Michel Blanc fait ses études au lycée de Neuily-sur-Seine où ses camarades de classe ont pour nom
Josiane Balasko,
Marie-Anne Chazel,
Christian Clavier,
Gérard Jugnot et
Thierry Lhermitte. Par la suite, ils fondent ensemble la troupe du Splendid et jouent avec succès au Café de la Gare des créations originales, sketches ou pièces de café-théâtre comme
Bunny's Bar,
Le Père Nöel est une ordure ou
Amours, coquillages et crustracés qui deviendra plus tard
Les Bronzés. En 1975, la joyeuse bande abandonne la scène au profit du cinéma et fait ses classes dans le court-métrage
Le Bol d'air (Charles Nemes). Puis, Blanc poursuit en solo en décrochant des petits rôles dans
Que la fête commence (
Bertrand Tavernier, id),
La meilleure façon de marcher (
Claude Miller, id) ou
Le Locataire (
Roman Polanski, id), tout en travaillant pour la télévision, dans le cadre de téléfilms ou de série comme
Au théâtre ce soir (1977).
Acteur comique...
En 1978, les comparses se retrouvent et font équipe avec
Patrice Leconte pour
Les Bronzés, comédie estivale à l'ambiance Club Med. Le film fait un carton et Michel Blanc accède à la notoriété en imposant son personnage de dragueur maladroit et hypocondriaque, personnage qu'il va entretenir, bon gré mal gré, au fil des années. En dépit de ce succès inattendu, il continue d'enchaîner des rôles secondaires, notamment dans le deuxième film de l'actrice
Jeanne Moreau,
L'Adolescente (1979), jusqu'au second volet des aventures de Jean-Claude Dus et de ses amis dans
Les Bronzés font du ski (
Patrice Leconte, id), variante montagnarde à la spontanéité déjà émoussée. Préférant travailler en solitaire, il décide alors de prendre ses distances avec la troupe : il n'est pas à l'affiche de leur film désormais culte
Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré, 1982), se contentant d'assurer la voix off du téléphone.
En 1980, il inaugure une série de films en collaboration avec son ami
Patrice Leconte. Assurant à la fois l'écriture et l'interprétation principale, Blanc consolide son image de mec sympa et malchanceux auprès du public, dans des comédies aux titres évocateurs :
Viens chez moi, j'habite chez une copine (1980),
Ma femme s'appelle reviens (1982),
Circulez, y'a rien à voir (1983). Puis, il franchit un cap en passant à la mise en scène avec
Marche à l'ombre (1984), dont la réussite tient autant à la qualité des dialogues qu'à sa mise en scène efficace. Reconnu comme un acteur comique de premier ordre et un réalisateur prometteur, il effectue pourtant un virage à 180° avec
Tenue de soirée (1986) de
Bertrand Blier - qu'il retrouvera pour
Merci la vie (1991)- dans lequel il incarne un homme troublé par les sentiments de
Gérard Depardieu à son égard. Son changement de registre est salvateur : il reçoit le Prix d'interprétation masculine à Cannes pour cette prestation dramatique toute en nuance.
... et réalisateur inquiet
Aux antipodes de son personnage stéréotypé de gentil looser, Blanc va alors poursuivre dans cette veine sombre : il devient le personnage secret et ambigu du film éponyme
Monsieur Hire (
Patrice Leconte, 1989), puis le collaborateur communiste d'
Uranus (Claude Berri, 1990). L'année suivante, il franchit la Manche pour tourner avec l'esthète
Peter Greenaway (
Prospero's Books, 1991) avant de retrouver les joies de la comédie avec
Rue Saint-Sulpice (Ben Lewin, id). Après une pause de deux ans, Blanc s'attelle à l'écriture de son second long-métrage
Grosse fatigue (1993), une comédie identitaire où le comédien se débat avec son double, une étrange version négative de son personnage de Jean-Claude Dus. Son scénario malicieux est primé à Cannes, c'est la consécration.
Par la suite, l'acteur va peu tourner, à part dans
Le monstre (Roberto Benigni, 1994),
Prêt-à-PorterRobert Altman, id) ou
Les grands ducs (
Patrice Leconte, 1996), se consacrant davantage à ses projets de réalisation :
Mauvaise passe (1999) un drame londonien sur un père de famille devenu escort-boy et
Embrassez qui vous voudrez (2002), vaudeville grinçant. Tous deux confirment que Michel Blanc a beau être un acteur comique, il est aussi, et peut-être avant tout, un cinéaste angoissé. Associant désormais rôles télévisuels (
L'Affaire Dominici, 2003), comédies (
Je vous trouve très beau d'Isabelle Mergault, 2006 ; le pitoyable
Les Bronzés 3 : amis pour la vie de
Patrice Leconte, id) et polar made in France (
Le Deuxième souffle, Alain Cornaud, 2008), Michel Blanc sera prochainement à l'affiche de
Musée haut, musée bas de
Jean-Michel Ribes (2008) et du nouveau film d'
André Téchiné La Fille du RER (2009), après leur premier essai ensemble :
Les Témoins (2007).