Romy Schneider



Romy Schneider Vrai nom : Rosemarie Magdalena Albach-Retty
Nationalité : française
Naissance : 23 septembre 1938 à Vienne (Autriche)
Mort le : 29 mai 1982

Métier : Actrice
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Romy Schneider, une beauté fragile et un destin tragique qui n'en finit pas d'émouvoir, d'alimenter ce feu sacré où crépitent les plus belles idoles inventées et sublimées par le cinéma. Elle restera un rêve, un songe, une créature romanesque dont le visage et la vie suscitent encore mille fantasmes, tant de convoitises perdues et de regrets, d'égards brûlants et de cœurs battant la chamade à l'énoncé de son nom. Douée et généreuse, elle traversa le cinéma européen, passant des produits fabriqués et impersonnels aux plus grands metteurs en scène de son époque. Son quotidien, ses amours, ses déboires, ses combats, ses blessures, firent autant rêver le public que ses films où elle débuta encore adolescente. Née à Vienne et de parents comédiens - sa mère, Magda Schneider, a notamment jouée pour Ophuls dans Liebelei (1933) -, elle apparaît pour la première fois à l'écran en 1953 dans Les Lilas blancs (Hans Deppe). Le succès du film lui permet d'obtenir rapidement des rôles en costumes dont le plus célèbre sera celui de l'impératrice Sissi dans le film qui ouvrira la saga, Sissi impératrice (Ernst Marischka, 1956). En princesse fragile et capricieuse adorée par son peuple, elle fait alors tourner les têtes du public qui ne se lasse jamais de ces histoires de cour, de jeunes filles emballées dans des crinolines et de décors irréels. Jeune, sublime, l'actrice devient vite une star.

Mais cette image de belle princesse bavaroise ou de Reine Victoria (Les jeunes années d'une reine, Ernst Marischka, 1954), ces romances à l'eau de rose pour jeunes filles au cœur de midinette (Mam'zelle Cri-Cri, Id, 1955), Romy va vite chercher à les fuir. En 1956 elle réussit à s'en échapper, au prix d'un chantage relatif au troisième épisode de Sissi, avec Kitty à la conquête du monde (Alfred Weidermann) et Un Petit coin de paradis (Josef Von Bàky, 1957). Malheureusement le public ne suit pas, il préfère son héroïne en froufrou de dentelles et couronne de lumière, errant dans les palais et autres châteaux de prestige peints de mille couleurs saturées. Elle retourne ainsi à la romance et la guimauve jusqu'à atteindre des limites en 1958 avec Christine (Pierre Gaspard-Huit), remake pathétique de Liebelei dont la seule chose décisive est de lui faire rencontrer le jeune et beau Alain Delon. S'installant à Paris, l'actrice tombe amoureuse. Il lui fait découvrir la vie parisienne, ils n'hésitent pas à s'afficher ensemble au grand jour, leur histoire passionnée fera les choux gras de la presse. Delon représente son opposé, il incarne tout ce qu'elle n'a pas connu, l'inverse de l'univers bourgeois et ordonné dans lequel elle a grandi et vécu. Delon c'est les voitures de sport, la vie à cent à l'heure, l'excitation permanente, l'argent jeté par les fenêtre, l'insouciance, l'aventure. Surtout l'acteur l'aide à se sortir de son carcan, il lui fait rencontrer du beau monde, des metteurs en scène qui pourraient l'aider à se renouveler.

La petite fiancée de l'Europe


Leur idylle sera de courte durée, portée aux nues, Romy en sortira abîmée, mais elle sera profitable pour sa carrière. Grâce à Delon, l'actrice rencontre Visconti. Le maestro du néo-réalisme italien les fait jouer ensemble au théâtre en 1961 dans Dommage qu'elle soit une putain, la pièce obtient un triomphe. La même année il lui offre un rôle dans son segment de Boccacio 70 (1962), qui la sort alors de ses opérettes à travers un personnage à l'érotisme ambigu et moderne. Romy ne tarde pas à attirer l'attention des producteurs américains, on la surnommera « la petite fiancée de l'Europe ». Ainsi, après un ultime baroud d'honneur en Princesse Elisabeth pour l'infatigable Ernst Marischka dans Forever My Love (Id), Romy quitte enfin pour de bon ses terres autrichienne et s'envole pour la France où elle tourne dans Le Combat dans l'île, second film d'un jeune réalisateur encore peu connu, Alain Cavalier, avec un Jean-Louis Trintignant encore à ses débuts mais déjà prometteur. Elle repasse ensuite par le théâtre pour jouer La Mouette de Tchekhov au festival d'Avignon, elle en sortira épuisée et bonne pour un séjour à l'hôpital. A son retour à Paris, son histoire avec Delon touche à sa fin, elle s'achèvera peu de temps après, il restera l'homme de sa vie. Heureusement le cinéma et ses cinéastes les plus doués sont là, à peine le temps de se remettre de sa convalescence qu'Orson Welles l'appelle pour jouer dans Le Procès (1962), adapté de Kafka. Elle part ensuite pour Hollywood où la Columbia lui offre un contrat. Elle y tourne son premier film en 1963, Le Cardinal d'Otto Preminger, bientôt suivi de la comédie avec Jack Lemmon, Prête-moi ta main (David Swift, 1964). Malheureusement elle a du mal à s'adapter aux contraintes des studios et aux méthodes des acteurs américains, elle rompt le contrat avant son terme.

