Seijun Suzuki



Seijun Suzuki Nationalité : japonaise
Naissance : 24 May 1923 à Tokyo (Japon)
Age : 86 ans
Métier : Réalisateur
Suzuki par-delà le bien et le mal
En assistant à l'unique projection oficielle du...

Grand formaliste, Seijun Suzuki s’est fait connaître durant les années soixante à travers le film de yakuza qu’il révolutionne par ses audaces visuelles. Après avoir fait ses premières armes à la Shochiku comme assistant réalisateur dès la fin des années quarante, il entre à la Nikkatsu en 1954. Deux ans plus tard, il y tourne ses premiers films : La pureté de la mer, Le quartier du mal et A la santé du port : la victoire est à nous. Dès lors, il tourne à grande vitesse de nombreuses séries B dont généralement sujets et scénarios lui sont imposés par le studio. Beaucoup de ces films sont des yakuza-eiga (film de yakuza), un genre très à la mode et qu’il sait rendre rentable, ce qui le fait se remarquer par ses producteurs dont il gagne la confiance. Mais progressivement Suzuki se fait de plus en plus audacieux dans les partis pris esthétique de ses films. Ainsi dès Le vagabond de Kanto (1963), puis surtout La jeunesse de la bête (1963) et Détective bureau 2-3 (1964), son style expressionniste s’affirme et une certaine liberté de ton commence à contaminer ses films.

Malgré un certain succès critique et public, la Nikkatsu accepte mal ce nouveau Suzuki et décide de le considérer comme un auteur difficile que par conséquent elle distribue mal. Ce qui n’empêche pas l’auteur de récidiver. Après quelques autres films devenus depuis des chefs d’œuvre comme La barrière de la chair (1964), La vie d’un tatoué (1965) ou Histoire d’une prostituée (1965) où il touche au mélodrame, il monte de nouveau d’un cran dans l’expérimentation visuelle avec Le vagabond de Tokyo (1966) qui s’empare du pop art alors à la mode. Mais c’est avec La marque du tueur (1967) qu’il franchit la limite et crée un tel manifeste de subversion esthétique (à la fois surréaliste, baroque, pop et maniériste) que la Nikkastu le renvoie. Banni des studios, il ne tournera plus pendant dix ans. Il revient au long métrage en 1977 avec Histoire de mélancolie et de tristesse, puis avec sa trilogie sur l’ère Taisho qu’il débute en 1980 avec Mélodie Tzigane, suivi de Brumes de chaleur (1981). Le troisième volet, Yumeji, datant de 1991 fut présenté à Cannes. Entre temps, Suzuki tourne peu mais commence à être connu à l’étranger grâce au festival de Rotterdam qui lui consacre une rétrospective en 1991. Il revient enfin en 2001 avec Pistol Opera, un remake de La marque du tueur, puis son dernier film, Princess Raccoon (2005), une comédie musicale.

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