Les gens développent cette idée curieuse selon laquelle les films les incite à devenir violents alors qu'un film ne reflète que la violence de la société. ”
On ne dirait pas comme ça, mais la fibre du cinéma lui est venue grâce à l’armée. Exerçant son service militaire dans la Marine hollandaise, le jeune Verhoeven tourne un docu pour son employeur. Approché par la chaîne NTS, il dirige
Floris, une série TV tendance
Thierry La Fronde, avec en tête d’affiche un certain Rutger Hauer. Début des années 70, le réalisateur attaque son premier long métrage,
Business is business, peu convaincant. Commence alors l'ère provoc’ : l’adaptation du roman sulfureux
Turkish Delices lui vaut l’intérêt des critiques internationales. Les Etats-Unis l’encensent :
Turkish Delices, reçoit l’Oscar du meilleur film étranger,
Soldier of Orange est nommé aux Golden Globes,
Le Quatrième homme est récompensé par le Los Angeles Critics Award. Verhoeven s’exporte.
Sur le sol américain, il revient à ses amours médiévales avec
La Chair et le sang. La violence se veut omniprésente dans ses réalisations à l’instar de
Robocop et
Total Recall. Affiches trop bien-pensantes à son goût, il présente
Basic Instinct et révèle
Sharon Stone malgré elle (elle avait demandé le retrait de la scène de «l’interrogatoire»). Cannes est sous le choc, le film est interdit aux moins de 17 ans. Fier de lui, Verhoeven récidive avec
Showgirls. Premier nanar.
Pamphlet anti-militariste, Starship Troopers lève un temps la mésestime planant sur le cinéaste, qui sera ensuite victime malgré lui d’un scandale visant Sony Pictures. L'Homme sans ombre, produit par les studios, est largement plébiscité par le critique David Manning, meneur d’opinions très en vue sur la place hollywoodienne. Il s’avérera par la suite que Manning n’existait pas, derrière le journaliste se cachant l’un des directeurs marketing de Sony. Paul Verhoeven se retire alors d'Hollywood et tourne aux Pays-Bas et en langue hollandaise l'excellent Black Book, évocation de la résistance néerlandaise sous l'occupation nazie, qui n'est pas sans rappeler Soldier of Orange.