Robert Luketic s'est imposé tranquillement à Hollywood depuis le début des années 2000 avec des comédies comme
La Revanche d'une blonde. Né à Sydney en Australie, il s'intéresse très tôt au cinéma en réalisant des petits films amateurs. Après avoir obtenu son premier prix à l'âge de 15 ans, il intègre le Victorian College of Arts où il réalise le court-métrage
Titsiana Booberini (1997). Remarqué, cette petite comédie autour d'une jeune employée de supermarché, accablée par la routine et l'attitude de ses collègues, fait fureur dans les festivals. Montré à New York et à Sundance, le film devient rapidement culte, il servira de passeport à Luketic qui rentre à Hollywood par la grande porte en 2001 avec
La Revanche d'une blonde. Premier film américain et premier succès. Mené par
Reese Witherspoon,
Luke Wilson et
Selma Blair, cette comédie étonne par son élégance et son intelligence. Récit d'une jolie blonde qui larguée par son copain, décide de se lancer dans des études de droit à Harvard, le film renverse les clichés et déterre la vérité, sans prévenir, avec un sens du burlesque et du détail réjouissants. La coquetterie et la superficialité se transforment en vertus sur lesquelles ricochent les préjugés des autres. La blonde idiote et nunuche, image négative récurrente, est ainsi brillamment déconstruite. Selon Luketic, l'hyper féminité est un atout, elle mène l'héroïne à la victoire et renvoie chacun à la nature de son propre regard. La blondeur sert de reflet à notre snobisme, celle qui l'incarne est pure, un ange.
Le registre de la comédie semblant lui réussir, Luketic enchaîne trois ans plus tard sur
Rendez-vous avec une star (2004), une comédie romantique avec
Topher Grace et
Kate Bosworth. Hélas le film sort en plein été et fait un bide. Mal dégrossi par un scénario bourré de clichés et de situations peu inspirées, le film laisse peu de place à Luketic qui s'égare et ne retrouve pas avec bonheur le style de son film précédent. Le cinéaste enchaîne sur
Sa mère ou moi (2005) où
Jennifer Lopez et
Jane Fonda jouent belle-fille et belle-mère en conflit. Si Luketic respire un peu et retrouve par moment son élégance, le film est malheureusement plombé par sa non-actrice (Lopez) qui s'évertue à faire du cinéma. Ici, ses mimiques de mauvaise actrice de boulevard alourdissent sérieusement une œuvre qui doit rebondir avec la plus grande légèreté pour trouver son rythme. Au final le film est bâclé, il ressemble à une mauvaise version féminine de
Mon beau père et moi. Trois ans plus tard, Luketic signe
Las Vegas 21 (2008) avec
Kevin Spacey et
Kate Bosworth, l'histoire de trois étudiants en math qui ont mis au point un procédé pour tricher au black jack dans les casinos de Las Vegas. Enivré par les lumières de la ville, le cinéaste se perd encore une fois. Espérons qu'il retrouve l'inspiration avec sa future comédie romantique,
The Ugly Truth (2009), avec
Gerald Butler et
Katherine Heigl.