Michel Audiard



Michel Audiard Nationalité : française
Naissance : 15 May 1920 à Paris
Mort le : 28 July 1985

Métiers : Réalisateur, Scénariste de cinéma
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Difficile de trouver plus typiquement français que l'œuvre de Michel Audiard. On pourrait presque parler de folklore local tant celui qui reste parmi les scénaristes les plus célèbres du cinéma français à inventer, après les Jacques Prévert, Jean Aurenche ou Henri Jeanson (inventeurs du réalisme poétique aux côtés de Marcel Carné), le mot d'auteur. Durant sa jeunesse dans le 14ème arrondissement, alors quartier populaire, Audiard passe son temps le nez dans les livres, à dévorer les œuvres de Céline, Rimbaud ou Proust (d'où certainement son goût pour les lettres), et au cinéma, dont il retiendra justement l'influence des auteurs cités plus haut. Après la guerre, qu'il évita, il côtoie le milieu du journalisme en tant que distributeur de journaux. Il fait alors une rapide carrière à L'Etoile du soir en écrivant des articles bidons sur l'Asie. Remercier pour ses services après que la rédaction ait découvert la supercherie, Audiard devient critique pour Cinévie.

Un scénariste au succès foudroyant

En 1949, la future star des dialoguistes français signe enfin ses premiers scénarios pour le cinéma : On n'aime qu'une fois et surtout Mission à Tanger, un polar réalisé par André Hunebelle, pour qui il écrira plusieurs films tels que Massacre en dentelles (1952) et Les trois mousquetaires (1953). Rapidement, on retrouve son nom associé à pléthore de films comme Le passe-muraille (1951) de Jean Boyer avec Bourvil. Au milieu des années cinquante, sa carrière explose, les films s'enchaînent, il signe son premier scénario pour Gilles Grangier (Poisson d'Avril, 1954), dont il sera un fidèle collaborateur sur une kyrielle de films comme Gas Oil (1955), Le désordre et la nuit (1958) ou Le cave se rebiffe (1961), tous avec Jean Gabin, son fidèle collaborateur. Un acteur fétiche qu'on retrouve à l'affiche d'autres grands succès d'Audiard, souvent tournés par les plus célèbres réalisateurs de ce cinéma populaire de l'époque : Jean Delannoy sur Maigret tend un piège (1958) et Maigret et l'affaire de St Fiacre (1959), adaptés de Georges Simenon, et surtout Henri Verneuil pour Un singe en hiver (1962), Mélodie en sous-sol (1963) ou Cent mille dollars au soleil (1964). Que des titres devenus célèbres où Audiard traverse voire mélange les genres, toujours entre polar, action, drame et comédie où il montre largement son goût pour les mots et la gouaille parisienne, avec un sens du rythme qui fait mouche.
 

La star du cinéma de papa aux dialogues mémorables

Dans les années soixante, malgré le fait qu'il soit rapidement conspué par la jeune critique des Cahiers du cinéma qui voit en lui et surtout en ceux pour qui il écrit un cinéma populaire qui n'assume pas sa mentalité bourgeoise, Audiard enchaîne les succès et noue de solides collaborations avec ses réalisateurs. Notamment avec Georges Lautner, pour qui il signe en 1963 son film le plus célèbre, Les Tontons Flingueurs, où il met dans la bouche d'une pléiade de comédiens comme Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich ou Jean Lefebvre, des mots d'auteurs dont le public français se souvient encore. Ces acteurs, pour qui il écrit, on les retrouve également dans Les Barbouzes (1964) ou Ne nous fâchons pas (1966), de Lautner toujours, et jusque dans ses propres films, Audiard passant enfin à la réalisation en 1968 avec Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, titre invraisemblablement long et pseudo poilant, ce qui sera sa marque de fabrique. Heureusement (ou pas), la médiocre qualité de ses films (neuf en tout jusqu'en 1974, que des comédies et un documentaire) et leur succès très relatif l'obligent à retourner à ce qu'il sait faire le mieux, le scénario et ses dialogues.

Fin de parcours assombri d'un auteur populaire

Seventies oblige, Audiard signe alors pour les nouveaux cinéastes populaires de son époque : le sympathique Philippe de Broca avec Tendre poulet (1978) ou On a volé la cuisse de Jupiter (1980), le jeune Claude Zidi (tout juste échappé de ses Bidasses en série), avec L'animal (1977) ou encore Claude Pinoteau avec Le Grand Escogriffe (1976). Ecrivant toujours pour des acteurs, on y retrouve souvent à l'affiche Philippe Noiret, Annie Girardot et surtout Jean Paul Belmondo, pour qu'il invente des rôles sur-mesure destinés à un acteur de plus en plus narcissique et maniéré. Principalement dans ceux tournés par son vieux compagnon Lautner : Flic ou voyou (1979), Le Guignolo (1980), Le professionnel (1981), où Belmondo s'égare dans des numéros qui auront forgé sa caricature excentrique, pour le pire et pas mal de traumatismes télévisuels.

Après la perte d'un de ses fils en 1975, l'œuvre d'Audiard se teinte parfois d'une tonalité plus noire où son humour anar est évacué. Ainsi de Garde à vue (1981) et Mortelle randonnée (1983) de Claude Miller, plus angoissé et psychologique. Fidèle jusqu'au bout à ce cinéma populaire de papa (dixit la Nouvelle Vague), on retrouve son nom attaché aux derniers films de ceux dont il fût frère ou cousin : Yves Boisset pour Canicule (1984), Jacques Deray sur Le marginal (1983) avec l'infatigable Belmondo, et enfin Lautner toujours, avec les horribles et réacs Les morfalous (1984) puis La cage aux folles III (elles se marient) (1985), son dernier film. Incarnation d'une qualité française à la fois symbolique et symptomatique, l'œuvre d'Audiard, malgré ses qualités d'écriture inimitable, reflète aussi une mentalité propre à notre culture qui comme l'écrit Thomas Clerc se distingue par son côté anarchiste de droite.

Personnalités associées à Michel Audiard

Personnalités Similaires Robert Dalban, Philippe de Broca
Inspirations Louis Ferdinand Céline, Jacques Prévert
Collaborations Bertrand Blier, Lino Ventura, Romain Bouteille, Jean Gabin, Jean Carmet, Francis Blanche, Georges Lautner, Jean Lefebvre
Amis/Famille Jacques Audiard

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