L'amitié, c'est d'abord être lâche : il faut fermer sa gueule sans cesse. ”
Né le 21 Août 1925 à Cunlhat, en Auvergne, Maurice Pialat quitte très jeune les verts pâturages pour se lancer dans la peinture et la réalisation. Dans les années 60, il signe plusieurs courts-métrages. Puis, en 70, il réalise son premier long-métrage L’enfance nue.
Il se fait connaître rapidement du public avec
Nous ne vieillirons pas ensemble, en 72. L’histoire est inspirée de sa séparation avec sa compagne
Colette et retrace l’éternelle hésitation de l’homme entre sa femme et sa maîtresse. Il enchaîne ensuite avec
La Gueule ouverte,
Passe ton bac d'abord et
Loulou, avec
Gérard Depardieu et
Isabelle Huppert. Il traite avec la même application, très terre-à-terre, les thèmes les plus graves et les plus légers, du cancer à la léthargie adolescente.
En 1983, il réalise
A nos Amours, qui marque un tournant dans sa carrière. La virtuosité de la caméra et l’intensité du récit rapportent au metteur en scène un César et révèle la jeune
Sandrine Bonnaire.
Désormais, le cinéma de Pialat devient de plus en plus brut, dénoué d’ornements, proche du naturalisme. En 1985, il tourne
Police avec la jeune
Sophie Marceau. Puis, en 87, il signe le scandaleux chef-d’œuvre
Sous le soleil de Satan, adapté du roman de George Bernanos. Le projet d’adapter ce livre dense lui tient à cœur depuis dix ans mais il savait que la transposition cinématographique serait périlleuse. La relation enfiévrée et ambiguë entre un prêtre et une jeune fille choque. Le film est consacré par une Palme d’Or, que Pialat reçoit sous les huées. Au summum de ses revendications anticonformistes, il dira au parterre cannois qui le siffle : « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus. »
En 1991, Pialat rend hommage au peintre Van Gogh, admirablement interprété par
Jacques Dutronc. Quatre ans plus tard, le cinéaste signe son dernier long métrage,
Le Garçu, dans lequel il dirige à nouveau
Gérard Depardieu, l'un de ses plus fidèles comédiens.
L’œuvre de Pialat ne comporte que dix opus, qui auront suffit pour le faire considéré comme l’un des plus grand maître du cinéma français.
Il est mort le 11 janvier 2003, à Paris. Il repose au cimetière du Montparnasse.