Pascal Laugier doit sa jeune carrière de réalisateur à sa persévérance et à sa rencontre avec
Christophe Gans. Après une courte et insatisfaisante expérience universitaire, il fait ses classes dans une école privée de cinéma durant trois ans au sein de laquelle il écrit et réalise ses premiers courts-métrages en pellicule, après les essais Super 8 de son adolescence. L'un d'eux,
Tête de citrouille (1993), lui permet de diriger l'immense acteur Howard Vernon, aperçu chez
Jean-Luc Godard,
Sacha Guitry,
Fritz Lang ou Jean-Pierre Merlville, et inoubliable Dr Orloff chez Jesus Franco (1962), l'homme aux 188 films. A la fin de sa formation, s'en suivent quelques années de galère où, contraint de quitter Paris, Laugier parvient néanmoins à parfaire son apprentissage technique en assurant la photographie et la réalisation de films pornographiques italiens tournés sur la Côte d'Azur.
Finalement parvenu à autofinancer son nouveau projet,
Quatrième sous-sol (2001), court-métrage fantastique se déroulant dans une morgue, il en montre un premier bout à bout muet à
Christophe Gans dont il partage l'intense activité cinéphilique. Emballé, ce dernier lui propose de réaliser le making of de son troisième film dont il assure alors la préparation,
Le Pacte des Loups (id). Le pied à l'étrier, Laugier met par la suite en chantier
Saint-Ange (2004) où il cherche à faire frémir d'horreur, non sans peine et emphase, Virgine Ledoyen et
Lou Doillon. Hors tournage, l'expérience est pour lui un calvaire : sentiment d'incompréhension de la part de ses producteurs et distributeurs, réception critique sévère, désertion avérée du public. Si bien que le jeune réalisateur laissera passer quatre années avant de tourner son second long-métrage,
Martyrs (2008), nouveau trip horrifique et traumatique, un temps menacé d'une interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles pour cause de surenchère gore. Rien de très rassurant donc.