Pascal Greggory



Pascal Greggory Naissance : 08 septembre 1954
Age : 55 ans
Métier : Acteur
Dans cinéma de Chéreau, la caméra explore les âmes.
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Longtemps, durant les années 70 et 80, Pascal Greggory fût victime de sa belle gueule, un peu trop lisse, glabre, presque un physique d'éphèbe. Ce fils de bonne famille, membre de la chorale enfantine de l'Opéra de Paris à 12 ans, élève au cours Périmony puis auditeur libre au Conservatoire, apparaît pour la première fois au cinéma en 1976 dans Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertucelli), puis dans Madame Claude (Just Jaeckin, 1977), film érotique avec Klaus Kinsky. Il se fait remarquer la première fois chez Téchiné dans Les Sœurs Brontë (1979), aux côtés d'Isabelle Huppert et Isabelle Adjani. Mais sa carrière reste pourtant au point mort. Au début des années 80 il rencontre Eric Rohmer qui lui offre un rôle au théâtre dans Catherine de Heilbronn (1980), puis au cinéma dans Le beau mariage (1982). L'acteur est à sa place dans cet univers, son corps, son visage, ses gestes, sa voix, son jeu pas encore très assuré, collent parfaitement. Ensemble les deux hommes tourneront ensuite Pauline à la plage (1983), son rôle de moniteur de planche à voile va idéalement à son physique, comme son manque d'assurance, bafouille parfaite d'un personnage fasciné par la jolie et insaisissable Amanda Langlet. Plus tard Greggory retrouvera Rohmer pour L'arbre, le maire et la médiathèque (1993), où il est le génial amant et maire socialiste d'Arielle Dombasle. Malgré ces rencontres, il reste cantonné à des petits rôles qu'il enchaîne le plus souvent à la télévision.

Ce n'est qu'en 1994 que Greggory, qui ne se reconnaît pas dans cette image d'acteur sans aspérités, va enfin trouver chaussure à son pied. Sa rencontre avec Patrice Chéreau, qui datait déjà de quelques années, lui redonne goût au métier. Le metteur en scène, déjà célèbre pour ses pièces et quelques films, devient vite son mentor (et amant) et lui offre l'un des rôles principaux de La reine Margot (1994). Il peut enfin s'épanouir dans cette fresque baroque sinon lyrique où le public remarque sa présence, le succès du film aidant. Après une seconde collaboration au théâtre pour La Solitude dans les champs de coton, qui fait un triomphe, Greggory et Chéreau enchaînent avec Ceux qui m'aiment prendront le train (1998), qu'il pilote avec aisance et sensibilité, imposant de plus en plus sa voix, sa présence, enfin débarrassé du moindre vernis, remplacé par une intensité émotionnelle rare. Si Chéreau employera une troisième fois son acteur fétiche dans Gabrielle (2005), ainsi qu'au théâtre pour une adaptation remarquée de Phèdre (2003), entre temps sa carrière a explosé. Les réalisateurs font massivement appel à lui, dans des genres aussi divers que leurs talents : Laurent Boutnik pour lui faire jouer un taulard dans Zonzon (1998) ; Raoul Ruiz pour son adaptation de Proust Le Temps retrouvé (1999) ; Luc Besson  pour Jeanne d'Arc (Id) ;Ilan Duran Cohen pour jouer sur l'ambigüité de son identité sexuelle dans La confusion des genres (2000).

Sa carrière démarre donc pour de bon vers la fin des années 90 et au début des années 2000, où il va multiplier les rôles dans des films d'auteurs comme dans projets plus commerciaux. Se sentant enfin libéré, embelli par la patine de l'âge, il se diversifie, aussi à l'aise dans un film d'action nerveux en forme d'hommage à John Carpenter comme Nid de Guêpes (Florent Emilio Siri, 2002) que chez l'intimiste Jacques Doillon pour Raja (2003), ou encore l'épileptique et limite conceptuel Arsène Lupin (Jean-Paul Salomé, 2004), tentative boursouflée et confuse d'adapter le célèbre personnage au cinéma. Décidément à la marge et au centre, insituable, il se glisse sans problème du blockbuster pseudo auteurisant La Môme (Olivier Dahan, 2007) à l'univers hyper confidentiel de Serge Bozon dans son musical La France (Id), où il joue un lieutenant déserteur et chanteur durant la Première Guerre mondiale. Déjà au générique du premier film de la jeune Maïwenn Le Besco, Pardonnez-moi (2006), il retrouve la réalisatrice pour jouer son propre rôle dans Le Bal des actrices (2008) ; puis part ensuite interpréter le compositeur Robert Schumann dans un film allemand, Clara (Helma Sanders-Brahms, Id), suivi d'Une Nuit de chien de Schroeter (Id), avec Bulle Ogier, Amira Casar, Sami Frey et Elsa Zylberstein.

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