Fils du célèbre comédien Kirk Douglas, Michael Douglas se forme aux arts dramatiques à l'Université de Californie à Santa Barbara, dont il sort diplômé en 1968. Il fait ses premières armes dans le circuit off de Broadway, puis après une première figuration aux côtés de son père dans
L'Ombre des géants (Melville Shavelson, 1966) et un bref rôle à la télévision, il se fait connaître en 1969 grâce à
Hail, Hero! (David Miller), où il interprète un jeune pacifiste s'embarquant pour le Vietnam. Le film lui vaut une nomination pour le Golden Globe du meilleur espoir masculin. Après quelques apparitions dans diverses séries télé et un film pour Disney avec la jeune
Jodie Foster,
Napoleon et Samantha (Bernard McEveely, 1972), il devient célèbre grâce à la série
Les Rues de San Francisco, dans laquelle il joue jusqu'en 1976 et durant 98 épisodes face au vétéran
Karl Malden. En 1975, parallèlement à sa carrière d'acteur il se lance dans la production avec
Vol au dessus d'un nid de coucou (
Milos Forman), adaptation du livre de Ken Kesey déjà adapté sur scène à Broadway en 1964 avec son père dans le rôle principal. Le film est un triomphe, il lui vaut son premier Oscar comme producteur. Malheureusement, peinant à renouer avec le succès devant la caméra après l'interruption de sa série, la fin des années 70 et le début des années 80 ne lui offrent que des rôles peu mémorables :
Coma (
Michael Crichton, 1978),
Le Syndrôme chinois (James Bridges, 1979) qu'il produit,
C'est mon tour (Claudia Weill, 1980) et
La Nuit des juges (Peter Hyams, 1983).
Ce n'est qu'en 1984, grâce à sa nouvelle production,
A la poursuite du diamant vert (
Robert Zemeckis), que le succès est enfin de retour, et en salles. Aux côtés de
Kathleen Turner et son ami
Danny DeVito, il joue un baroudeur ironique embarqué dans une chasse au trésor pleine de rebondissements où il finira par rencontrer l'amour. Cette relecture de la comédie romantique et du serial s'impose rapidement comme un classique qui donnera rapidement une suite,
Le diamant du Nil (Lewis Teague), avec la même équipe mais sans le talent de
Zemeckis aux commandes. Michael Douglas devient alors instantanément une star, il ne vit plus dans l'ombre de son père et pourtant il suivra partiellement sa voie. Belle gueule, de golden boy mais l'époque ne lui en voudra pas, c'est à la mode, il s'en servira et cela lui rapportera un Oscar (
Wall Street,
Oliver Stone, 1987) ; à l'aise autant dans la comédie qui lui réussira (
La Guerre des Rose,
Danny DeVito, 1989), que le drame psycho extraconjugal catastrophe (
Liaison Fatale, Adrian Lyne, 1987) ou le polar exotique pluvieux (
Black Rain,
Ridley Scott, 1989), il partage avec son père un même goût pour l'individualisme et un certain esprit d'aventure. Il devient alors une icône des eighties, un sex symbol, que
Paul Verhoeven s'amuse à martyriser dans le thriller érotisant
Basic Instinct (1992). Son rôle peut-être le plus célèbre.
Chute libre ?
En 1993, après son rôle de composition dans la caniculaire et très réac
Chute libre (
Joel Schumacher), lui qui plus tard ira en cure de désintoxication sexuelle, devient à nouveau la victime d'une femme castratrice dans
Harcèlement (
Barry Levinson, 1994). Femme toujours, il se laisse séduire par
Annette Bening dans
Le Président et Miss Wade (
Rob Reiner, 1995), puis devient la proie d'un étrange et éprouvant jeu machiavélique organisé par son frère dans
The Game (
David Fincher, 1997). Toujours producteur, il donne à
John Woo son premier chef d'œuvre hollywoodien,
Volte-Face (Id), puis à
Coppola les moyens de réaliser son dernier film avant sa fausse retraite,
L'Idéaliste
(Id). En 1998 on lui pardonnera d'avoir joué dans un triste remake d'
Hitchcock,
Meurtre parfait (Andrew Davis), qui n'aide alors pas sa carrière plutôt stagnante. Heureusement deux ans plus tard il se relance grâce à
Curtis Hanson avec
Wonderboys (2000), puis
Traffic (
Steven Soderbergh, Id), où il partage l'affiche avec sa nouvelle épouse,
Catherine Zeta-Jones. Suivront, malgré tout, une série d'œuvres très inégales le reléguant au rang de quasi has been : la comédie
Divine mais dangereuse (Heral Zwart, 2001), le thriller
Pas un mot (Gary Fleder, Id), une fausse autobiographie réunissant la famille Douglas au complet,
Une si Belle Famille (Fred Schepisi, 2002), jamais distribuée en salles en France - le film ayant une très mauvaise réputation.
En 2003, à l'approche de la soixantaine, il tente un come-back à la comédie qui avait fait ses beaux jours pour
Espions mais pas trop (Andrew Fleming). Lourd, vulgaire et facile, le film est d'une beauferie à toutes épreuves, Michael Douglas cabotine, l'horreur. La renaissance n'est pas pour cette fois, ni dans
The Sentinel (Clark Johnson, 2006), thriller souffreteux et soporifique réalisé par un tâcheron sans talent. Vite oublié pour son apparition dans
Toi et moi... et Dupree (Anthony et Joe Russo, Id), il prend la tête de
King of California (Michael Cahill, 2007), dans lequel il joue un illuminé sorti de l'asile. Malgré un film inégal, Douglas se révèle assez bon. Comme un premier échec ne lui a pas suffit, il tourne ensuite dans un nouveau remake, de
Fritz Lang cette fois,
Beyond a Reasonable Doubt (
L'Invraisemblable vérité), signé du pas brillant Peter Hyams qu'il avait côtoyé au début de sa carrière ; puis retrouve la comédie avec
The Ghosts of Girlfriends Past (Mark Waters, 2009). La renaissance promet d'être difficile