Richard Berry se découvre une passion pour le théâtre à l'adolescence. Après avoir rejoint une troupe amateur, il intègre le Conservatoire en 1970 et en reçoit le premier prix en 1972. L'année suivante il entre à la Comédie Française, où durant sept ans il interprète les plus grands classiques. A la fin des années soixante dix, il réalise enfin son rêve, jouer au cinéma. C'est
Elie Chouraqui qui le concrétise en lui offrant l'un des rôles principaux de
Mon premier amour (1978), où il apparaît aux côtés de
Nathalie Baye et
Anouk Aimée. Par la suite l'acteur ne va plus cesser de tourner. On le voit d'abord souvent à la télévision ou chez des réalisateurs de l'époque qui n'ont pas marqué :
Un assassin qui passe (Michel Vianey, 1981),
L'Homme fragile (Claire Clouzot, Id) ou
Putain d'histoire d'amour (Gilles Béhat, Id). Puis, partir de 1982, sa carrière s'envole grâce à plusieurs succès populaires. Il participe ainsi au
Grand pardon d'
Alexandre Arcady, un auteur dont il restera fidèle puisqu'on le reverra dans
Le grand carnaval (1983),
L'Union sacrée (1989),
Pour Sacha (1991),
Le grand pardon II (1992),
Entre chiens et loups (2002), et en narrateur dans
K (1997) et
Là-bas... mon pays (2000). Il participe aussi à
La Balance (Bob Swaim, 1982), polar qui à l'époque remporte tous les suffrages mais qu'aujourd'hui plus personne n'oserait défendre. La même année il est également à l'affiche dans l'un des derniers grands films de
Jacques Demy,
Une chambre en ville.
Ces succès, mais aussi son charme et son talent, permettent à Richard Berry de rapidement devenir l'un des comédiens les plus convoités de sa génération. Il tourne plusieurs films par an, dans des genres très divers et des productions de qualités généralement plus que discutables. On préférera par exemple oublier ses polars middle eighties :
L'Addition (Denis Amar, 1984),
La Garce (Christine Pascale, Id),
Urgence ( (Gilles Béhat, 1985) et
Spécial police (Michel Vianey, Id) ; ne pas se souvenir de son incursion aux côtés de
Nathalie Baye dans le film d'horreur
Lune de miel (Patrick Jamain, Id) ; zapper ses essais côté comédie avec le sur-starisé
Suivez mon regardJean Curtelin, 1986) ; et tirer un trait sur d'autres navets tels que
Taxi Boy (Id) ou
Cayenne Palace (Id). On l'oubliera toutefois un peu moins chez
Lelouch dans
Un homme et une femme, vingt ans déjà (1986). Arrivent ensuite les années 90 que Berry commence chez
Verneuil qui fait son retour après huit ans d'absence. Il sera à l'affiche de
Mayrig (1991) puis du dernier film du cinéaste,
588 rue Paradis (1992). Berry retrouve ensuite Christine Pascale pour une belle histoire de divorce récompensée du prix Louis Delluc,
Le petit prince a dit (Id). Puis, en 1995 il croise à nouveau la route de la réalisatrice avec
Adultère, mode d'emploi, ainsi que celle de
Bertrand Tavernier pour
L'Appât, Ours d'or à Berlin.
A partir de
Pédale douce (Gabriel Aghion, 1996), Richard Berry renoue également avec la comédie (populaire), genre auquel il reviendra ensuite ponctuellement avec plus ou moins de succès :
Quasimodo d'El Paris (
Patrick Timsit, 1999),
15 août (Patrick Alessandrin, 2001),
Tais-toi ! (2003) et
La Doublure (2006) de
Francis Veber, ou encore
L'Américain ( (Bruno Amestoy et
Patrick Timsit, 2004). Entre 2002 et 2004, il prête aussi à plusieurs reprises sa voix pour les adaptions en dessin animé des célèbres aventures du héros de bande dessinée Corto Maltese, entre autres la version sortie en salles,
Corto Maltese, la cour secrète des arcanesPascal Morelli, 2002). Mais cette décennie voit surtout le premier passage derrière la caméra de Richard Berry :
L'Art (délicat) de la séduction (2001), une comédie romantique pas très délicate avec Patrick Timist. Malgré les critiques plutôt négatives, le jeune réalisateur récidive en 2003 avec
Moi César, 10 ans et demi, 1,39 mètre, une comédie pas du meilleur niveau mais où l'auteur commence à faire ses preuves. Puis, surprise Berry revient en 2005, toujours produit par
Besson et son Europa Corp, avec un thriller adapté de
Tonino Benacquista,
La Boîte noire, qui ne manque pas de diviser la critique. Et à croire que le désormais cinéaste s'est trouvé une voie, il récidive en 2008 avec
L'Immortel, un polar avec
Jean Reno adapté du romancier et journaliste
Franz-Olivier Giesbert. Il également attendu dans les salles avec
Les Insoumis (Claude-Michel Rome, 2008) et le prochain
Francis Veber,
A Pain in the Ass (2009).