Romy continue malgré tout de tourner dans quelques productions américaines : Quoi de neuf Pussycat ? (Clive Donner, 1965), une comédie avec Peter Sellers d'après un scénario de Woody Allen ; Dix heures et demie du soir en été de Jules Dassin (1966), La Fantastique histoire vraie d'Eddie Chapman (Terence Young), mais aucune ne s'avère un succès. Alors remariée avec l'acteur et réalisateur allemand Harry Meyen, elle quitte la France pour s'installer en Autriche où elle donne naissance à son premier enfant. En 1969, cinq ans après leur séparation, elle retrouve Alain Delon chez Jacques Deray dans La piscine, un thriller psychologique en forme de théâtre aquatique d'amour et de mort. Si ces retrouvailles font les choux gras des médias, le public français la retrouve plus belle, rayonnante et meurtrie que jamais, son mythe est en train de naître. Sa carrière fait alors encore un bond en 1970 avec Les choses de la vie, premier film qu'elle tourne avec Claude Sautet et début d'une précieuse collaboration qui passera par Max et les ferrailleurs (1971), César et Rosalie (1972), Mado (1976) et Une histoire simple (1978), pour lequel elle obtient le César de la meilleure actrice. On la découvre alors en femme moderne, bouleversante de vulnérabilité, faisant face aux difficultés du quotidien ou à son environnement, parfois prostituée sublime et paumée. Belle, désirable et solitaire, le public l'acclame. Elle est éblouissante.

Un destin tragique


Parallèlement elle retrouve Visconti pour qui elle devient Elisabeth d'Autriche dans sa fresque historique Ludwig (Le crépuscule des dieux, 1972), tourne deux fois pour Pierre Granier-Deferre, puis obtient un César pour son rôle de poupée érotique malade et tragique dans le sulfureux L'Important c'est d'aimer d'Andrzej Zulawski (1975), où elle est l'épouse inoubliable d'un Jacques Dutronc collectionneur et déphasé.  La même année sa collaboration avec Chabrol sur Les innocents aux mains sales (1975) se déroule mal, le film est un échec. Elle devient alors l'héroïne du lacrymal Le Vieux Fusil (Robert Enrico, Id) aux côtés de Philippe Noiret. Grand succès de l'époque. A la fin des années 70, Romy a du passer par le suicide de son ex époux Harry Mayen, la fin de sa relation avec Daniel Blasini, avec qui elle a eu un enfant, et son fils qui a du mal à gérer l'éloignement de sa mère. Tout autour d'elle se conjugue pour la mettre dans des disposions difficiles. Elle tourne néanmoins pour Bertrand Tavernier le film de science fiction La Mort en direct (1980), où Harvey Keitel, avec une caméra implanté dans son cerveau, filme la lente agonie de son épouse atteinte d'un cancer. Une parabole prévisible mais audacieuse sur la télévision d'un cinéaste de gauche balisé qui laissera le public mitigé. Celui-ci la retrouve alors dans un rôle plus attendu chez Francis Girod dans La Banquière (Id), film sur lequel l'actrice se remet en question, doute, culpabilise de perfectionnisme, s'enferme dans sa loge, craque.

L'année suivante sa santé se détériore sur le plateau de Dino Risi dans Fantômes d'amour (1981), où elle joue aux côtés de Marcello Mastroianni. Peu de temps après elle doit être opérée d'urgence, on lui retire un rein. C'est à cette occasion, alors qu'elle termine Garde à vue de Claude Miller (1981), que son fils David se rapproche d'elle. Hélas le sort semble s'acharner sur elle, David meurt dans un accident tragique, il s'empale sur un portail qu'il tentait d'escalader. L'actrice est en état de choc, l'affaire s'étale dans les journaux, à la télévision, elle est traumatisée, détruite, anéantie. Elle plonge alors son chagrin dans l'alcool qu'elle avait déjà connu, se gave de tranquillisants, trouve des compagnons de peine en Alain Delon et Jean-Claude Brialy, son ami. Elle tournera malgré tout La passante du sans-soucii (Jacques Rouffio, 1982), son dernier film, mais dans un étant de quasi folie clinique, désespérée, incapable de se remettre de la mort de David. Sa tristesse incommensurable sera palpable à l'écran, à sa sortie le film fait un triomphe. Il l'a surtout fait tenir debout encore quelques temps, face à cet adolescent qui joue son fils à l'écran, cet enfant qui a le même âge que celui qu'elle pleure, la réalité se mélange étrangement à la fiction. Malheureusement, à peine un mois après la sortie en salles, lasse, épuisée, dépressive, méconnaissable, Romy est retrouvée morte à son domicile. Son décès, une crise cardiaque aux causes inconnues qui n'en finira pas de faire couler de l'encre, intervient alors après une lente agonie. Femme aimée, amoureuse, trahie par les hommes comme par la vie, elle fût une héroïne énergique et tragique, une star brillant à jamais dans le ciel nuageux et tourmenté où vivent les actrices les plus émouvantes du cinéma.

Photos de Romy Schneider






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