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Nationalité : américaine Naissance : 06 June 1915 à Kenosha (Wisconsin) Mort le : 10 October 1985 Métiers : Acteur, Réalisateur, écrivain, Producteur de cinéma, Animateur, Scénariste de cinéma, Metteur en scène |
A partir de 1934 et durant toutes les années qui précèderont Citizen Kane, Welles se consacre au théâtre, à la radio et à la littérature populaire. Il crée sa propre troupe, le Mercury Theatre, et fait sensation avec des adaptations novatrices : un Jules César en chemise noire fasciste et un Macbeth joué par des Noirs. Après avoir réalisé une petite tentative de cinéma à travers le court-métrage muet The Hearts of Age (1934), qu'il jugera plus tard comme « canular surréaliste », il débute à la radio où il connaît un certain succès avec ses feuilletons fantastiques ou des transpositions littéraires -avec comme épisode le plus mémorable, sa lecture de La Guerre des mondes d'H.G Wells qui provoqua un vent de panique phénoménal dans tout le pays, le public étant convaincu que les extra-terrestres étaient réellement en train de débarquer. Parallèlement, il tient des chroniques dans la presse, se fait éditorialiste, organise des conférences, publie des romans policiers, conçoit des décors ou des costumes. Plus tard, lorsque sa carrière de cinéaste sera lancé, Welles continuera d'exercer très fréquemment une carrière d'acteur afin de financer le plus indépendamment possible ses films. On lui doit plus d'une centaine d'apparitions diverses et variées, des films de Sacha Guitry (selon lui son maître), Carol Reed, John Huston, Brian de Palma, Richard Fleischer, Mike Nichols, René Clément, Abel Gance en passant par le western italien (Tepepa de G. Petroni), de multiples participations à des émissions télévisées ou d'innombrables voix de narrateur pour des séries télé et des dessins animés.
Ces multiples activités, l'essentiel quantitativement parlant de sa carrière, ne doivent pas pour autant être pris comme des premières armes négligeables ou un aveu d'échec fait à son œuvre de cinéaste. D'une part parce que de sa première période Welles a toujours gardé ce goût pour le théâtre, la parole, le jeu, en passant par le thriller, le mélodrame et la publicité, le journal imprimé, télévisé ou radiophonique, dont ses films ont gardé parfois la forme. En homme de média, il était de son temps tout en le devançant, créant un art en parfaite adéquation avec notre civilisation de la communication et du spectacle. Il était synchrone de ces mécanismes en mutation qui changeaient alors notre perception de la réalité. De l'autre, parce que malgré la médiocrité sinon la nullité des nombreuses aventures où Welles s'est embarqué, celles-ci l'ont aussi nourri. Homme curieux, nomade, grand humaniste libéral et démocrate, Welles a profité de ses voyages chez les uns et les autres, tout à la fois partout et nulle part, sans cesse à la découverte du monde, avec cet espoir, constant, de trouver aux quatre coins du monde une aumône pour ses films. Ce qui fera dire de lui à André Bazin qu'il était un homme de la Renaissance dans l'Amérique du XXème siècle (et lui-même ne cessa d'interpréter dans tous ses films quantité de rois shakespeariens dont les royaumes sont voués au déclin). Car il faut rappeler que malgré l'aura et le prestige dont jouit Welles aujourd'hui, ceci ne fut pas toujours le cas. Marginalisé très tôt à cause de sa culture cosmopolite, plus européenne qu'américaine, et par un talent d'expérimentateur aussi exigeant, radical que génial, Welles a connu des déconvenues dès la sortie de Citizen Kane (1941), alors acclamé par la critique, mais boudé par le public. Ce grand film enquête, réalisé à 25 ans, mille fois copié ou cité depuis (Velvet Goldmine pour le meilleur), qui vaut comme une synthèse inaugurale de toute l'œuvre de Welles, parsemée d'échecs, de contraintes, d'obstacles et de productions aux formats divers (courts-métrages, longs-métrages inachevés).
La nouveauté du cinéma de Welles n'a cessé de bouleverser le public de son époque. Quoique acclamé par la critique, américaine et beaucoup française (il deviendra un modèle théorique pour Les Cahiers du cinéma qui baseront presque entièrement sur lui des notions de réalisme par rapport à la profondeur de champ dans Citizen Kane), ses films restent des échecs quand il ne sont pas incompris par ses producteurs. Dès son second film, La Splendeur des Amberson (1942), le film est modifié par la RKO, marquant ainsi une rupture entre Welles et les studios pour qui il ne tournera plus durant quatre ans. Pour tenter de prouver qu'il peut tourner un film dans les normes, il reviendra derrière la caméra avec Le Criminel (1946) qu'il désavouera, puis grâce à Rita Hayworth, alors son épouse, il peut réaliser La Dame de Shanghai (1947). Pourtant, si désormais le film apparaît d'une splendeur et d'une profondeur inégalable, le public refuse alors le sort que Welles fait à une star de premier plan. En conséquence et après son Macbeth (1948), qui deviendra un modèle du théâtre cinématographique qu'il prolongera avec Othello (1952) et Falstaff (1966), il part pour l'Europe afin de continuer à travailler en cinéaste indépendant.
Mais, après Monsieur Arkadin-Dossier Secret (1955), l'un des sommets du « baroque wellesien », il revient en Amérique pour tourner La Soif du mal (1958), peut-être son chef d'œuvre. Le film, polar banal transformé en théâtre cauchemardesque et décadent, connaît alors de nouveaux déboires : remonté en douce par Universal qui le charcute complètement, il sortira dans une version en lambeaux que Welles avait pourtant tenté d'endiguer dans un mémorandum de 58 pages écrit après visionnage du nouveau montage. Encore aujourd'hui et malgré un montage repris à partir du mémorandum, il n'existe aucune version de Welles. Par la suite, il se dirigera régulièrement vers la télévision, aux USA, en Grande Bretagne, en Allemagne ou en Italie (talk show, documentaires, téléfilms) et ses films ne connaîtront que de rares exploitations en salles. Il y a bien Le Procès (1962), adapté de Kafka, le beau et testamentaire, Une histoire immortelle (1968) avec Jeanne Moreau, ou encore Vérités et mensonges (1974) dont le titre à lui seul vaut comme paradigme de tout son œuvre. Le reste sera malheureusement (ou pas) oublié ou inédit, mais pas la personnalité de Welles, qui aura fait de sa vie un instrument des puissances du faux et de sa séduction.
| Personnalités Similaires | Alfred Hitchcock, Frank Capra, Wim Wenders, Jules Verne, John Cassavetes |
| Inspirations | H-G Wells |
| Collaborations | Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Ray Bradbury, Brian De Palma, Peter Sellers, Romy Schneider, Carol Reed, Jess Franco |
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