Pour arriver à être un personnage, j'ai besoin de me nourrir de plein de détails. ”
Né le 22 juillet 1963, à Namur, en Belgique, Olivier Gourmet mène une enfance rurale, entre sa mère, tenancière de restaurant et son père, éleveur de bestiaux. C’est à l’école qu’il attrape le virus de la comédie. Il remplace au pied levé un petit camarade absent et fait rire toute la classe, en déclamant quelques répliques enfantines. Il entre au Conservatoire de Liège et en ressort deux ans plus tard, avec un premier prix. Il s’installe alors à Paris, où il suit le cours Florent, puis ceux de Chéreau, à l’école des Amandiers.
En 1996, il fait ses premiers pas devant la caméra des Frères Dardenne dans le très engagé,
La Promesse. Il se révèle excellent en père tyrannique, dans ce film qui retrace le quotidien misérable des immigrés clandestins. Il devient alors l’un des acteurs fétiches des cinéastes belges et ceux-ci mettent son jeu tout en retenu au service de leurs réalisations sombres et militantes. Ils le feront tourner dans
Rosetta, en 1998, auprès d’
Emilie Dequenne, puis dans
Le Fils, en 2001. Il obtient pour ce rôle silencieux le Prix d’interprétation à Cannes en 2002.
L’acteur belge tourne également beaucoup de notre côté de la frontière. On le retrouve dans
Peut-être de
Cédric Klapisch, en 99, ou encore, dans
Sur mes Lèvres, de
Jacques Audiard, auprès de
Vincent Cassel et d’
Emmanuelle Devos, en 2001.
Il obtient même un rôle principal dans
Nationale 7, de Jean-Pierre Sinapi, en 2000. Il y incarne un handicapé, qui tente de recouvrer une sexualité épanouie.
Souvent affublé de personnage bourrus et souvent cantonné à des rôles de méchant, il met son physique imposant au service de la caméra. Amoureux d’un cinéma exigeant, il reste très proche du cinéma d’auteur, mais participe également à des productions plus grand public, comme
Le Mystère de la Chambre Jaune, en 2003. On l’aperçoit également en directeur d’école, dans
Les fautes d’orthographe, de Jean-Jacques Zilbermann (2004), en inspecteur dans
Les Brigades du Tigre de Jérôme Cornuau, en 2005 ou en PDG dans
Le couperet de
Costa-Gavras (2005). Comme le démontre son dernier film, qui dénonce les atrocités perpétuées en Algérie,
Mon Colonel, sa carrure l’oriente souvent vers des personnages de chefs autoritaires.