Il est l'image même de l'élégance anglo-saxonne. Classe, chic, smart, moins parfait dandy que gentleman idéal, Pierce Brosnan c'est d'abord le style, classique, sobre mais sexy, glamour à mort. Irlandais d'origine, il grandit à Londres après le divorce de ses parents. Rêvant depuis très tôt d'embrasser une carrière d'artiste, il se lance dans des études d'art dramatique au London's Drama Center après avoir été remarqué par un agent alors qu'il jouait les cracheurs de feu dans la rue. Ses études terminées, il se lance au théâtre à partir du milieu des années 70. Il se fait alors très vite remarqué, notamment pas Tennesse Williams en personne pour sa prestation dans
The Red Devil Battery Sign. Ses premiers succès sur les planches lui permettent de faire ses premières apparitions au cinéma et à la télévision, en Angleterre d'abord puis aux USA :
Resting Rough ( (Nikolas L. Janis, 1979),
Racket John Mackenzie, 1980),
Les professionnels (TV, 1980),
Le Miroir se brisa (Guy Hamilton, Id) et enfin
The Manions of American (TV, 1981), mini-série grâce à laquelle il se fait connaître aux Etats-Unis. Cette popularité soudaine explose l'année suivante lorsqu'il devient la star de la série
Les Enquêtes de Remington Steele (1982-1987), un somptueux mélange de comédie, romance et mystère. Pierce Brosnan devient alors célèbre aux quatre coins du monde, les filles de tous âges sont folle de lui, il est l'amant idéal.
En 1986, alors que chacun s'accorde à dire que Brosnan serait une relève crédible à un
Roger Moore vieillissant pour reprendre James Bond, l'acteur se voit proposer d'incarner le personnage. Malheureusement, son contrat d'exclusivité pour
Remington Steele l'oblige à décliner l'offre d'Albert R. Broccoli, producteur légendaire de la saga. Il laissera le rôle à Thimothy Dalton, avant de pouvoir enfin l'accepter en 1994. Pas encore libéré de sa série, Brosnan fait ses véritables débuts au cinéma grâce au surdoué John McTiernan (futur auteur de
Die Hard), qui tourne alors son premier film,
Nomads (1986). Il retrouve ensuite John Mackenzie pour le thriller
Le quatrième protocole (1987), aux côtés de
Gene Hackman, puis rapidement, n'obtenant aucun succès avec ses productions anglaises :
Taffin (Francis Megahy, 1998) et
Les Imposteurs (Nicholas Meyer, Id), il revient vers la télévision pour laquelle il tournera régulièrement jusqu'au milieu des années 90. Quelques titres au cinéma néanmoins au début de cette nouvelle décennie :
Mister Johnson (Bruce Beresford, 1990), nominé et récompensé à Berlin,
Le cobaye (Brett Leonard, 1992), nanar SF sur fond de réalité virtuelle,
Explosion immédiate (Christian Duguay, Id), un film d'action oublié,
Madame Doubtfire (
Chris Columbus, 1993), comédie populaire à succès, et enfin
Rendez-vous avec le destin (Glenn Gordon Caron, 1994), remake d'
Elle et lui de Léo McCarey dessiné pour le jeune coupleWarren Beatty et
Annette Bening.
007, et après
Lorsque Brosnan négocie son contrat avec Broccoli pour
James Bond, il demande une clause de non exclusivité, il a retenu la leçon de
Remington Steele. Ainsi, au fil des épisodes, de 1994 à 2002, il va apparaître régulièrement dans d'autres productions, dont quelques chef-d'œuvre discrets de petits maîtres :
L'affaire Thomas Crown ( (John McTiernan, 1999) et
The tailor of Panama (John Boorman, 2001), ou encore
Mars Attacks ! (
Tim Burton, 1996) et
Leçons de séduction (
Barbara Streisand, Id). Concernant la saga 007, celle-ci débute magistralement avec le génial
GoldenEye (
Martin Campbell, 1995), une grande refonte de la saga dans laquelle Brosnan va se glisser avec autant d'intelligence que d'élégance. Puis suivront, inégaux :
Demain ne meurt jamais (Roger Spottiswoode, 1997) et
Le Monde ne suffit pas (Michael Apted, 1999), jusqu'à l'accident,
Meurs un autre jour (
Lee Tamahori, 2002), manège bordélique et déboussolé gavé d'effets spéciaux inutiles. En 2004, après un wagon de rumeurs interminables sur une possible rupture de contrat entre les producteurs de James Bond et l'acteur (jugé trop vieux), Brosnan annonce officiellement qu'il se retire. Les ragots continueront à alimenter la presse jusqu'à l'annonce de
Daniel Craig, qui bientôt tournera
Casino Royale. Libéré, l'acteur se tourne vers des comédies romantiques ratées :
Une Affaire de coeur (Peter Howitt, 2004) et
Coup d'éclat (
Brett Ratner, Id).
Producteur depuis 1998 (
Le neveu, Eugene Brady) via sa société de production Irish DreamTime, il fait meilleur impression avec
The Matador (Richard Shepard, 2005), où il s'amuse joyeusement à casser son image bondienne avec sa pudeur habituelle. Moins remarqué, le western
Seraphim Falls (David Von Aycken, 2006) ne sort pas en salles en France.
Le Chantage (Mike Barker, 2007), thriller nanarisant, est vite retiré des affiches, tandis qu'on a toujours aucune nouvelles de
Married Life (Ira Sachs, Id). Pierce Brosnan chante enfin
Abba dans l'adaptation de leur comédie musicale
Mamma Mia ! (Phyllida Loyd, 2008), puis retrouve son personnage de Thomas Crown dans une suite signée
Paul Verhoeven. Il est également à l'affiche en 2009 de
The Greatest (Shana Feste),
Caitlin (Marc Evans) autour du poète Dylan Thomas et
Vanilla Gorilla (Terry Loane), un film familial. Pierce Brosnan est également connu pour ses activités militantes, à la fois politiques et environnementales, et il a reçu en 2003 des mains d'Elizabeth II l'Ordre de l'Empire Britannique pour sa contribution exceptionnelle à l'industrie cinématographique britannique.