Robert Zemeckis



Robert Zemeckis Nationalité : américaine
Naissance : 14 May 1951 à Chicago
Age : 58 ans
Métiers : Réalisateur, Producteur de cinéma, Scénariste de cinéma
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Robert Zemeckis c'est l'Amérique des eighties nostalgique des fifties, celle qu'on découvrait ému et rêveur un jour de 1985 à bord d'une machine à remonter le temps avec Michael J. Fox, et qu'on n'oubliera jamais. C'est la génération des Spielberg ou Lucas, celle des cinéastes cinéphiles dingues de technologie, d'effets spéciaux, ravis de faire vivre en image l'impossible, l'inconcevable, leurs jouets. Zemeckis un kid de plus né et élevé avec la télévision comme ami, unique regard sur le monde, école des fantasmes. Ses films seront les témoins de ce rapport exclusif à l'image, du souvenir (Retour vers le futur) jusqu'à refaire l'Histoire (Forrest Gump), pour finir par nier et réinventer le réel en le plongeant dans un bain numérique (Le Pôle Express). Fasciné par les films 8mm de ses parents, Zemeckis passe très tôt à la pratique en filmant les anniversaires, les fêtes de famille, puis bientôt des petits films entre amis qu'il truffe d'effets spéciaux bricolés. Il se décide alors vite à faire du cinéma, malgré l'avis de ses parents. Quittant Chicago pour Los Angeles, il s'inscrit en cinéma à la University of Southern California. C'est le début des années 70, l'heure est au cynisme, au cinéma dépressif, politique, indépendant, européen ; c'est l'ère des films adultes qui ont du sens et veulent être en contact avec la réalité. Mais Zemeckis se moque pas mal de la Nouvelle Vague, de Godard ou Antonioni, lui et son ami Bob Gale préfèrent Clint Eastwood, James Bond ou Walt Disney, ils veulent partir à la conquête d'Hollywood, celui qui les a fait rêver.

A la fin de ses études en 1973, Zemeckis part avec son film de fin de scolarité sous le bras, A Field of Honor, pour le montrer au jeune Steven Spielberg sortant à peine du succès de Duel (1971). Impressionné, le futur papa d'ET devient vite le mentor de Zemeckis qui l'aide à se lancer. Ainsi après deux premiers longs au succès plus que mitigé : Crazy Day (1978) et La Grosse magouille (1980), une comédie avec Kurt Russell ; une participation au scénario du plus gros bide historique de Spielberg, 1941 (1979) ; et pas mal de galères ou de projets avortés, Zemeckis est enfin engagé par Michael Douglas (producteur et acteur) pour son premier succès, A la poursuite du diamant vert (1984). Grand cocktail d'aventure et de comédie romantique surfant gentiment sur l'exotisme d'Indiana Jones, le film est une réussite. Zemeckis a alors montré patte blanche, il peut tourner un film dont il a coécrit le scénario avec Bob Gale : Retour vers le futur (1985), où le jeune Michael J. Fox, propulsé malgré lui dans les années 50, tente de ne pas changer le passé de ses parents. C'est un triomphe, le film devient culte instantanément, Zemeckis a ressuscité la série B en la dédoublant : tout en empruntant le thème futuriste du voyage dans le temps, il opère un retour nostalgique aux fifties où sont nés les films qu'il admire et où se déroule l'action. L'histoire du film est celle d'un hommage à une époque et au cinéma, tout en étant un jeu sur l'évolution technologique comme signe du temps. Temps qu'on peut manipuler, comme le cinéma, la grande obsession de tout cinéaste et de Zemeckis en particulier.

Image/temps


Avant de tourner deux suites qu'il réalisera dans la foulée : le génial Retour vers le futur 2 (situé dans le futur) et l'inégal Retour vers le futur 3 (au temps du western), Zemeckis réalise un vieux rêve, marcher sur les pas de Disney avec Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), où il mélange avec habileté personnages réels et animés. Ce vieux procédé, qu'Hollywood avait déjà tenté à plusieurs reprises (Mary Poppins, entre autres), atteint ici une qualité de finition technique époustouflante pour l'époque. Mais ne s'arrêtant pas qu'à une belle démo, le film met habilement en scène une histoire digne de Chantons sous la pluie où l'on explore les coulisses d'un Hollywood imaginaire avec milles petits clins d'oeil à la réalité. Entre parodie et hommage, il imagine une intrigue délirante dans la pure tradition du film noir où, idée grandiose, les toons cohabitent avec les vivants. Premier film à poser le postulat invraisemblable d'une coexistence possible entre des êtres de chair et des personnages de papier, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? révèle très tôt le chemin que veut prendre Zemeckis, pour qui le réel et les acteurs ne sont qu'une donnée technique manipulable à loisir. Chez lui la distinction entre la réalité et l'imaginaire n'existe pas, comme les corps, qui ne sont que des surfaces à intégrer dans l'image et auxquels on peut tout faire subir, sans limites. Comme en témoigne La Mort vous va si bien (1992), un festival ludique et comique où Bruce Willis, Meryl Streep et Goldie Hawn se font découper ou trouer dans tous les sens possibles.

