Si mes films dessinent un portrait politique de l'Italie, c'est d'abord pour satisfaire ma curiosité personnelle, au même titre que j'enregistre certains faits de ma vie privée. ”
Le cinéma de Nanni Moretti est un mélange d'humour, d'absurde et d'intime, qui n'oublie jamais de faire la critique de la société italienne. Regard ironique sur une troupe de théâtre expérimental,
Je suis un autarcique son premier long métrage s'en prend implicitement à la gauche italienne. Le réalisateur se met souvent en scène, dans un personnage proche de ce qu'il est réellement, comme dans
Sogni d'oro, Grand Prix du jury à Venise. Il revient dans la peau d'un curé dans
La messe est finie, ironique et tragique, couronné de l'Ours de Berlin. La critique n'est pas moins acerbe dans
Palombella rossa, l'histoire d'un communiste qui retrouve peu à peu la mémoire. Dans
Journal intime, son cinéma se fait plus introspectif, et ses déambulations romaines sont récompensées à Cannes du Prix de la mise en scène. Cannes encore, mais cette fois ci c'est la Palme, pour
La Chambre du fils, dans un registre dramatique inhabituel. On le retrouve sur la Croisette avec
Le Caïman, brûlot contre Berlusconi qui remporte un franc succès en Italie.