L’Ouest de l’Amérique regorge de grands espaces et ils exigent presque un écran large. Si l’on diminue le ratio, on se limite. C’est pour cela qu’un film vu à la télévision est un film différent. ”
Michael Cimino étudie le théâtre et l’architecture à l'université de Yale. Il débute dans le métier en réalisant des publicités et des documentaires. Puis, il se met à l’écriture. On lui doit notamment l’une des suites de
L'Inspecteur Harry. Pour sa première réalisation, en 1974, il fait apparaître
Clint Eastwood au générique. :
Le Canardeur est un road-movie tragi-comique. On y trouve déjà la patte Cimino : l’immensité des paysages américains à laquelle se confronte l’étroitesse des corps et la violence des rapports humains. En 1978, il réalise une saga sobre et grandiose (le paradoxe de Michael Cimino),
Voyage au bout de l’enfer, qui traite de la guerre en trois temps de la guere du Viêt-Nam. On y retrouve
Robert De Niro, donnant la réplique à un
Christopher Walken débutant. Considéré comme réactionnaire par certains, comme génial par beaucoup d'autres et salué par la critique, il remporte cinq oscars (dont meilleur film et meilleure réalisateur). Comme tout réalisateur oscarisé, Cimino voit le budget de ses films sérieusement revu à la hausse. Il obtient la somme colossale de 40 millions de dollars pour réaliser
La Porte du Paradis, faux western contemplatif et elliptique, qui décrit le conflit opposant, à la fin du dix-neuvième siècle, les éleveurs anglo-saxons et les colons venus d'Europe de l'Est. Boudé par le public et la critique, le film constitue un gouffre financier, responsable de la faillite du studio United Artists. Cimino devient la bête noire de nombreux réalisateurs, qui estiment que l'échec retentissant de
La Porte du Paradis marque la fin d'une période de liberté pour les auteurs. Il est vrai qu'à partir du début des années, 1980, les producteurs reprennent le pouvoir à Hollywood.
En 1985, après quelques années de vache maigre, Michael Cimino revient avec un polar new-yorkais sur fond de mafia chinoise,
L’Année du Dragon. Le film, très violent, est taxé de racisme et le réalisateur se retrouve au coeur d’une nouvelle polémique. Néanmoins, le succès du film en salles remonte le moral de Michale Cimino, qui enchaîne alors quelques oeuvres de moindre importance :
Le Sicilien (1987) et
La Maison des otages (1990), avant de livrer le très beau
Sunchaser (1995). Bouc émissaire d’Hollywood, en conflit avec les producteurs qui le considèrent comme un panier percé, Michalel Cimino s’est ensuite longuement attelé à un projet d'adaptation de
La Condition Humaine d’
André Malraux.