuances ou de subtilités, que la critique ne se gêna pas pour faire comprendre à Kasso qu'il avait atteint ses limites et que plus personne ne croyait à sa voix de moraliste teenage. Comme s'il avait entendu et pris du recul, lui qu'on appréciait par ailleurs comme acteur tout en subtilité et sensibilité chez Audiard (Regarde les hommes tomber, 1994 ; Un héros très discret, 1996), changea alors son fusil d'épaule. Adieu les années rebelles, à la huche la dialectique à deux balles pour chanteur de Hip Hop engagé dans la défense de sa propre morale, bye bye le cinéma sulfureux et contestataire plus politiquement correct qu'on ne le croit. En 2000 il se laisse embarquer dans Les Rivières pourpres, polar foireux du non moins foiré best seller de Jean-Christophe Grangé. Si Cassel joue toujours les grains de sable avec son rôle de flic fumeur de joint (ce qui pour Kasso est une preuve authentique de révolte contre le système), on entre désormais dans l'ère des films d'artisan où il met son savoir faire au seul service d'un récit dont il n'est pas l'auteur.

Les Rivières pourpres est un nanar, il pouvait difficilement en être autrement avec un tel scénario et le bovin insipide Jean Reno au casting. Mais Kasso s'en sort avec quelques honneurs, trois fois rien, une ou deux scènes, quelques plans, une mise sous tension de série Z qui s'installe non sans déplaisir, une lumière qu'on ne laisse pas au hasard, bref une ambiance. A 33 ans, l'encore très jeune cinéaste signe un quatrième film (de genre) qui ne réinvente pas la poudre ni l'esthétique du cinéma français, mais qui a le mérite de déballer son carton à jouets, d'assumer à fond la carte du style et des effets, jusqu'à les surligner à outrance par pur plaisir coupable. Il y a mieux mais il y a pire. Surtout le film sonne un peu comme une bouffée d'oxygène pour le cinéma français d'habitude si timide face à ce type de récit. D'autres suivront, Kasso lui a tendu sa carte de visite, elle a été bien reçue, notamment par Joel Silver, producteur américain de Matrix (entre autres blockbusters), qui lui offre de tourner à Hollywood Gothika (2003) avec Halle Berry. A sa manière Kassovitz déblaye le terrain pour les Français voulant faire du genre dans l'hexagone et pour ceux qui bientôt partiront par contingent enchaîner les remakes à Hollywood (asiatiques souvent, et pas bons généralement). Gothika, lui n'a pas grand intérêt, tenu en laisse par son producteur, le réalisateur fait visiblement ce qu'on lui demande tout en essayant timidement d'imposer son style et ses effets horrifiques un brin frenchies. Partagé entre les exigences du genre et ses fantasmes, ses envies et la production, il n'arrive pas à faire son film ou une œuvre avec un quelconque potentiel.

De Spielberg à Dantec, mind the gap


Kassovitz, qu'on a alors également pu voir encore comme acteur dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001) et Amen (Costa Gavras, 2002), prétend vouloir ne plus apparaître devant la caméra, préférant se consacrer à sa carrière de réalisateur. Seulement quand Steven Spielberg lui propose un rôle dans Munich (2005), où il devient agent du MOSSAD aux côtés d'Eric Bana et Daniel Craig, impossible de refuser. Encore une fois, si on ne goûte pas à ses films, il faut reconnaître que l'acteur est à chaque fois impeccable et juste. Physique agréable, intelligence des enjeux et des situations, discrétion et distance pour mieux cerner ses personnages, il n'a pas besoin de passer par l'Actor's Studio pour prouver son talent d'acteur. Egalement producteur depuis 2005 (Les Paumes blanches, 2006 ; Avida, Id ; Johnny Mad Dog, 2008), il s'attaque ensuite à un projet ambitieux qui connaîtra quelques dépassements de budget, l'adaptation du roman de Maurice G Dantec, Babylon babies, rebaptisé Babylon A.D. (2008). Ce polar SF sur fond de manipulation génétique avec Vin Diesel, Michelle Yeoh et Mélanie Thierry, produit par Canal +, est aussi prometteur qu'un pari risqué tant l'œuvre originelle est dense et comporte des passages inadaptables. Après ce deuxième blockbuster très attendu, Kassovitz, désormais homme tranquille bien loin de ses motivations adolescentes, doit revenir en France pour tourner L'ordre et la morale, où il revient sur les événement ayant eu lieu dans la grotte d'Ouvéa en 1988, lors de l'assaut des troupe militaires françaises après la prise d'otages par les indépendantistes canaques de neuf gendarmes mobiles.
 
Jérôme Dittmar 

Les films de Mathieu Kassovitz

Babylon A.D.
Babylon A.D.
(2008)
Munich
Munich
(2006)
Gothika
Gothika
(2004)
Nadia
Nadia
(2003)

Tous les films de Mathieu Kassovitz

Toutes les photos de Mathieu Kassovitz

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Les commentaires sur Mathieu Kassovitz

Aurore   Lundi 03 décembre à 15:29   

Pour moi il est l'un des meilleurs. Vivement la sortie de Babylone sont dernier film, j'ai aimée le livre.... J'attend !
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