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| . | 2012 |
| . | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
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| . | Les critiques Cinéma |
Après la violence exprimée dans Demonlover et Boarding Gate, Olivier Assayas revient à un cinéma en langue française avec L'Heure d'été, une inquiète chronique familiale. Et si le cinéaste refuse cette fois de filmer le sang et de radicaliser son propos, il s’en explique avec clarté. Rencontre.
Un film sur la mondialisation ?
A partir du XIXème siècle, ça commence à aller très vite du point de vue de la transformation radicale et constante du monde. Néanmoins, générations après générations, périodes après périodes, la mondialisation prend des formes différentes et j’ai eu envie de saisir celle qui était sous nos yeux. Ce qui constitue cette famille a du mal à se reformuler, pour des raisons qui sont contemporaines, dans le sens où aujourd’hui les gens ont des vies de plus en plus tournées vers l’extérieur ; ça transforme le rapport qu’on a avec ses propres origines, ses racines. C’est vrai qu’il y a quelque chose à l’œuvre dans ce que j’ai essayé de représenter qui est plus profond et plus grave que la façon dont le temps et les époques changeaient autrefois.
Le cinéma français est-il assez engagé ?
Au fond, c’est devenu une sorte de genre, le film radical. Et c’est un genre vain, ça fiche la trouille, moi c’est ce qui me terrifie le plus d’une certaine façon. La logique aujourd’hui, du monde et des médias, absorbe les formes radicales, le discours radical, dans l’indifférence la plus complète, ou en tout cas dans une sorte de sommeil. La capacité de résistance et de manipulation qui a été développée par les formes contemporaines du pouvoir est proprement effrayante (…) Et ça nous donne à tous le sentiment que, quoi qu’on fasse, « ne bougeons pas » parce que ça ne sert à rien. Je trouve que c’est ce qu’il y a de plus perturbant, troublant et, au fond, de plus grave dans le monde d’aujourd’hui parce que les gens se radicalisent jusqu’à l’absurde à force d’avoir le sentiment que, quoi qu’ils fassent, ça n’a pas de prise sur le monde. En même temps, peut-être que c’est l’accumulation des choses qui finit par faire qu’il y a une forme de conscience…
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