Pierre Jolivet s'est fait connaître au cinéma avec des comédies comme
Ma petite entreprise et
Je crois que je l'aime. Avant de faire ses débuts devant puis derrière la caméra, il crée pour la radio un duo comique avec son frère,
Marc Jolivet, Recho et Frigo. Bien connu durant les années 70, le tandem ira jusqu'à se produire sur la scène de l'Olympia en 1978. Après s'être séparé de son frangin qui poursuivra sa carrière d'humoriste en solo avec le succès que l'on connaît, Pierre Jolivet trouve un nouveau complice alors inconnu du grand public,
Luc Besson. Ensemble ils coécrivent
L'avant dernier (1981), un court, puis le premier long métrage du futur auteur du
Grand Bleu,
Le dernier combat (1983) - dans lequel Jolivet tient deux autres casquettes puisqu'il est également acteur et producteur. Les deux hommes collaborent à nouveau sur l'écriture du premier succès en salles de Besson,
Subway (1985), puis se séparent. Lancé, il passe à la réalisation en 1985 avec
Strictement personnel, un polar avec
Pierre Arditi et
Jean Reno autour de l'histoire d'un flic emprisonné pour payer les dettes de sa famille. Le film sera nominé aux Césars. Changement de style et de genre, il enchaîne sur
Le Complexe du Kangourou (1986), une comédie de mœurs avec
Roland Giraud où l'on retrouve son goût pour les personnages en déséquilibre. Le film fait un four et n'a pas très bonne réputation.
Face à cet échec, Jolivet s'adapte et change encore de genre. Il passe au drame psychologique façon
Midnight Express (
Alan Parker) avec
Force Majeure (1989) qui mené par Patrick Bruel et
François Cluzet remporte un joli succès en salles. Il s'essaie ensuite au thriller SF avec
Simple mortel où un universitaire doit éliminer ses proches pour sauver l'humanité (lourd dilemme). A chaque fois, Jolivet raconte l'histoire et le destin d'individus banals en prise avec des situations extraordinaires, inédites, démesurées. Suivront alors
A l'heure où les grands fauves vont boire (1993), une comédie où il dirige son frère, puis
Fred (1997), un thriller social sur fond de chômage où il met en scène pour la première fois l'acteur
Vincent Lindon qui va désormais devenir son fidèle collaborateur. Le film est salué par la critique, ce sera un tournant dans sa carrière. Après
En plein cœur (1998), un remake d'
En cas de malheur de
Claude Autant-Lara avec
Gérard Lanvin et Virgine Ledoyen d'après un roman de George Simenon, Jolivet retrouve l'équipe de
Fred, Lindon,
Berléand et
Roschdy Zem sur
Ma petite entreprise (1999), une comédie sociale sur fond d'ode à la fraternité et la débrouille. Le film obtient les faveurs du public et de la critique.
Jolivet change ensuite d'univers avec
Le frère du guerrier (2002) un film d'aventure médiéval raté avec Lindon et
Guillaume Canet. Suivront les comédies
Filles uniques (2003), sur l'amitié entre une juge d'instruction et une voleuse, puis
Zim and co. (2005), un portrait peu convaincant d'ados en galère filmé avec un style très télévisuel que certains n'hésiteront pas à rapprocher de nos pires séries télé- étrangement présenté à Cannes pour Un certain regard, le film recevra un accueil chaleureux d'une partie de la presse. Deux ans plus tard, Pierre Jolivet opte pour la comédie romantique avec
Je crois que je l'aime (2007), avec
Vincent Lindon et
Sandrine Bonnaire. Le film s'aventure sur un genre difficile qui d'habitude ne réussit pas au cinéma français, pourtant Jolivet s'en sort avec les honneurs, la critique ne tarit pas d'éloges à son sujet malgré quelques rares voix dissonantes. Après ce film léger à l'écriture impeccable, Jolivet réalise
La très très grande entreprise (2008), une comédie sociale prenant comme sujet la mondialisation. Si le titre évoque inévitablement le grand succès que fût
Ma petite entreprise, aucun lien de parenté pourtant. Le réalisateur distinguant par ailleurs ses références, si l'un évoquait plutôt le cinéma anglais de
Stephen Frears ou
The Full Monty, le dernier se rapproche davantage de la comédie italienne des années 1960 et 1970.