Sandra Bullock est l'une des actrices américaines les plus populaires de sa génération, en dépit d'une filmographie peu intéressante compensée par un capital de sympathie jamais démenti. Fille d'une cantatrice d'origine allemande et d'un professeur de chant américain, Sandra vit à Nuremberg jusqu'à l'âge de 12 ans même si elle accompagne très souvent sa mère dans ses tournées à travers l'Europe. Avec sa sœur, elle prend des cours de ballet et de chant, ne tardant pas à débuter comme choriste dans les opéras maternelles. A son retour aux Etats-Unis, elle poursuit ses études secondaires à la Washington-Lee High School où elle devient une pom-pom girl émérite tout en participant aux pièces de l'atelier théâtral de son lycée. Diplômé en 1982, elle s'inscrit à la East Carolina University de Greenville. Puis, réalisant que sa priorité est de devenir actrice, elle abandonne ses études durant sa quatrième année et part s'installer à New-York où elle finance ses auditions en multipliant les petits jobs. Parallèlement, elle commence à suivre les cours d'art dramatique de la Neighborhood Playhouse, une école de théâtre réputée de Manhattan. Elle participe ainsi à plusieurs films étudiants avant de décrocher régulièrement, à partir de 1988, des rôles dans des productions Off-Broadway telle que
No Time Flat.
Débuts difficiles
Dès 1987, elle s'était déjà essayé au cinéma via le catastrophique thriller
Hangmen (J. Christian Ingvordsen, 1987) mais ce sont ses prestations scéniques qui vont lui permettre d'obtenir des rôles plus conséquents, surtout à la télévision, notamment dans
Brouilles et embrouilles (Daniel Adams, 1989),
L'Espion bionique (TV,1989) ou la série
Working Girl (TV,1990). Après l'arrêt du show, annulé au bout de 12 épisodes et dans lequel elle reprenait le rôle tenu par
Melanie Griffith dans le film éponyme de
Mike Nichols sorti deux ans auparavant, Sandra décide de faire une pause. Elle fait le choix de reprendre ses études et sort diplômée de la ECA School of Theatre and Dance de son ancienne université. Une expérience qui lui sera profitable puisque à son retour, en 1992, elle obtient un des rôles principaux des comédies
When the Party's Over (Matthew Irmas) et
Love Potion No. 9 (Dale Launer, id).
Lancée à toute allure
L'année suivante, elle côtoie
Kiefer Sutherland et
Jeff Bridges dans
La disparue (George Sluizer, 1993) et participe au film du critique Peter Bogdanovich,
The Thing Called Love (id) avant de découvrir les joies du blockbuster avec
Demolition Man (
Marco Brambilla, id). Ce mélange viril d'action et de science-fiction la révèle véritablement au grand public qui découvre alors son charme particulier, à la féminité sportive et maladroite. Puis, elle explose dans
Speed (Jan de Bont, 1994), film-bus au rythme trépidant où elle parvient à séduire
Keanu Reeves. Le film fait un carton au box-office international, faisant d'elle l'une des actrices les plus en vue d'Hollywood, ce jusqu'à la fin des années 90. Les clés de son succès reposant moins sur la qualité de ses films, souvent très discutable, que sur sa faculté à choisir avec soin les rôles qui lui conviennent le mieux. Autant à l'aise dans le registre de la comédie, du drame ou de l'action pure, elle est invariablement associée soit à des personnages romantiques comme dans
L'amour à tout prix (Jon Turteltaub, 1995),
Le temps d'aimer (Richard Attenborough, 1996),
Ainsi va la vie (Forest Withaker, 1998) ou
Un vent de folie (Bronwen Hugues, 1999). Soit à des personnages féminins dont la force repose sur leur indépendance et leur témérité, tels ceux de
Speed 2 - Cap sur le danger (Jan de Bont, 1997),
Traque sur internet (Irwin Winkler, 1995) ou
Le Droit de tuer ? (
Joel Schumacher, 1996).
Actrice et productrice
En 1998, sa carrière prend un tournant décisif quand elle décide de fonder sa maison de production, Fortis Films. Elle en profite alors pour écrire et réaliser
Making Sandwiches (1998), un court-métrage présenté à Sundance. Surtout, sa boîte va lui permettre de soutenir des projets dans lesquels elle peut faire partager son sens comique comme
Miss Detective (Donald Petrie, 2000) et sa suite
Miss FBI : divinement armée (John Pasquin, 2005,
L'Amour sans préavis (Marc Lawrence, 2003) avec l'irrésistible
Hugh Grant ou la série hispano
George Lopez (2002-2004).
Semblant se bonifier au fil des années, ce qui n'était franchement pas gagné d'avance, Sandra Bullock affiche désormais une maturité tranquille, parfois touchante. Comme en attestent le film choral
Collision (
Paul Haggis, 2004), la belle romance épistolaire
Entre deux rives (Alejandro Agresti, 2006) dans laquelle elle retrouve
Keanu Reeves, l'un des biopics de
Truman Capote Scandaleusement célèbre (Douglas Mc Grath, id) et le drame
Prémonitions (Mennan Yapo, 2007). Elle est désormais attendue dans les comédies
All About Steve (Phil Traill, 2009) qu'elle produit et
The Proposal (
Anne Fletcher, 2009).