Après ce petit plaisir coupable, véritable démo technique du morphing, quelques épisodes de la série de Spielberg, Histoires fantastiques, Zemeckis réalise sa version du Candide, Forrest Gump (1994) avec Tom Hanks serrant la pogne à Nixon. Le film est un succès commercial énorme, il remporte plusieurs Oscars. Dans une vaine teintée de mélo et d'un humanisme parfois limite (Robin Wright Penn qui meurt fatalement pour sa vie dissolue), le cinéaste refait l'Histoire qu'il a connue, s'amuse à falsifier habilement des documents d'archive en introduisant son acteur, et montre à nouveau à renfort de moyens techniques comment manipuler même les traces les plus fiables. Pour lui, l'Histoire du 20ème siècle ce sont d'abord des images, rien que des images, qui nous appartiennent. Après quelques épisodes des Contes de la crypte, suivront Contact (1997) où Jodie Foster se bat contre l'administration pour défendre son projet de rencontre du troisième type, The 20th Century : The Pursuit of Happiness (1999), un documentaire sur l'histoire de l'addiction (drogue, alcool, cigarette) aux USA, puis en 2000 deux films réalisés coup sur coup, Apparences et Seul au monde. Ces films, par ailleurs intriguants dans la filmographie de Zemeckis, seront ses deux derniers projets en prises de vues réelles. Le premier, un thriller fantastique hitchcockien avec Harrison Ford et Michelle Pfeiffer, est une merveille de tension où tout repose sur la mise en scène. Le second est un tour de force, une relecture contemporaine et morale de Robinson Cruosé avec Tom Hanks, employé de Fedex (fatalement obsédé par le temps) échoué seul sur une île.

Digital stars


Après ces deux films insolites obtenant chacun un joli succès en salles, Zemeckis n'a plus qu'une idée en tête, le numérique. Il investit alors dans le développement de nouvelles technologies, de studios, et à l'ouverture de son Robert Zemeckis Center for Digital Arts, il invite quelques proches ou pontes d'Hollywood comme Spielberg ou Lucas pour leur présenter son projet et les convaincre de son avenir. En 2004 il sort enfin son premier bébé entièrement digital, Le Pôle Express, inspiré du livre pour enfants de Chris Van Allsburg. Le film utilise un procédé original, le performance capture, où des acteurs (ici Tom Hanks pour l'essentiel) sont filmés puis digitalisés, bidouillés, et introduits dans des décors numériques. Ce premier essai est malheureusement fort discutable tant en terme d'esthétique, de procédé que en qui concerne la qualité du récit. La performance capture semble bien vaine et fait parfois froid dans le dos, certains passages du film sont sinistres. Mais quoiqu'on pense du film, il faut reconnaître que Zemeckis a franchi une étape, qu'il approfondit trois ans plus tard avec le plus convaincant La Légende de Beowulf (2007), adaptation sans concession d'un conte nordique célèbre avec Ray Winstone, Angelina Jolie et Anthony Hopkins. Le ton plus mature du film et son système de performance capture mieux maîtrisé, Zemeckis laisse entrevoir des possibilités vertigineuses et encore limitées à une esthétique très particulière mais non négligeable. Avec le même procédé il réalise enfin A Christmas Carol (2009), une adaptation du Conte de Noël de Dickens avec Jim Carrey. Il ne semble pas prêt à revenir en arrière et avoir convaincu son ami Spielberg qui tournera le premier épisode de Tintin avec le même procédé.

Robert Zemeckis : dossiers et critiques

5. Retour vers le futur (Back to the Future), de Robert Zemeckis (1985)

Personnalités associées à Robert Zemeckis

Collaborations Tom Hanks, Jim Carrey, Angelina Jolie, Bruce Willis, Michael Douglas, Anthony Hopkins, Gary Oldman, Meryl Streep, Kathleen Turner, Goldie Hawn, Michelle Pfeiffer, Harrison Ford, Michael J. Fox, Gary Sinise, Danny DeVito, Jonathan Franzen , Robin Wright Penn
Amis/Famille Steven Spielberg

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