Peter Graves, acteur de cinéma et télévision, a connu le succès dans les années 60 et 70 avec la série d'espionnage
Mission : Impossible dans laquelle il interprétait le chef des opérations, Jim Phelps. Passionné de sports et de musique depuis son enfance, il devient à l'âge de seize ans speaker pour une radio de Minneapolis, sa ville natale. Après deux ans dans l'US Air Force, il intègre l'Université du Minnesota où il étudie l'art dramatique dans l'espoir de faire carrière à Hollywood.
En 1951, il fait ses débuts au cinéma pour le réalisateur de série B John Rawlins dans
Rogue River et
Le Fort de la Vengeance (1953). Rapidement, il multiplie les apparitions et parvient à décrocher un second rôle dans
Stalag 17 de
Billy Wilder aux côtés de William Holden. Ses qualités physiques le portent alors vers le film d'aventure comme
A l'est de Sumatra (Budd Boetticher, id) et le western, à l'image de
La Loi du scalp (1953) et
La Hache sanglante (1954) réalisés par Lesley Selander. L'année suivante, il a le privilège d'être dirigé par
John Ford dans
Ce n'est qu'un au revoir (1955) où Tyrone Power nous fait partager, entre rire et émotion, ses souvenirs de jeune Irlandais au sein de la célèbre école militaire de West Point.
Pourtant sa carrière peine à décoller. Et ce n'est pas le retentissant échec commercial de
La Nuit du chasseur (id), magnifique et inclassable œuvre au noir de Charles Laughton, qui va l'y aider. Graves retourne donc à ses westerns, qui deviendront son genre de prédilection, enchaînant
Wichita (
Jacques Tourneur, id),
Fort Yuma (Lesley Selander, id) et
La Caravane des hommes traqués (Harmon Jones, 1956). Il s'essaye par la suite, sans grand succès, au film noir avec
The Naked Street (Maxwell Shane, 1955) et semble nettement plus à son aise dans
Condamné au silence (Otto Preminger, id), dans lequel il porte l'uniforme presque avec autant de classe que
Gary Cooper. Comprenant probablement qu'il restera sur grand écran un acteur de second plan, il décide parallèlement de se tourner vers la télévision où il interprétera durant près de cinq ans le rancher au grand cœur de la série
Fury (1955-1960).
A partir des années 60, en dehors de quelques westerns comme
Texas, nous voilà ! (Michael Gordon, 1966), avec
Dean Martin et
Alain Delon, et
Le Ranch de l'injustice (Andrew V. McLaglen, 1967), Graves trouve l'essentiel de ses rôles dans diverses séries télé pour lesquels il endosse de manière régulière son costume de cow-boy (
Le Courrier du désert, 1961) ou de militaire (
Court Martial, 1966). En 1967, les producteurs de
Mission : Impossible le choisissent en remplacement de Steve Hill pour incarner le rôle de l'agent Jim Phelps. Durant six saisons, le show fonctionne à plein régime, lui assurant la reconnaissance tant attendue. A son arrêt en 1973, il poursuit naturellement sa carrière sur le petit écran, entre séries (
La Croisière s'amuse, 1978-1980) et téléfilms de qualité souvent médiocre, tout en apparaissant dans quelques nanars inédits en France.
En 1980, les Zucker-Abrahams- Zucker (ZAZ) viennent à sa rescousse en lui proposant le rôle du capitaine de vol de leur parodie
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), qu'il reprendra dans la suite
Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ?Ken Finkleman, 1982). Continuant de figurer au générique de nombreuses séries, Graves trouve temporairement un second souffle avec la nouvelle version de sa série fétiche,
Mission : Impossible, 20 vingt après (1998-1990), avant de disparaître petit à petit des écrans télé, uniquement sollicité en tant que guest star dans
Sept à la maison (1997-2007),
Dr House (2005) ou
Cold Case (2006).