Rabah Ameur-Zaimeche




Après Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ? et Bled number one, Rabah Ameur-Zaimeche clôt sa trilogie en beauté avec Dernier maquis, qui scrute avec acuité la criculation de la parole dans une entreprise de réparation de palettes.

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A propos du titre
Le dernier maquis, ça représente ce mur de palettes qui est un lieu de résistance, un lieu de lutte. Finalement les choses ne changent pas, elles demeurent : le moteur de l'Histoire, c'est toujours la lutte des classes. La fin de l'Histoire, ce n'est pas pour demain.

Le film représente-t-il la fin d'une trilogie, après Wesh Wesh et Bled number one ?
J'ai effectivement le sentiment de terminer quelque chose que j'avais commencé avec Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ?, sur les structures sociales, sur le déterminisme et aussi sur les différentes particularités des diasporas.

Peut-on dire que le patron construit une mosquée afin de mieux contrôler les travailleurs ?
Ouvrir une mosquée dans un lieu de production ne va pas sans conséquences. C'est un lieu où on peut prier, s'organiser et parler de ses différentes activités quotidiennes. On peut donc y faire de la politique. La mosquée est un lieu politique par excellence : elle est gardienne du troupeau mais aussi gardienne des valeurs les plus démocratiques de notre système politique. Le patron ne fait pas ouvrir cette mosquée uniquement pour dominer, c'est avant tout pour participer et tenter de séculariser une religion méconnue.

(propos recueillis par Damien Leblanc lors de la conférence de presse cannoise en mai 2008)

Damien Leblanc.