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Après l'univers dansé-chanté de Mods, Serge Bozon prolonge le mouvement en marge des tranchées de la première guerre mondiale et livre avec La France un film de guerre chanté mêlé d'intrigue amoureuse. Un étonnant spécimen qu'il décrypte pour nous.
Un film de guerre, projet ambitieux …
Le film de guerre, ça ne vient pas d’une nécessité biographique, mais d’un goût cinéphilique. J’aime beaucoup les films de guerre, mais pas ceux qui se passent sur le champ de bataille, plutôt ceux qui se déroulent à l’arrière ou sur les côtés. Ceux où l’on suit des troupes qui se déplacent dans la nature, une tradition qui vient des films américains ou russes. Je voulais croiser le film de guerre avec une intrigue amoureuse.
Un mélange entre film de guerre et chansons délicates qui ne semble pas évident…
On sait que pendant une guerre, les temps d’attente sont plus longs que les temps de combat. Une de choses qu’on peut faire pendant l’attente, c’est chanter. Si les chansons du film ne correspondent pas à une vérité historique, je ne me suis pourtant pas permis une liberté exceptionnelle, parce que si on s’intéresse au cinéma le plus classique et commercial, le cinéma américain des années 1950, dans les westerns les plus fameux, ce que chantent les personnages n’a jamais de vérité historique. C’était des chansons du Top 50, censées plaire au public. C’est une liberté qu’on a longtemps eue au cinéma, et que je pense qu’on peut encore avoir. Une liberté qui correspond même à une convention du film de guerre.
Pour les influences musicales, j’ai voulu croiser la Sikepop anglais (1967) et la Sunshine pop californienne. Benjamin Esdraffo et Fugu ont composé les musiques, et j’ai écrit les paroles.
Malgré l’anachronie, ces chansons ne sont pas pour moi plaquée sur le film, mais elle reviennent de l’intérieur du film, car tournée en son direct, par des chanteurs qui n’en sont pas vraiment. Il y a une tension entre la perfection des genres dont je m’inspire et les conditions du tournage où se logent un risque, une énergie. Il se passe quelque chose.
Un beau casting (Sylvie Testud, Pascal Gréggory), mais qui ne chante pas…
Ca a frustré Pascal Gréggory, qui chante très bien. Sylvie Testud s’est rattrapée, puisqu’elle chante sur la bande originale du film, qui sort chez Third Side Records.
Ces acteurs, et Guillaume Depardieu, que je ne connaissais pas avant, et qui ne connaissaient sans doute pas mes films, ont tout simplement lu et aimé le scénario.
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