Russell Crowe naît à Wellington, Nouvelle Zélande, puis part s'installer avec sa famille en Australie lorsqu'il a quatre ans. Il fait sa première apparition à la télévision australienne, dans la série
Spyforce, alors qu'il n'est âgé que de huit ans. Après être apparu dans plusieurs séries télé ou divers téléfilms, telles que
Les Voisins (1987) ou
Living With the Law (1990), il fait ses débuts au cinéma dans quelques productions australiennes comme
Blood Oath (Stephen Wallace, Id),
The Crossing (George Ogilvie, Id) où il tient le rôle principal,
La Preuve (Jocelyn Moorhouse, 1991), avec
Hugo Weaving, ou encore
Spotswood (Mark Joffe, 1992) avec
Anthony Hopkins. Russel Crowe commence alors à percer, il devient un acteur de premier plan. Toujours en Australie, il se fait remarquer en néo-nazi dans
Romper Stomper (Geoffrey Wright, 1992), en pilote de la Seconde Guerre mondiale dans le romantique film indépendant
Un temps pour aimer (Aaron Kim Johnston, 1993), et enfin dans la comédie sentimentale
The Sum of Us (Geoff Burton et Kevin Dowling, 1994).
Sharon Stone, co-productrice du film, le repère alors et lui confie un rôle dans
Mort ou vif (Id), le western revisité selon
Sam Raimi. C'est son ticket d'entrée pour Hollywood, qu'il ne quittera plus. Après quelques productions mineures ou ratées comme
No Way Back (Frank A. Cappello, 1995),
Programmer pour tuer (Brett Leonard, Id),
Miss Shumway jette un sort (Clare Peploe, Id), il attire l'attention du public avec
L.A. Confidential (
Curtis Hanson, 1997), un hommage nostalgique au film noir des années quarante adapté d'un roman du célèbre
James Ellroy, par ailleurs très impliqué sur le film. Son physique viril et imposant, sa voix rocailleuse émaillée d'un accent australien, son regard à la fois intimidant et tendre, sa belle gueule d'une autre époque, tout lui confère alors une singularité. Suivent trois films, dont deux inédits ici, où il est un peu oublié du public :
Heaven's Burning (Craig Lahiff, Id),
Breaking Up (Robert Greenwald, Id), une comédie romantique ratée avec
Salma Hayek, et une production Disney,
Mystery Alaska (Jay Roach, 1999). Puis Russell Crowe revient en force chez
Michael Mann dans le brillant
Révélations (Id), où au téléphone avec
Al Pacino ils tentent de faire tomber l'industrie du tabac.
2000, une grande année
Après avoir prouvé qu'il peut être un acteur complexe chez
Mann, et qu'il est capable de mettre son corps en valeur par l'épuisement, Russel Crowe se contredit chez
Ridley Scott dans
Gladiator (2000) qui sonne alors le renouveau (rapide) du péplum à Hollywood. Musculeux, impressionnant, l'acteur est parfait dans cette mécanique rutilante où il donne à son personnage en quête de vengeance une dimension intense et bouillante. Le film remporte cinq Oscars, et Russell Crowe celui du meilleur comédien. C'est alors la consécration pour l'acteur qui continue par ailleurs d'habiter en Australie, considérant que pour habiter à Los Angeles il faudrait que son pays et la Nouvelle Zélande soit submergées par un raz-de marée et l'Europe atteinte par la peste bubonique. Car Russell Crowe n'a pas sa langue dans sa poche et sait manier quand il faut l'ironie, qu'il adore, tout comme il aime à travailler son image de mauvais garçon. Ses films suivant ne seront toutefois pas le reflet de son caractère, on le retrouve dans
L'Echange (Taylor Hackford, Id), un mauvais thriller où il joue avec sa girlfriend d'alors,
Meg Ryan, puis en mathématicien surdoué dans
Un Homme d'exception (
Ron Howard 2001), pour lequel il sera une nouvelle fois nominé aux Oscars.
Après deux ans d'absence, Crowe réapparaît dans l'un de ses plus beaux films,
Master and commander de l'autre côté du monde (2003) de son compatriote Peter Weir, un grand film d'aventure adapté des romans de Patrick O'Brian, auteur d'une longue saga maritime et historique. Il joue un noble et valeureux capitaine de vaisseau anglais en pleine guerres napoléoniennes, auquel il donne une carrure et une force où se dégage sans cesse un regard aigu sur les choses, le monde, les autres personnages, chaque situation. Il est en adéquation avec la réalité de l'époque et celle du héros, dans un film qui mélangent la flamboyance romanesque et le réalisme comme on l'a rarement vu au cinéma. Après ce chef d'œuvre et deux autres années de silence, l'acteur retourne chez
Ron Howard pour
De l'ombre à la lumière (2005), puis, décidément fidèle, retrouve
Ridley Scott pour le très sous estimé
Une Grande Année (2006), fabuleuse comédie romantique à la classe aristocratique. Ensuite faux pas, Crowe se compromet dans le remake pour les nuls de
3h10 pour Yuma (James Mangold, 2007), puis il remonte très haut la barre avec son désormais complice et ami,
Ridley Scott, dans
American Gangster (Id), où dans le New-York des années soixante-dix il joue un flic têtu et incorruptible tentant de faire tomber le parrain de la mafia afro-américaine.
Cœur de rocker et acteur fidèle
Crowe revient enfin chez lui en 2008 pour jouer un détective enquêtant sur une adolescente ayant tuée sa famille dans
Tenderness (John Polson). Puis fait à nouveau équipe avec son mentor,
Ridley Scott, dans
Body of Lies (2008), sur l'histoire d'un journaliste américain qui blessé durant la guerre en Irak est utilisé par la CIA pour faire tomber un leader jordanien d'Al-Qaida. L'acteur partagera l'écran avec
the green man Leonardo di Caprio. Il sera ensuite à l'affiche de
State of Play (2009) avec Robin Wright, par le très surestimé Kevin MacDonald (
Le Dernier roi d'Ecosse). Le film est inspiré d'une série britannique diffusée sur la BBC et a pour sujet l'histoire d'une équipe de reporters d'investigations travaillant avec la police pour résoudre une affaire criminelle. Et comme on ne change décidément pas une équipe qui gagne, Russell Crowe est déjà prévu pour un futur film de
Ridley Scott,
Nottingham (Id), une relecture de
Robin des bois. A noter enfin qu'il est l'auteur de deux documentaires :
Texas (2002) et
60 Odd Hours in Italy (Id), autour du groupe de rock qu'il a formé avec son ami Billy-Dean Cochran, Thirty-Odd Foot of Grunts (six albums au compteur), et dans lequel il joue depuis 1987.