Fille de l'actrice Tippie Hedren, Mélanie Griffith fait sa première apparition à l'écran encore bébé pour des publicités. Tout en poursuivant une carrière de mannequin sans conviction, elle fait une figuration dans
The Harrad Experiment (1973) où elle rencontre et tombe amoureuse du jeune acteur donnant la réplique à sa mère,
Don Johnson. Elle n'a encore que 14 ans, mais Tippie Hedren, plutôt ouverte, l'autorise à emménager avec l'acteur qui la motivera à devenir comédienne. Elle se fait ainsi remarquer en adolescente enjôleuse chez Arthur Penn dans
La Fugue (1975), puis, imposant à nouveau son allure de nymphette blonde irrésistible, dans
La Toile d'araignée (Stuart Rosenberg, Id) et
Smile (Michael Ritchie, Id). A la fin des années 70, après une série de rôles au cinéma sans envergure, elle tombe progressivement dans l'alcool et la drogue. Elle n'obtient alors que des petites apparitions à la télévision, où elle rencontre son second mari, Steven Bauer, qui l'aide à se sortir de l'addiction tout en la poussant à intégrer les cours de Stella Adler à New York. Cette cure est salvatrice pour l'actrice. Après trois années d'absence retirée des écrans, elle revient en 1984 en pleine forme et possession de ses moyens, d'abord chez
Abel Ferrara pour son polar
New York, 2 heures du matin, puis surtout chez
Brian De Palma dans
Body Double, où dans un rôle très sexy elle se révèle un objet de désir troublant.
Deux ans plus tard Mélanie devient la star de la comédie
Dangereuse sous tous rapports (
Jonathan Demme, 1986). Sa prestation de femme fatale à la fois agressive et fragile, rappelant parfois Louise Brooks ou Grace Kelly, dans un film mélangeant la noirceur d'une farce aux situations de la screwball comedy, fait merveille, la critique encense la comédienne. Après un second divorce, l'actrice retrouve son ancien compagnon,
Don Johnson, pour un épisode de
Miami Vice, dont il est la star. C'est le début d'une nouvelle idylle. Pendant ce temps là, elle devient l'épouse de
Robert Redford dans son film
Milagro (1988), joue pour
Mike Figgis dans
Un lundi troublé ( (1988) aux côtés de
Sting et
Tommy Lee Jones, puis le public l'applaudit pour son rôle de secrétaire frustrée et opportuniste dans
Working Girl (
Mike Nichols, Id). Le film lui rapporte un Golden Globe et une nomination aux Oscars. Malheureusement, si elle devient une star de premier plan, sa carrière connaît par la suite des hauts et des bas. Pour le meilleur : le thriller
Fenêtre sur Pacifique (
John Schlesinger, 1990),
De Palma à nouveau pour
Le Bûcher des vanités (Id),
Sidney Lumet avec
Une étrangère parmi nous (1992) ; pour le pire :
Quand l'esprit vient aux femmes (Luis Mandoki, 1993),
La surprise (Richard Benjamin, 1994),
Two Much (
Fernando Trueba, 1995), durant lequel elle fait la connaissance de son troisième époux,
Antonio Banderas.
Ses derniers films se sont alors révélés pour la plupart des échecs et des comédies où très mal dirigée, elle s'est égarée dans des productions qui ne la méritaient pas. C'est donc le moment idéal pour prendre un virage et tordre le coup à son image de blonde sexy et rigolote. Pour cela, elle choisit le photographe et cinéaste indépendant
Larry Clark, qui lui offre le rôle plutôt trash de la girlfriend junkie et maternelle de
James Woods dans
Another Day in Paradise (1997). Sa performance est amplement saluée par la critique qui comme le public la redécouvre. Malheureusement elle revient vite à des films et des rôles plus confinés : l'horrible remake de
Lolita d'Adrian Lyne (Id), le foiré et foireux thriller
La dernière preuve Randal Kleiser, 1998).
Woody Allen la remet ensuite en selle furtivement avec
Celebrity (Id) ; un an plus tard, elle est l'héroïne du premier film de son nouvel époux,
Antonio Banderas, pour sa comédie sociologique
La Tête dans le carton à chapeaux (1999), salué sans plus. Prête à tout, elle est redevient une héroïne trash et géniale pour John Waters dans
Cecil B. DeMented (2000) où avec ironie elle tourne en dérision sa propre image. Son dernier grand rôle. Les années 2000 lui seront fatales, Mélanie s'égare dans des rôles insignifiants, les échecs se suivent et se ressemblent. Entre 2005 et 2006, elle connaît un bref revival à la télévision pour la sitcom
Twins, mais sans réel succès. Suivront une brève apparition dans la série catastrophique
Viva Laugn (2007), puis quelques doublages. A la fin des années 2000, la carrière de Mélanie Griffith est au point mort, elle attend toujours le rôle ou le cinéaste qui la fera rebondir, ou pas.