Salma Hayek mène depuis une dizaine d'années une double carrière, essayant de concilier son statut d'actrice sexy et ses activités de productrice dynamique. Née au Mexique, au sein d'une famille aisée aux origines espagnole et libanaise, elle part étudier à l'âge de douze ans à l'Académie du Sacré-Cœur à Grand Coteau en Louisiane. Mais cette école catholique ne convient guère à son tempérament fougueux. Lorsque les Sœurs demandent son renvoi, ses parents l'envoient vivre avec sa tante au Texas. Plus précisément à Huston, où elle restera jusqu'à ses dix-sept ans, avant de rejoindre sa terre natale et intégrer l'Université Ibéro-Américaine de Mexico.
Mais l'étude des relations internationales ne la passionne qu'un temps : elle est résoule à devenir actrice. En l'espace de quatre ans, grâce à l'immense popularité des telenovelas (feuilletons quotidiens en langue espagnole et portugaise)
Un Nuevo amanacer (1988) et
Teresa (1989-1991), dans laquelle elle incarne le rôle-titre, son ascension va être fulgurante. Or, cette nouvelle notoriété ne semble pas entièrement satisfaire la jeune femme, bien décidée à tenter sa chance de l'autre côté du Rio Grande.
Un sauveur nommé Robert Rodriguez
En 1991, Salma s'installe donc à Los Angeles afin de suivre les cours d'art dramatique de Stella Adler. Même si elle parvient à décrocher quelques apparitions télévisuelles, notamment dans les séries
Street Justice (1992) et
Dream On (id), et le drame estampillé latino
My Crazy Life (Allison Anders, 1993), ses difficultés à assimiler la langue anglaise limitent ses opportunités. En 1994, elle fait une rencontre décisive en la personne de
Robert Rodriguez. Séduit par sa force de caractère, leurs affinités communes et ses charmes généreux, l'apprenti réalisateur la prend sous son aile. Ensemble, ils vont lancer leurs carrières, se témoignant au fil des années une loyauté et une fidélité sans faille.
Initiée par le téléfilm vintage
Roadracers (1994), leur collaboration va s'étendre sur sept films : le western endiablé
Desperado (1995) ; le segment
The Misbehavers du film à sketches
Four Rooms (id) ; le jouissif
Une Nuit en enfer (1996), co-écrit par
Quentin Tarantino et dans lequel elle se livre à une fiévreuse danse vampirique ; le teen movie fantastique
The Faculty (1998) ; le dernier volet de la triologie ludique
Mission 3D Spy kids 3 (2003), ainsi que l'invraisemblable et très dispensable suite,
Il était une fois au Mexique Desperado 2 (2003). Jusqu'en 1998, ce sont précisément les films de
Rodriguez qui vont lui permettre de rester à flot car, à l'exception du carton mexicain
Midaq Alley (Jorge Fons, 1994), de la gentille comédie romantique
Coup de foudre et conséquences (Andy Tennant, 1997) ou du timoré
Studio 54 (Mark Christpher, 1998), les rôles se font plutôt rares.
Déterminée à réussir
L'année suivante, elle prend les choses en main et se met à travailler sur de nouveaux projets en créant sa propre maison de production, Ventanarosa. Parallèlement, sa carrière d'actrice connaît un sursaut avec l'adapation blockbuster de la série sixties
Les Mystères de l'Ouest,
Wild Wild West (Barry Sonnenfeld, id), et le portrait dramatique
Pas de lettre pour le colonel (Arturo Ripstein, id), produit par sa boîte. Les propositions vont alors s'enchaîner, notamment de la part du réalisateur britannique
Mike Figgis (
Timecode, 2000 ;
Hotel, 2001), jusqu'à la mise en chantier de
Frida (Julie Taymor, 2002), biopic de l'artiste peintre mexicaine
Frida Kahlo, pour lequel elle s'est énormément investie en ses qualités de productrice et d'actrice principale.
Nominée aux BAFTA, Golden Globes et Oscars, Salma tend ainsi à prouver que son talent ne se limite pas à la beauté de ses courbes. Ce qui va s'avérer nettement plus discutable au regard de ses films suivants, à l'image du soporifique
Coup d'éclat (
Brett Ratner, 2004), des peu passionnantes
Bandidas (Joachim Roenning, 2006) qu'elle forme avec Penelope Cruz, et de l'éprouvante adaptation de
John Fante,
Demande à la poussière (Robert Towne, id). Peut-être en sera t-il autrement du familial
Beverly Hills Chihuahua (Raja Gosnell, 2008), de l'épouvante vampirique du
Cirque du Freak (
Paul Weitz, id) et de la comédie
La Banda (Issa López, 2009).
Productrice influente
En attendant, ses choix en tant que productrice se sont avérés nettement plus judicieux. Elle a notamment réalisé pour le compte de sa société un drame familial multi primé,
The Maldonado Miracle (2003). Surtout, elle est à l'origine du succès public et critique de la série comique
Ugly Betty, variation américaine de la telenovela colombienne
Yo Soy Betty la Fea. Diffusé sur ABC depuis 2006, le show connaît désormais quelques déconvenues en termes d'audience, en dépit des efforts d'Hayek qui n'hésite pourtant pas à donner de sa personne durant sept épisodes (2006-2007). Devenue une femme d'affaire avisée, elle est aussi depuis avril 2007, la nouvelle présidente directrice générale de la société Ventanazul, créée en partenariat avec la Metro-Goldwyn-Mayer et chargée de la production et du développement de films latino-américains ou hispaniques.